L’ancien couvent Levat à la Belle de Mai, transformé en pépinière d’artistes

"L'Étable" dédié aux Arts numériques © Sophie Pironnet

A l’initiative de la ville de Marseille qui a fait appel à l’association Juxtapoz, l’ancien couvent de sœurs, situé rue Levat à la Belle de Mai, vient d’être transformé en pépinière d’artistes pour une durée de 3 ans, dans le cadre du projet « Quartiers Libres Saint Charles Belle de Mai ». Le lieu accueille déjà près de 80 personnes.

L’ancien couvent rue Levat dans le quartier de la Belle de Mai, que la mairie a acheté après le départ des sœurs, les Victimes du Sacré Coeur de Jésus, qui vivaient en autarcie depuis près de 150 ans, a été transformé en lieu d’accueil pour les artistes. Cela intervient dans le cadre de « Quartiers Libres Saint Charles Belle de Mai », un projet de réhabilitation de 140 hectares – gare Saint Charles-Longchamp-Belle de Mai – afin de remettre à neuf des infrastructures délabrées et de développer les espaces verts.

À terme, l’ancien couvent aspire à devenir un jardin public. En attendant, Juxtapoz s’occupe du lieu gratuitement pendant 3 ans grâce à un bail précaire, conclu avec la mairie. En échange, l’association doit s’occuper du gardiennage, de l’entretien, de la sécurité des lieux et des charges. « Le gardien est logé sur place en échange de ses services et le reste est rentabilisé par les locations d’ateliers et l’association », déclare Karine Terlizzi, chargée de production de Juxtapoz.

L’ancien couvent © Sophie Pironnet

Ce mode de location précaire est bénéfique pour tous. En effet, la mairie ne débourse rien pour le lieu et les occupants peuvent bénéficier d’un terrain d’1,7 hectares. « La ville n’avait pas le budget nécessaire pour entretenir les lieux, ils avaient peur du squat et avaient entendu parler de nous dans l’exposition à l’école Saint Thomas d’Aquin », confie la chargée de production « C’est un bon deal ce genre de bail mais il faut avoir confiance ». Avant d’ajouter « Avec ce mode, il faut que l’on bouge tous les 2/3 ans mais c’est plutôt excitant et motivant de repartir sur de nouveaux projets ! ».

Un lieu de privilège pour les artistes

L’endroit est unique de par son milieu. En effet, le couvent Levat offre un véritable havre de paix au beau milieu de Marseille. Dans un cadre campagnard, les 80 artistes présents actuellement ont la possibilité de faire vivre le lieu et son jardin. Ils partagent toutes les tâches : du ménage à l’arrosage des plantes.

Le bureau des Marsiens (designers en mobiles urbain), de Thibault & the wood (menuisier), de Carole Genin (graphiste), Myriam Bou-saha (réalisatrice documentaire) et d’Aurélie Bergier (graphiste) © Sophie Pironnet

Pour ce qui concerne la location du lieu, les tarifs sont avantageux afin de séduire les artistes. Les ateliers de travail coûtent 7€ au m2, prix qui comprend l’eau, l’électricité, le gaz, la taxe d’habitation, internet et la possibilité d’avoir 4 salariés. « On trouve des ateliers qui vont de 7 à 50 m2 », ajoute Karine Terlizzi. Les espaces communs, le matériel d’entretien et la mise à disposition du matériel technique reviennent eux à 10€ par personne et par mois.

La salle équipée dédiée aux Arts Numériques © Sophie Pironnet

Au final, c’est une opportunité pour monter son atelier pour pas cher, dans une ville en pénuries de lieux propices à ces activités. « Le fait d’avoir un loyer modéré leur permet de développer leur activité, d’acheter des machines, du matériel, le tout dans un lieu collectif de mise en commun qui fonctionne en autonomie. On a une couturière qui est allée voir des designers en mobilier pour créer son stand », ajoute Karine Terlizzi.

Près de 80 artistes créent déjà dans l’enceinte du couvent Levat

Le couvent ouvre au public l’année prochaine

A l’occasion d’une exposition d’art contemporain urbain, le couvent ouvrira ses portes pour un parcours artistique. « Les gens pourront venir se balader pour découvrir le lieu, il y aura sûrement aussi des installations, des sculptures, des fresques… Et une programmation pendant les 4 mois de l’exposition avec des projections, des performances ou des conférences », explique la chargée de production de Juxtapoz. L’événement est prévu pour printemps/été 2018 et sera enrichit par un espace café/restauration.

© Sophie Pironnet

Commentaires Facebook

PAS DE COMMENTAIRES

LAISSER UNE RÉPONSE