Alors que les élus de la Ville et de la Métropole défendent à Paris de nouveaux dossiers marseillais auprès de l’Agence nationale de la rénovation urbaine, à Air Bel les habitants concernés par une vaste opération de renouvellement entrent en résistance et demandent des garanties sur les conditions de relogement.

Après le premier comité d’engagement de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine au printemps 2021, permettant de débloquer de premiers crédits, les élus de la Ville de Marseille et de la Métropole Aix-Marseille-Provence ont repris leur bâton de pèlerin pour défendre de nouveaux projets locaux, à Paris.

La visite de la ministre de la Ville, courant janvier, notamment dans le quartier de La Castellane, visait à préparer à cette nouvelle rencontre, au cours de laquelle seront abordés les dossiers concernant ce quartier prioritaire du 16e arrondissement de Marseille.

Au programme également, la Savine – Vallon des Tuves, Kallisté et la Solidarité (15e), Frais-Vallon et La Rose (13e), avec des propositions en termes d’équipements sportifs et de logements. « Jusqu’à présent, dans les projets Anru, on a fait beaucoup de logements, mais pas les équipements qui vont avec. Je veux qu’on inverse cette tendance. Ça ne veut pas dire qu’on ne fait pas de logements, mais qu’on doit les faire simultanément », nous confiait Samia Ghali, il y a quelques mois. [A lire ici]

Un nouveau milliard à aller chercher

La maire-adjointe, en charge entre autres de la rénovation urbaine, indiquait sa volonté d’accélérer les choses, et exprimait aussi son souhait de ne pas laisser Campagne Lévêque « en l’état. Nous avons réussi à l’intégrer dans un projet national pour bénéficier des financements de l’Anru. Ici, l’idée est de rendre la cité plus accessible, enlever – et non forcément démolir – 300 logements, pour travailler sur une nouvelle configuration de ces logements qui ressemblent à des cages à poules. Rendre les appartements beaucoup plus spacieux, mieux isolés. Il y a un accord de principe. Le projet n’est pas encore chiffré, mais a minima il est évalué à 60 millions ».

Un sujet également sur la table des négociations, avec l’objectif de décrocher des fonds supplémentaires pour cette nouvelle vague de projets. À la clé : 1 nouveau milliard comme l’indique ce jour nos confrères de Marsactu. Une nouvelle réunion est prévue le 2 mars prochain.

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« Le projet de rénovation urbaine ne commencera pas à Air Bel tant que la charte de relogement n’aura pas été signée »

Pendant ce temps, à Air Bel… Alors que la rénovation urbaine de ce quartier doit enfin entrer dans sa phase opérationnelle après presque dix ans de léthargie, les habitants veulent retarder le coup d’envoi en l’absence de garanties concrètes et écrites. En cause, les conditions de relogement des familles concernées par la démolition de 200 logements.

Samedi 29 janvier, les associations de locataires, soutenues par 32 associations et collectifs engagés pour l’habitat digne à Marseille, tenaient une réunion publique dans le quartier. Plus d’une centaine de personnes y ont participé, parmi lesquelles plus de la moitié des habitants concernés par les démolitions.

À cette occasion, des décisions fortes ont été prises dans le but de préserver les droits des habitants. La première « le projet de rénovation urbaine ne commencera pas à Air Bel tant que la charte de relogement n’aura pas été signée, et qu’une instance chargée de veiller à sa mise en œuvre n’aura pas été identifiée », annoncent les représentants des associations Il fait bon vivre dans la cité, l’Amicale des locataires d’Air Bel et le Syndicat des Quartiers Populaires de Marseille (SQPM).

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Face à la rénovation urbaine, les habitants d’Air Bel veulent faire valoir leurs droits / Quartier Air Bel © Unicil

Les habitants posent leurs conditions

Une pétition a été lancée. Les signataires ont décidé de ne pas ouvrir leurs portes pour l’enquête sociale destinée à recenser les besoins, accompagner chaque ménage individuellement et assurer le suivi post-logement, dans le cadre d’une maîtrise d’œuvre urbaine et sociale inter-bailleurs (Mous). La charte est destinée à poser un cadre et doit selon les représentants des locataires garantir les meilleures conditions de relogement, sans augmentation de loyer ni de charges.

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Ces derniers se disent « prêts » à revenir à la table des négociations aux seules conditions d’un engagement écrit sur le maintien du reste à charge constant ainsi que la mise en place d’un mécanisme compensatoire sur les loyers et les charges (intra et inter-bailleur). « Les trois bailleurs Unicil, Erilia et Logirem ont sollicité à ce sujet la Présidente de la Métropole Aix-Marseille-Provence, et le Maire de Marseille, par courrier, le 28 janvier 2022. Nous sommes dans l’attente d’une réponse de ces institutions quant à l’organisation de la réunion publique de lancement du projet, et d’un engagement écrit de leur part qui permettra la reprise des négociations partenariales autour de la charte de relogement », déclarent-ils.

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Rappelons que les bailleurs sociaux (Erilia, Logirem et Unicil) disent « avoir entendu les propositions autour de la question des loyers » et travailler sur les conditions de relogement dans le cadre de l’élaboration de cette charte. « L’enjeu est de mettre en place avec les partenaires du projet un “reste à charge constant” (loyer + charges – APL) des ménages pour une même surface. La mobilisation de l’offre de logements est également un axe majeur de cette future charte ». Le sujet du relogement dépasse le quartier d’Air Bel et concerne tous les projets de rénovation urbaine (PRU).

La ministre de la Ville, Nadia Hai, est attendue dans les prochains jours pour la signature de la convention Anru qui doit permettre au projet de renouvellement du quartier d’Air Bel d’entrer pleinement dans sa phase opérationnelle.

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