La CMA CGM a posé la première pierre de Tangram, son centre d’excellence de formation et d’innovation à la Pointe-Rouge à Marseille. Au programme : transport et logistique durables dédiés à la mer, la terre… mais aussi à la conquête spatiale.

« Nous ne pouvions construire Tangram qu’à Marseille », lance sobrement Rodolphe Saadé, président-directeur général du groupe CMA CGM, leader mondial dans le transport maritime. Ce mardi 1er mars, il était présent aux côtés du maire de Marseille, Benoît Payan et Jean-Baptiste Djebbari, ministre des Transports, pour la pose de la première pierre de Tangram.

Ce futur « centre d’excellence dédié à la création du transport et de la logistique durables de demain » de 6 000 m² doit ouvrir ses portes en 2023. Il prend place sur le terrain de l’École nationale supérieure maritime (ENSM) à la Pointe-Rouge dans les quartiers Sud. L’école dispose, en effet, de 10 hectares dédiés à la formation des marins.

De quoi accueillir le campus de la compagnie maritime privée. Surtout que ce projet acté en 2018 fait office de sauvetage de l’ENSM, menacée de déménager au Havre à l’époque, comme le documentait le journal Marsactu. L’implantation de Tangram peut en plus « dynamiser l’ENSM, car notre projet permet des ponts avec eux », selon Benoît Tournebize, qui détaille le projet pour la CMA CGM.

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Jean-Michel Wilmotte, Jean-Baptiste Djebbari, Rodolphe Saadé et Benoît Payan

Former « 80 à 90 personnes par jour »

« Un groupe de notre taille et dans notre secteur doit avoir son propre centre de formation et d’innovation », poursuit Rodolphe Saadé. La compagnie maritime a déjà engagé cette démarche ces dernières années. D’abord en 2015 avec l’Academy, centre de formation interne basé dans la tour CMA CGM à Arenc. Puis, avec l’incubateur de projets innovants Zebox, logé à la Cité des innovations et des savoirs de la Joliette depuis 2018.

Tangram accueillera ces deux entités pour les faire changer de dimension avec de vastes locaux et une proximité leur permettant de s’enrichir mutuellement. Un bâtiment flambant neuf de 2 500 m² sur 5 niveaux accueillera plus de 20 salles, 3 simulateurs de navigation et du matériel dernier cri. Il doit assurer la formation de « 80 à 90 personnes par jour ».

Ce « pôle mondial de développement de compétences s’adresse aux 3 000 collaborateurs du groupe à Marseille et les 100 000 à travers le monde, en présentiel ou en distanciel » précise Benoît Tournebize. « Certains cursus proposent des diplômes reconnus », reprend le responsable pédagogique Bruno Kahne. « Par exemple pour les cargo flow officers (optimisation du remplissage des navires) et les supply chain managers (gestion de la chaîne logistique) ».

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La maquette du projet Tangram

Un hub d’innovations navales et spatiales

À côté, le « Innovation hub » sera dédié à la recherche et au développement concernant le transport maritime et la logistique, bien sûr, activités centrales de la CMA CGM. Pour Benoît Tournebize, « il s’agit d’anticiper les tendances de demain autour de solutions durables. Développer une culture de l’innovation propre à un groupe leader ».

D’autant que la compagnie maritime entend mettre à profit ses compétences de transporteur et logisticien dans d’autres secteurs : l’économie circulaire, le metaverse (environnements virtuels), ou encore… la logistique spatiale.

« Oui, on souhaite se pencher sur la logistique là-haut, lance Rodolphe Saadé, les yeux aux ciel. Définir quel rôle on peut jouer, sur les questions de gestion de satellites par exemple ». Alors que le spatial civil se développe avec Space X notamment (société de Elon Musk spécialisée dans le vol spatial), ou encore les voyages planétaires, les expertises en optimisation de flux et de stocks devraient avoir leur rôle à jouer.

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Innover dans une bastide du XIXe siècle

Si le campus se veut moderne, il s’articulera autour d’une bastide du XIXe siècle rénovée. Celle de Maraljehan, dite « le château double », ancienne propriété de la famille Noilly-Prat. « J’ai souhaité qu’on n’oublie pas le passé de ce site », a déclaré l’architecte Jean-Michel Wilmotte, à la manœuvre sur l’ensemble du projet.

Pour mettre en valeur l’édifice patrimonial, qui servira de bâtiment d’accueil, il a décidé de le surélever. Ou plutôt d’abaisser le terrain autour en creusant. Ainsi, les bâtiments neufs aux lignes épurées seront construits autour en contrebas.

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D’un point de vue environnemental, le chantier doit être certifié BREEAM et HQE Bâtiment Durable. L’architecte a également tenu à préserver les espèces végétales protégées sur ce site aux portes du Parc national des Calanques.

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