Interdiction des navires les plus polluants, zone ECA, études épidémiologiques… La Ville de Marseille a lancé une pétition en ligne pour dire « Stop à la pollution maritime en Méditerranée ». Elle espère que le soutien citoyen accélérera la transition du secteur.

Déjà près de 20 000 signatures en 24 h pour la pétition « Stop à la pollution maritime en Méditerranée » lancée ce mardi 19 juillet au soir par la Ville de Marseille. La démarche est peu commune pour une municipalité. Mais la mairie entend renforcer la légitimité de ses revendications grâce au soutien des habitants.

Car ses attentes sont nombreuses et touchent bien des aspects. Qu’il s’agisse de règlementation pour interdire les navires les plus polluants à Marseille, de projets pour diminuer la pollution du secteur ou d’études pour en mesurer précisément l’impact.

Mais la voix des élus marseillais peine à se faire entendre face au Grand port maritime de Marseille, aux mastodontes du transport maritime mondial, ou à l’État. La municipalité, qui vise la neutralité carbone en 2030, souhaite accélérer une transition du secteur maritime qu’elle juge « trop lente ».

Ce sont les mots de Laurent Lhardit, adjoint au maire délégué, entre autres, au tourisme durable. Il avait déjà initié le départ de la Ville du Club de la Croisière l’année dernière suite à des divergences sur la stratégie de verdissement de ce tourisme. « On a besoin du soutien des Marseillais. Pour montrer que l’opinion publique souhaite aller plus vite sur ces questions. On souhaite accélérer les choses grâce à la pétition ».

Une zone ECA en Méditerranée

Accélérer par exemple la mise en place effective d’une zone ECA (de l’anglais « emission control area ») en Méditerranée. Il existe déjà 4 périmètres de ce type sur la planète. L’Organisation maritime internationale (OMI) y impose un fioul moins polluant pour réduire les émissions des navires.

Début 2022, le maire de Marseille, Benoît Payan, avait déjà publié une tribune avec 24 maires du pourtour méditerranéen pour accélérer ce projet. Sa mise en place est attendue en 2025, mais la municipalité souhaite raccourcir ce délai.

Par ailleurs, elle souhaite que l’État n’attende pas la zone ECA pour sévir auprès des bateaux les plus polluants qui font escale à Marseille. Notamment en multipliant les contrôles des émissions des embarcations. « Il y en a seulement 200 par an sur le littoral méditerranéen », déplore Laurent Lhardit. Et donc bien moins dans la rade marseillaise. Mais ils ont permis de condamner récemment deux armateurs qui avaient dépassé les seuils légaux à Marseille.

La Ville souhaite également que le préfet mette en œuvre « une interdiction des escales pour les navires les plus polluants durant les pics de pollution », comme celui que Marseille traverse en ce moment.

« Nous n’avons pas de thermomètre »

Au-delà de la pétition, Laurent Lhardit appuie sur le « besoin de données scientifiques concernant la pollution maritime », pour asseoir la légitimité des demandes de la Ville. « Nous n’avons pas de thermomètre », répète-t-il à de nombreuses reprises.

Il espère notamment que les résultats des contrôles des émissions des navires soient rendus publics. Que les armateurs et compagnies maritimes communiquent la consommation et le carburant qu’ils utilisent.

Mais surtout, que l’État et l’Agence régionale de santé (ARS) réalisent « une vraie étude épidémiologique de l’impact de la pollution maritime sur la santé des habitants des quartiers riverains du port ». Selon lui, cette analyse devait être lancée en 2020, avant que la crise sanitaire ne la repousse.

Sans se fixer d’objectif quantitatif sur les signatures citoyennes de la pétition municipale, Laurent Lhardit espère qu’elle permettra au transport maritime d’accélérer sa transition.

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