Pourquoi l’extension du métro vers Capitaine Gèze aura encore du retard ?

Nous l’avons appris cette semaine, le prolongement vers le nord de la ligne 2 du métro vers le futur pôle d’échange Capitaine Gèze, a pris du retard. La livraison qui devait avoir lieu initialement fin 2015 est finalement reportée à 2018, « la faute à une négligence de la maitrise d’ouvrage au démarrage du projet, sous la présidence d’Eugène Caselli » c’est à dire des services de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole, comme nous l’expliquent Jean-Pierre Serrus, vice président (LR) aux transports de la métropole Aix Marseille Provence (AMP) et Jean-Claude Gaudin, son président (LR), en marge de la conférence de presse métropolitaine.

Il faut dire que le projet a vu passer de nombreux responsables… Quand le projet a été lancé et la maitrise d’oeuvre a été désignée, Eugène Caselli (PS) avait la tête de la collectivité MPM, ensuite le dossier est passé dans les mains de Guy Teissier (LR), qui lui a succédé à la tête de l’institution et a supervisé une bonne partie du chantier. Depuis la Métropole AMP a repris la main sur le dossier, mais « le mal est fait » et le retard est très préjudiciable pour les habitants des quartiers Nord et pour les contribuables métropolitains.

Nous avons tendu notre micro à l’ancien président de la communauté urbaine MPM et actuel président du comité de territoire, créé suite à la création de la métropole AMP, Guy Teissier (LR). Selon lui, la faute n’incombe pas à la maitrise d’ouvrage, mais à de graves manquements de la maitrise d’oeuvre. 

Le chantier en avril 2016
Le chantier en avril 2016

Guy Teissier « C’est une véritable catastrophe de voir un ouvrage dont le cout a été considérable être aujourd’hui à l’arrêt, car il faut savoir que le chantier est quasiment terminé… les voies sont faites, les 600 places de parking sont réalisées. « 

Mais alors que s’est-il passé ? « Tout simplement, dans la maitrise d’oeuvre, il y a eu un certain nombre de négligences, il y a eu une incompétence de certaines entreprises. Par exemple, en matière d’électronique, il y a eu des erreurs considérables, semble-t-il très complexes et aujourd’hui, elles n’arrivent pas à faire fonctionner les choses comme il faut. On est planté si vous me permettez l’expression. Au départ, Jean-Pierre Serrus avait évoqué un décalage d’ouverture à 2017, et maintenant j’entends parler de 2018, donc je trouve ça absolument consternant que pour des problèmes de mise au point technique, on puisse attendre des mois voire des années.« 

Les contribuables seront les premiers pénalisés. Qu’est ce qui est prévu ? « J’espère que l’on appliquera les pénalités de retard dans toute leur plénitude, pour que toutes ces entreprises qui portent la responsabilité de ce retard payent les conséquences, parce que c’est insupportable.« 


Le projet en détail

Ce nouveau trajet de 900 mètres, connectera l’actuelle station Bougainville au dépôt RTM de Zoccola au niveau du rond point sous la passerelle Capitaine Gèze. Il empruntera des voies de service déjà existantes avant le lancement du projet. 

Capitaine Gèze ne sera pas une station de métro comme une autre, puisqu’elle accueillera en plus : des bus, des véhicules électriques avec leurs bornes de recharge, un parking relais pour les voitures, les motos et les vélos. 

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Le futur pôle d’échange  © Carta et associés

Le prolongement de la ligne 2 du métro de Bougainville jusqu’au Boulevard Capitaine Gèze accompagne l’extension d’Euroméditerranée vers le Nord de la ville. L’objectif ? Combler le manque de transports en commun dont souffrent les quartiers Nord de Marseille. Autre fonction : parking relais pour les habitants du nord du territoire métropolitain qui travaillent en centre-ville. En effet, le futur pôle d’échange est équipé d’un parc relais, accessible par les autoroutes A7 et A55, le pôle d’échanges a été pensé pour inciter les usagers à laisser leur véhicule et utiliser les transports en commun pour se rendre dans l’hyper centre de Marseille. 

La mise en service était initialement prévue fin 2015, puis fin 2016 à cause des fouilles archéologiques de grande ampleur et imprévues. Le cimetière des Petites-Crottes datant 200 ans avait été retrouvé sous le projet, dont le sol s’était avéré aussi être particulièrement pollué. L’ouverture est aujourd’hui reportée à 2018…

Un pôle d’échange multimodal complet en guise de terminus de la ligne 2 du métro

Outre l’arrivée du métro, ce pôle est destiné à favoriser l’utilisation des transports en commun au sens large avec sur 4 niveaux :

  • une gare de bus abritant 2 lignes de Bus à Haut Niveau de Service (BHNS), 6 lignes de bus urbain et 2 lignes de cars interurbains.
  • un « parc relais » de 623 places dont 14 pour personnes à mobilité réduite
  • de dispositifs destinés à la recharge électrique pour 10 véhicules légers et 2
  • d’1 parc à vélos de 50 places et 1 parc de 29 places pour 2 roues motorisés.

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    Le futur pôle d’échange  © Carta et associés

Des architectes de renom pour un résultat séduisant sur le papier

Le plus étonnant dans cette affaire de retard, est que le groupement de maîtrise d’œuvre est piloté par le groupe Artelia et des cabinets d’architectes reconnus pour avoir réalisé de nombreux projets :

  • Carta et Associés et Atelier Barani pour la construction du pôle d’échange
  • Stoa Architecture pour l’aménagement des lignes de métro
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Le futur pôle d’échange  © Carta et associés

Côté architecture, la dimension « durable » est mise à profit de l’aspect esthétique. Par exemple, la transparence visuelle du bâtiment qui peut se faire grâce à l’installation de lamelles orientées permet à la fois une ventilation naturelle – c’est à dire d’aérer l’été quand il fait chaud et de capter les rayons du soleil l’hiver quand il fait froid – mais donne aussi une jolie allure au bâtiment. D’autre part, 1 000 m² de panneaux solaires sont positionnés sur les ombrières du dernier niveau du parking relais. L’énergie produite sera utilisée pour les besoins du pôle et, pour la partie excédentaire, revendue à EDF.

Côté tarif, la Communauté urbaine Marseille Provence Métropole (MPM) était le maître d’ouvrage et le financeur principal de l’opération avec un investissement de 58 917 946 € HT soit plus de 65% du total de 89 875 000 € HT. Depuis le 1er janvier 2016, la Métropole Aix Marseille Provence a récupéré le projet.

Les autres collectivités qui financent le projet sont :

  • Conseil Départemental 13 : 19 524 556 € HT
  • Etat (Grenelle 1 et 2 de l’Environnement) : 8 350 000 € HT
  • Région Provence-Alpes Côte d’Azur : 3 083 398 € HT

Les entreprises qui travaillent sur le chantier :

  • GC Bâtiment: Vinci – Tx du Midi
  • GC Métro: Soletanche / Inter Travaux
  • Rail & systèmes: Colas Rail
  • Voiries et réseaux: Razel – BEC
  • Bâtiment – aménag. Intérieur: Alquier
  • Bâtiment – Plomberie, Thermique: Axima
  • Escaliers roulants, ascenseurs: Otis
  • Courants faibles (2 lots): Inéo & Atos
  • Photovoltaïque: SunVie
  • Démolitions: Inter Travaux
  • Base Vie: Cougnaud

La vidéo du projet pour tout comprendre © PIXXIM

Publié le 3 juin 2015, mis à jour le 16 décembre 2016

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