Cela fait maintenant 13 ans que Céline Rouèche Duvin a ouvert sa boutique, le Comptoir du Panier, dans laquelle elle expose uniquement des créateurs marseillais. La fondatrice de la marque Mistral Country a pu observer l’évolution de la mode à Marseille au cours des années, et nous livre son ressenti. 


Retrouvez l’intégralité du Dossier spécial Mode in Marseille / Marseille pourrait-elle devenir une capitale de la mode ?


Made in Marseille – Bonjour Céline, cela fait plus de 10 ans que vous avez créé votre boutique au coeur du centre historique de Marseille…

Céline Rouèche Duvin – Oui, en effet, la boutique existe depuis 2003. Je l’ai fondée quand je suis revenue des États Unis. J’ai tout de suite pensé que le Panier avait un super potentiel. Quand je me suis installée, il y’avais très peu de boutiques de créateurs sur Marseille. C’était plus facile.

Est ce difficile d’être créateur à Marseille ?

Oui, clairement. Je vois beaucoup de créateurs qui commencent et s’arrêtent très rapidement. Il y a d’abord la concurrence des grandes enseignes, ils n’ont pas la même communication, ni les mêmes possibilités de fabrication. C’était plus facile avant car il y avait peu de boutiques. Néanmoins, Marseille représente un gros vivier de stylistes qui s’accrochent.

, Le comptoir du Panier, véritable coup de pouce pour les créateurs marseillais, Made in Marseille

Le contexte économique joue aussi un rôle important, vous avez du voir la différence depuis quelques années ?

Tout à fait, les petits créateurs vendent peu de pièces mais forcément plus cher. Et les gens ne sont pas forcément prêts à mettre de l’argent alors qu’ils peuvent acheter des habits moins chers dans les grandes enseignes ou sur internet…

Le rôle du Comptoir du Panier est donc donner un coup de pouce à ces créateurs  ?

Oui, mais le problème c’est que je reçois beaucoup de demandes de créateurs pour être exposé ici, mais je n’ai plus de place. Il y a des créateurs qui sont présents depuis des années dans la boutique, qui marche bien et que je veux garder comme Tcheka, La méchante Sardine, Gari de Marsillo, Kount Drakula, Ferry Boat,…

, Le comptoir du Panier, véritable coup de pouce pour les créateurs marseillais, Made in Marseille

Pouvez vous nous présenter votre propre marque ?

Il s’agit de la marque Mistral Country, que j’ai crée avec mon mari. Comme beaucoup d’autres marques exposées ici, nous créons des tee-shirt graphiques. On joue sur l’identité marseillaise avec des phrases comme « Oh Fada! » ou « Je crains dégun ! ». Les marseillais adorent.

Vous accordez une grande importance à ce que vos créateurs soit 100% locaux…

Oui totalement. Il faut garder espoir dans la création locale. D’autant plus que depuis 2 ou 3 ans, la clientèle cherche à consommer de plus en plus local. Par contre, j’ai du diversifier mes produits car ma clientèle est essentiellement touristique. De plus en plus de croisiéristes viennent à Marseille et veulent rapporter un souvenir plutôt qu’un vêtement. Mais tous nos articles restent locaux. 

La mode à Marseille, c’est du chacun chez soi ou il existe une certaine cohésion entre les créateurs ?

Personnellement, j’assiste aux défilés, aux ouvertures de boutiques car cela m’intéresse. Mais on ne peut pas dire que nous sommes une grande famille et c’est normal, la concurrence existe aussi.

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