Découvrir l’histoire du port de Marseille grâce à des visites virtuelles et interactives. C’est ce que propose la société Edikom dans le cadre du Smart Port Challenge. Une manière de renouer le dialogue entre les habitants et le site portuaire, trop méconnu de la population.

C’est un pari audacieux. Comment promouvoir et valoriser le patrimoine culturel maritime et portuaire de Marseille ? C’est le défi que porte pour la première fois la Ville de Marseille, dans le cadre du Smart Port Challenge.

Ce programme d’innovation ouvert s’inscrit dans la démarche du French Smartport in Med, initié par le Port de Marseille-Fos, la CCI Aix-Marseille Provence et Aix-Marseille UniversitéIl vise à développer des solutions innovantes pour construire le port du futur et lui permettre de conforter son excellence dans les domaines de la logistique portuaire, de la performance énergétique et du numérique.

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Deux mondes « qui se tournent le dos depuis trop longtemps »

La 3e édition a été lancée en mai dernier avec neuf défis relevés par neuf lauréats, parmi lesquels la société Edikom, pour la Ville de Marseille. « L’enjeu est de trouver les moyens de communication qui permettent aux habitants de Marseille, en particulier ceux qui sont à proximité du port de comprendre ce qu’il s’y passe, en utilisant, entre autres, les ressources historiques très importantes dont dispose la Ville », explique Laurent Lhardit, adjoint au Maire de Marseille, en charge du dynamisme économique, de l’emploi et du tourisme durable.

Une manière de renouer le dialogue entre deux mondes « qui se tournent le dos depuis trop longtemps ». 1962 exactement. Date « fatidique » à laquelle il devient un port d’État, dont les barrières à l’entrée symbolisent la frontière. « Lorsque l’on sait que le bassin représente entre 17 et 18 000 emplois, tout le monde devrait connaître le port », poursuit l’élu.

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« Environ 60% de la population ne connaît pas du tout l’histoire portuaire ou maritime de Marseille »

C’est ce travail auquel s’est employé Edikom. Basée à Aix-en-Provence, la start-up est spécialisée dans la production de supports visuels numériques pédagogiques dans le domaine de la valorisation territoriale, culturelle, patrimoniale et scientifique et l’utilisation des nouvelles technologies. Durant tout le mois d’août, les porteurs de projets sont allés à la rencontre des populations vivant sur la façade maritime nord.

Des familles, principalement, dans les 2e, 3e, 14e, 15e et 16e arrondissements de Marseille. « On s’est aperçu que la moitié de la population n’a pas l’occasion d’aller dans les musées ou de profiter de tout ce que la ville propose en termes culturels. Environ 60 % de la population ne connaît pas du tout l’histoire portuaire ou maritime de Marseille », constate Fabrice Paul, patron d’Edikom. 

L’autre but de cette démarche était de collecter des informations sur leurs attentes pour faciliter l’accès à la valorisation de ce patrimoine. Le leitmotiv des habitants : créer des événements plus proches de leur lieu de vie. « C’est toute cette partie qui a vraiment été structurante pour notre projet, et qui nous a permis de proposer dès septembre des événements d’animation culturelle, à destination de la jeunesse et des familles ». 

Ces premiers ateliers ont permis aux plus jeunes de s’immerger au cœur de sites restitués comme le port antique de Marseille, grâce à des casques de réalité virtuelle. « On a vu à quel point les projections vidéos intéressaient vraiment les enfants. Ça s’est agrégé à la réflexion et nous a permis de boucler le projet », reprend le patron d’Edikom.

Balade virtuelle à travers l’évolution du port de Marseille

L’entreprise a ainsi créé une balade virtuelle au-dessus du littoral marseillais, en s’appuyant sur des documents (images, gravures…) provenant des musées municipaux, des archives départementales et d’associations.

L’utilisation du casque VR avec la restitution de sites en 3D permet un voyage virtuel à travers les époques marquant les différentes étapes de l’évolution du patrimoine maritime et portuaire. « On pourra cliquer sur une dizaine de points d’intérêt. On va du sud jusqu’au nord-ouest de ce littoral, jusqu’à Fos, pour signifier que le Grand port maritime de Marseille (GPMM) s’appelle aussi Marseille-Fos, c’est une entité globale ».

Le vol, d’une quinzaine de minutes en moyenne, débute par la genèse, avec la création du port par les Grecs, puis la reprise par les Romains tout en suivant l’évolution jusqu’à la modernité avec les installations logistiques « On termine en faisant une boucle temporelle, par la restitution du port de Fos antique qui devait répondre à des flux toujours plus importants de marchandises, à se rapprocher aussi de l’embouchure du Rhône et des voies de communication vers l’intérieur », poursuit Fabrice Paul.

Immersion à l'intérieur du plus grand sous-marin civil du monde : le Saga

La découverte de l’histoire du port de Marseille ne s’arrête pas là. Une autre application propose une immersion à l'intérieur du plus grand sous-marin civil du monde, entreposé à l’Estaque : le Saga.

Le Smart Port Challenge implique la participation d’acteurs locaux. Edikom a ainsi travaillé avec l’association les Compagnons du Saga, dont des anciens de la construction ou de la navigation sous-marine entretiennent, présentent et valorisent tout au long de l’année.

Initié par le commandant Cousteau, repris par l’Ifremer, « le Saga est l’exemple type de ce que Marseille a pu produire en termes de technologie sous-marine. Dans notre sondage, seuls 7 % de la population connaît l’existence de ce site ».

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« C’est une vitrine que l’on souhaite mettre en place, attiser la curiosité, pour permettre au plus grand nombre de se rendre ensuite sur place »

Un travail a également été mené avec le Centre d’interprétation de la réparation navale, situé sur le littoral. « L’association La Navale a accepté de nous accompagner dans cette opération, en proposant un accompagnement dans la médiation sur les stands que nous allons mettre en place. Cela ajoute des témoignages vivants, parler directement à la population de l’histoire de ces sites. C’est une vitrine que l’on souhaite mettre en place, attiser la curiosité, donner envie, et permettre au plus grand nombre de se rendre sur place ensuite, de renouer le dialogue avec l’histoire portuaire et maritime de la cité phocéenne ».

« Créer un lien pérenne entre les Marseillais et leur port »

L’expérimentation sera proposée pour la première fois au public durant trois jours aux Terrasses du Port (les 12, 13 et 14 novembre) puis la semaine prochaine à Grand Littoral (le 17), au travers de pop-up. Les centres commerciaux ont été identifiés comme des espaces populaires, très fréquentés et proches de lieux de vie des populations ciblées, répondant ainsi à leur demande.

Ils sont également dotés d’un important nombre d’abonnés sur les réseaux sociaux. Des canaux de communication sur lesquels compte la société Edikom pour informer des prochaines opérations qui seront menées.

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Visite virtuelle du port antique aux Terrasses du Port

Un jeu-questionnaire sera proposé à l’issue des visites sur le stand. Le questionnaire permettra de capter les connaissances acquises pour faire évoluer l’expérience, tout en offrant au public d’élargir leur horizon avec des visites accompagnées gratuites avec les équipes du GPMM, du Saga… « pour créer un lien pérenne entre les Marseillais et leur port ».

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