Préservation de la nature et acceptabilité du public, le Parc national des Calanques tire un bilan très positif de la limitation à 400 visiteurs dans la calanque de Sugiton cet été. La mesure pourrait durer plus longtemps l’été prochain.

C’est l’heure du bilan pour le nouveau dispositif testé cet été par le Parc national des Calanques : la réservation obligatoire pour accéder à la calanque de Sugiton, limitée à 400 personnes par jour.

Cette restriction d’accès à un espace naturel, expérimentée en continu du 10 juillet au 21 août, est une première en France. L’enjeu ? Sauver ce site naturel fortement menacé par la surfréquentation estivale, accentuée depuis la crise sanitaire.

Elle provoquait une érosion et une détérioration de la biodiversité « qui pourrait bientôt devenir irréversible », s’inquiétait l’ancien directeur du Parc, François Bland, en lançant ce dispositif.

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Des racines des pins sont à l’air libre à Sugiton à cause de l’érosion accentuée par la fréquentation

Déjà quelques repousses et un arrêt net de la dégradation

La mesure a-t-elle porté ses fruits ? « Oui », répond clairement le directeur adjoint de l’institution, Nicolas Chardin. D’abord, « ce qui est vraiment palpable, c’est l’arrêt immédiat de la dégradation du site ». Car la moyenne de 2 500 visiteurs par jour « est tombée à 250. Les 400 places étaient réservées en moins d’une heure, mais une partie ne venait finalement pas ».

Résultat, avec 10 fois moins de monde, l’occupation du site était bien moins impactante. Le public a pu se concentrer sur les espaces autorisés, les moins fragiles, au bord de l’eau (plages et rochers). D’habitude, en période estivale, ces spots sont vite saturés. Les visiteurs se rabattent alors sur les espaces protégés alentour, malgré les petites clôtures qui en interdisent l’accès. « Cet été, il n’y a pas eu d’installation, et donc de dégradation sur ces zones de défense ».

Et même mieux : « on a constaté des premières repousses sur ces espaces », se réjouit le directeur adjoint du Parc national. « Mais il n’y a pas non plus de miracle », tempère-t-il. « Pour la garrigue, les scientifiques estiment qu’il faut au moins 5 ans d’efforts de gestion pour avoir des résultats probants de régénération ».

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Un panneau explicatif pour la réservation obligatoire à Sugiton

Seulement deux verbalisations pour ce premier essai

Il faut également tirer le bilan de l’acceptabilité du public face à ces restrictions. Le CNRS a d’ailleurs lancé une enquête en ligne pour recueillir l’avis des citoyens sur cette mesure.

Sur ce point, Nicolas Chardin tire un bilan « très positif » de ce premier essai. Même lorsque des visiteurs non informés se retrouvaient bloqués à l’entrée de la calanque : « On leur expliquait, et dans 98 % des cas, malgré la déception, ils étaient très compréhensifs ».

D’un point de vue des infractions, « nous n’en avons constaté que très peu », s’étonne-t-il presque. La police nationale et municipale a mené plusieurs opérations de vérification, comme les gardes assermentés du Parc.

« Il y a eu cinq ou six contournements des points de filtrations en crapahutant dans la colline. Et seulement deux verbalisations. Un nombre élevé serait un constat d’échec. Là, c’est minime, signe d’un bon fonctionnement et d’une bonne acceptabilité ».

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Plusieurs opérations de police ont eu lieu à Sugiton

Vers un allongement de la réservation obligatoire durant tout le pic estival

C’est pourquoi, après ce premier bilan positif, le Parc des Calanques devrait renouveler, voire renforcer, ce dispositif l’été prochain. « Ce sera au Conseil d’administration de décider », rappelle Nicolas Chardin. Pour le nombre de visiteurs, « la limitation à 400, avec un effet concret de 250 visiteurs en moyenne, nous paraît la bonne ».

Mais pour la durée de la mesure, « nous préconiserons l’étalement sur tous les pics de fréquentation : juillet et août complets, voire même lors des ponts de mai ».

Il faudra tout de même être capable de soutenir humainement, techniquement et financièrement cette rallonge. Cette année, l’expérimentation a coûté 80 000 euros en communication, développement de l’outil de réservation, et frais de gardiennage. Elle a mobilisé 12 personnes tous les jours sur le dispositif.

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