Portée par la députée de Dordogne, Brigitte Allain – élue d’EELV – la proposition de loi sur le « manger local » a été votée à l’unanimité, jeudi 14 janvier, à l’Assemblée Nationale. L’objectif est de mettre l’alimentation au centre des préoccupations des régions et de leurs politiques publiques.

Par cette loi, qui fait suite à un rapport remis aux députés et intitulé «  Et si on mangeait local? » , l’élue périgourdine et agricultrice de profession, souhaite favoriser les circuits courts qui ont de nombreux avantages comme la création d’emploi et de lien social, la production dans le respect de l’environnement tout en protégeant aussi bien les producteurs que les citoyens. Cette loi répond à une véritable volonté sociétale.

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Brigitte ALLAIN, députée écologiste de la Dordogne, à l’Assemblée Nationale © Francois Lafite

Une volonté citoyenne en quelques chiffres

S’inscrivant dans un comportement plus responsable comme la recherche de produits de qualité ou encore la volonté de réduire le gaspillage, cette loi s’appuie notamment sur plusieurs enquêtes.

L’une d’entre elles, menée par l’Agence bio en juillet 2014, indique que 68% des parents et 53% des salariés souhaitent plus d’aliments bio dans l’école de leurs enfants ou sur leur lieu de travail. Plus récemment, l’enquête de 2015 par l’UFC Que Choisir démontre que la traçabilité alimentaire est un enjeu pour 78% des consommateurs et que 63% des personnes interrogées se soucient d’une agriculture respectueuse de l’environnement. Il faut savoir qu’une grande partie de nos aliments parcourent près de 3000km avant d’atterrir dans nos assiettes ! Aujourd’hui, ce sont seulement 20% des producteurs qui utilisent le mode de circuit court.

En somme, la loi votée à l’Assemblée Nationale s’inscrit d’emblée dans une volonté citoyenne de retrouver une alimentation de qualité, saine et de saison. La loi permettra ainsi de fournir un cadre législatif national aux circuits courts qui faisait jusqu’alors défaut.

L’objectif est de retrouver une dynamique de production agricole durable et de consommation durable à travers des « Projets alimentaires Territoriaux impliquant producteurs, collectivités et consommateurs ».

Les principaux dispositifs mis en place par la loi

Cette loi incite notamment les restaurants, collectifs publics comme les hôpitaux, les restaurants de collectivités ou encore les cantines à se fournir à hauteur de 40% en produits durables dont 20% de produits bio. A noter que le marché bio ne représente aujourd’hui que 3% des achats dans la restauration collective.

De plus, Brigitte Allain souhaite un passage des plans régionaux d’agriculture durable (PRAD) en des plans régionaux d’agriculture et d’alimentation (PRAAD). En résumé, il s’agit d’intégrer la politique alimentaire dans les politiques agricoles et de prendre en considération les attentes des consommateurs.

L’observatoire de l’alimentation aura pour mission de veiller au développement des circuits cours et de proximité. Les notions d’alimentation durable et de proximité seront prises en compte dans la responsabilité sociale et environnementale des grandes entreprises françaises (RSE).

Enfin, la mention « fait maison » pourra être utilisée par les restaurants collectifs qui cuisinent ‘vraiment’ afin de valoriser leur savoir-faire, donner une information de qualité aux consommateurs mais aura également  pour objectif de rendre plus attractif le métier de cuisinier de cantines  trop souvent sous-estimé.

En somme, cette loi souhaite un ancrage territorial des circuits courts qui motivera des achats plus fréquents en dehors des supermarchés.

Si le texte doit être encore débattu au Sénat, les premières graines sont dores et déjà semées…

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