À la Capelette, les projets se succèdent depuis des années mais l’aménagement du quartier peine à prendre forme. Lors d’une réunion publique, les élus de la Ville et de la Métropole ont affirmé leur volonté commune de lancer une série de projets à « court terme ».

Une arlésienne bien marseillaise : l’aménagement du quartier de la Capelette, attendu depuis des années. Pour marquer la volonté publique de lui redonner un nouvel élan, une réunion publique s’est tenue avec les habitants ce lundi 22 novembre au Palais omnisports Marseille Grand Est. Lionel Royer-Perreaut, maire LR des 9-10 et président de la société métropolitaine d’aménagement Soleam, était aux côtés de l’adjointe au maire de Marseille chargée de l’urbanisme, Mathilde Chaboche (Printemps marseillais), et son homologue à la Métropole, Laure-Agnès Caradec (LR).

Issus de rangs politiques adverses dans les hémicycles des collectivités, ils ont affiché une « volonté commune » et une « vision partagée » pour mettre enfin en route des projets structurants dans ce territoire qui semble abandonné depuis longtemps.

En effet, la zone d’aménagement concertée (ZAC) de la Capelette, créée il y a 25 ans, était censée « redynamiser des zones en friches et accroître substantiellement l’offre de logements sur près de 30 hectares », selon l’aménageur public Soleam. Mais, hormis quelques résidences, presque rien n’a émergé autour, entre l’imposant Palais de la glisse et la zone d’activité.

« Une grosse désillusion » pour les habitants

La place de la voiture représente une des préoccupations principales pour les habitants du secteur, que le tramway et le métro ne desservent qu’en périphérie. « Il y a eu cinq accidents en deux mois » déplore par exemple une résidente. Pour d’autres, ce sont les embouteillages et le stationnement sauvage qui rendent leur quotidien infernal : « On ne peut plus se garer nulle part, ni même rentrer chez nous ou accéder à notre parking », regrette Estelle. Si le Palais omnisports et les succès de l’équipe de hockey sur glace (les Spartiates) attirent de plus en plus de visiteurs, l’offre de stationnement semble pourtant avoir régressé. « Depuis la fermeture du parking [de la patinoire, ndlr], c’est devenu invivable » poursuit l’habitante. « Ça va dégénérer un jour. Il faut des solutions à très court terme ».

Écoles, parcs, transports en commun , services de proximité… Le manque criant d’équipements publics structurants est pointé par l’assemblée. Certains le regrettent avec une pointe d’amertume, alors qu’ils ont acheté un logement il y a quelques années avec la promesse de voir le quartier se développer. Notamment avec le projet de centre commercial Bleu Capelette. « Une grosse désillusion » pour Jérôme, qui a emménagé dans la résidence Cap futura en 2014.

Le complexe de commerces était attendu pour 2017. Mais c’est toujours un terrain vague géant qui borde le Palais de la glisse. Après de multiples révisions, un désaccord a séparé les deux investisseurs et le projet a été définitivement enterré. Une énième proposition, portée par le promoteur Sifer, mêlant bureaux, logements et services, doit être validée en 2022 selon Mathilde Chaboche.

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École, cinéma, requalification… « Nous ne sommes plus dans l’incantation »

La réunion publique présentait le résultat d’une première concertation lancée en 2019. Le constat d’échec de l’aménagement du quartier semble partagé entre les habitants et les experts en urbanisme. Les représentants politiques y souscrivent. Toutefois, Lionel Royer-Perreaut fait valoir « une nouvelle génération d’élus », capables de s’entendre pour faire aboutir les projets dans « un élan nouveau ». « Nous ne sommes plus dans l’incantation », assure le président de la Soleam et maire de secteur, qui liste notamment une série de projets « très concrets » qui doivent être lancés « à court terme », dont beaucoup « dès 2022 ».

D’abord, un groupe scolaire flambant neuf de 17 classes (7 maternelles et 10 élémentaires) pour plus de 400 élèves, dont l’ouverture est prévue en 2023. Un parc doit être créé en face. Mais également le nouveau cinéma de 12 salles porté par Didier Tarizzo et sa société CINE’M (cinémas Les 3 Palmes et Bonneveine) à l’angle des boulevards Rabatau et Fernand Bonnefoy. L’acte de vente « est en voie d’être signé », selon Lionel Royer-Perreaut. Il annonce aussi l’ouverture d’un axe entre l’impasse Arnodin et Rabatau, qui nécessite la destruction du local historique du groupe de supporters Ultra’84. Un accord a été trouvé pour le relogement de l’association.

Enfin, les berges de l’Huveaune, dont le plan de prévention du risque inondation (PPRi) interdit désormais toute construction, devraient être réaménagées à partir de « fin 2024 », poursuit le maire. Il évoque la possibilité de créer des terrains de sports, pensés pour supporter les inondations. Côté transports, l’extension au sud du tramway T3 devrait être opérationnelle en 2025, et proposer un arrêt place Général Ferrié, à l’entrée du quartier.  La concertation sur la ZAC se poursuit. Des ateliers publics se tiendront en décembre et janvier pour une restitution publique fin mars 2022.

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