Le navire Plastic Odyssey a quitté Saint-Nazaire pour rejoindre Marseille d’où il prendra le large le 1er octobre pour un périple de trois ans. Au programme, une trentaine d’escales pour former un réseau mondial de lutte contre la pollution plastique.

Il aura fallu s’armer d’une patience à toute épreuve pour les équipes de l’association Plastic Odyssey. Alors que tout est prêt, que le bateau a déjà commencé son tour de France, une répétition générale avant un tour du monde de trois ans pour lutter contre la pollution plastique, un contre-temps de poids a contraint le navire à un arrêt au port de Saint-Nazaire pour une durée alors indéterminée.

« On a découvert l’état très dégradé d’un espace du bateau, sous la coque. Ça a pris plus d’un an pour réparer ça », se remémore, amer, Alexandre Dechelotte, co-fondateur et directeur de Plastic Odyssey.

Avec un an de retard, le bateau a enfin quitté le chantier naval de Saint-Nazaire ce mercredi 3 août, direction Marseille. La capitaine Magaly Denat et ses 8 membres d’équipage prévoient d’accoster au quai du Grand port maritime d’ici le 11 août. Il restera amarré jusqu’à son grand départ, prévu le 1er octobre, accompagné d’une armada de navires pour l’escorter dans ses premières nautiques.

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Un périple reporté d’un an à cause d’un problème technique. Coût de l’opération : 6 millions d’euros.

Trois années de périple

Pendant trois ans, le bateau va arpenter les mers et les océans pour développer un réseau mondial d’initiatives afin de lutter contre la pollution plastique. Première destination : le Liban et Beyrouth.

S’ensuivront une trentaine d’escales dans les villes portuaires d’Afrique, d’Amérique du Sud et d’Asie, avant de revenir par l’Afrique de l’Est et du Sud. Un itinéraire précis, prévu de longue date. « Ça fait cinq ans qu’on a lancé ce projet », se souvient Alexandre Dechelotte. Le coût de cette grande expédition est estimé à 6 millions d’euros.

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Le voyage de Plastic Odyssey comporte une trentaine d’escales en Afrique, en Amérique latine et en Asie, des continents fortement impactés par la pollution aux déchets plastiques.

Partager un savoir-faire

Pour mener à bien leur mission, l’équipe d’une vingtaine de personnes composée de marins, d’ingénieurs, ou encore de chercheurs, va partir à la rencontre d’entrepreneurs locaux dans tous les pays où le navire va jeter l’ancre.

En Guinée, Plastic Odyssey soutiendra le projet d’une entrepreneuse dont la technique de confection de pavés composés de plastique fondu et de sable permet la réalisation de routes. « Elle le fait sur un feu sauvage, elle touille avec un bâton et n’a aucune protection. On va lui prodiguer une formation autour des dangers du plastique et lui apporter un peu de technologies pour augmenter la capacité de rendement et que son business devienne rentable », précise le directeur de Plastic Odyssey.

Le navire, acheté en octobre 2019 par l’association, était initialement dédié à la recherche océanographique. Il est devenu un laboratoire flottant de solutions pour lutter contre la pollution plastique en mer. Il est équipé d’un système de pyrolyse, un procédé utilisé pour transformer les déchets plastiques non-réutilisables en carburant. Cela devrait permettre d’alimenter en énergie un espace avec des machines de recyclage libres de droit capable de donner une seconde vie à des objets en plastique. Il permettra également de fournir du carburant à des populations reculées, où l’accès à l’énergie est difficile.

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Crédit photo : Plastic Odyssey

Remettre Marseille « au cœur de son histoire avec la mer et le monde »

Faire de Marseille le point de départ de ce projet hors normes, tout un symbole pour Alexandre Dechelotte. « On voulait partir de Marseille pour remettre la ville au cœur de son histoire avec la mer et le monde ». Le port de Marseille, plus grand de France, a prospéré en représentant 20 % du commerce extérieur du pays lorsqu’il était encore un empire colonial.

« À tout instant du jour et de la nuit, des bateaux labourent pour lui au plus loin des mers. Il est l’un des grands seigneurs du large. Phare français, il balaye de sa lumière les cinq parties de la terre. Il s’appelle le port de Marseille ». C’est en ces mots que le journaliste et grand reporter Albert Londres décrivait le port de Marseille dans son livre Marseille Porte du Sud paru en 1927. Une façon pour Plastic Odyssey de faire résonner ces paroles un siècle plus tard. 

Une semaine d’événements en septembre

Avant le grand départ, l’association donne rendez-vous au public à partir du 23 septembre pour une semaine d’événements en tous genres jusqu’au 29 septembre. L’objectif principal est de faire visiter le bateau aux curieux. « On veut montrer aux gens ce que l’on va faire tout au long de ce périple », explique Alexandre Dechelotte.

Par la même occasion, l’association espère aussi trouver ses derniers partenaires pour financer le périple. « Il nous en manque deux », révèle le co-fondateur de Plastic Odyssey. L’Occitane en Provence est le principal soutien du projet.

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Crédit photo : Plastic Odyssey

L’association est également aidée financièrement par Après demain, un fonds philanthropique suisse, le Crédit Agricole Alpes Provence, la Matmut ou encore la CMA-CGM. La Région Sud est quant à elle partenaire de l’événement marseillais.

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