Nicolas Hulot s’est exprimé sur les rejets en mer d’Alteo à Gardanne #bouesrouges

Nicolas Hulot se saisit du dossier des rejets en mer d’Alteo à Gardanne #bouesrouges

Le nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, est déjà la tête dans le guidon, sur le dossier dit des rejets de « boues rouges » dans la Méditerranée par l’usine Alteo à Gardanne. Lui qui avant d’être ministre, s’était prononcé contre ces rejets en mer…

Interpelé par l’élu local écologiste Hervé Menchon, accompagné par son avocat Maître Le Mailloux Olivier, Nicolas Hulot est prié par les deux Marseillais, de se prononcer en faveur ou non de l’arrêt des rejets en mer.

Mais les oppositions ne s’arrêtent pas là depuis l’arrivée du ministre à son poste. L’Union Calanques Littoral a envoyé un courrier au ministre et a eu une réponse et Olivier Dubuquoy, géographe spécialiste des boues rouges, a lancé une pétition en ligne contre les rejets qui compte plus de 350 000 signatures.

Nicolas Hulot, sur RMC le 23 juin 2017

Ce matin, Nicolas Hulot est revenu sur ce dossier complexe, pour la première fois depuis son arrivée à la tête du ministère de l’Ecologie.

Le ministre a expliqué « Alors, ça fait partie des sujets sur lesquels je vais vraiment me poser, parce qu’évidemment je connais ce dossier et là aussi, l’indignation est légitime… Et encore, le pire est derrière nous, parce qu’on a laissé faire pendant des années. Moi, encore une fois, je récupère une forme de laxisme qui s’est fait pendant des années et des années et maintenant, on se retrouve dans des situations où si on prend une décision ferme, on met un certain nombre… de centaines ou de milliers de personnes au chômage. Donc, on va essayer de regarder si on peut combiner cet impératif écologique, parce que franchement la Méditerranée est une mer qui est au carrefour de toutes les difficultés et de toutes les agressions… Elle n’a vraiment pas besoin de ça ! […] Elle n’a pas besoin de ces boues rouges, même si l’entreprise en question a déjà (ndlr : réduit les rejets), sous la pression des ONG, dont je veux saluer le travail, mais je vais maintenant évaluer si on peut aller plus loin et plus vite. »

Ce qu’il faut savoir sur les rejets polluants de Gardanne

S’il y a un sujet sensible à Marseille depuis plusieurs décennies, c’est bien celui du rejet polluant des « boues rouges » dans le parc national des Calanques, un site naturel magnifique menacé par l’activité industrielle.

En janvier 2016, l’actuel ministre s’était prononcé en faveur de l’arrêt du rejet de boues rouges par l’usine de Gardanne.


Mais de son côté, l’usine Alteo ne rejette plus de « boues rouges » dans les Calanques, depuis le 1er janvier 2016. Ces boues ont été remplacées par un liquide polluant incolore, moins destructeur que les boues rouges, certes, mais dépassant tout de même les taux autorisés par l’Union Européenne.

Le site de l’usine Alteo en plein centre-ville de Gardanne
Les rejets solides de boues rouges, entassés sur une colline à la sortie de Gardanne

Pour comprendre : les « boues rouges » sont un rejet toxique d’alumine extraite depuis 50 ans dans l’usine Alteo située à Gardanne, qui sert à fabriquer de l’aluminium utilisé pour les écrans de téléphone portable ou de télé, mais aussi pour l’armement ou l’industrie pharmaceutique. Une production industrielle qui comme bien d’autres, entraine des rejets polluants dans la nature.

Pour améliorer cette situation, l’usine s’était engagée dès 1976, à ne plus rejeter de particules polluantes à partir du 31 décembre 2015. Depuis le 1er janvier 2016, Alteo a obtenu un délai supplémentaire de 6 ans pour trouver une solution écologique à cette situation, mais continue de rejeter un effluent liquide, un résidu polluant moins fort que les boues rouges, qui reste néanmoins plus fort que le taux de pollution autorisé et qui gangrène nos fonds marins.

En tout, depuis cinquante ans, plus de 20 millions de tonnes de boues rouges ont été déversées en Méditerranée, à sept kilomètres des côtes, via un tuyau qui longe la vallée de l’Huveaune pour se jeter aux larges des Calanques.

Entre Roquevaire et Aubagne, le chemin de Longuelance suit l’itinéraire du tuyau de plus de 30 km qui relie l’usine de Gardanne à la mer… où se déversent les rejets

 

Qui dit quoi dans cette affaire ?

A droite comme à gauche, les avis divergent, même si la plupart des élus locaux de tous bords, s’accordent sur la nécessité de maintenir en activité cette usine qui fait vivre 700 emplois, dont 400 emplois directs et 300 sous-traitants. Ceux qui sont contre, mettent en opposition notamment la nuisance sur les emplois durables, notamment le tourisme littoral dans le massif des Calanques et les activités de loisirs, la pêche, etc.

Face aux recours… Le cabinet du ministre ré-examine la situation

En pleine campagne pour les élections législatives, le candidat EELV de la 6e circonscription des Bouches-du-Rhône, Hervé Menchon, en a profité pour interpeler son confrère écologiste à travers une procédure de recours hiérarchique. En effet, ce recours à Nicolas Hulot fait suite à l’absence de réponse du Préfet face aux préoccupations du candidat EELV, comme il l’explique « Le préfet n’a pas répondu à nos attentes et nous faisons maintenant un recours hiérarchique auprès de Nicolas Hulot. »

Pour Hervé Menchon, Nicolas Hulot a trois solutions : soit répondre « positivement » à la demande d’arrêt des rejets en mer, soit répondre par un refus, et à ce moment là « il devrait alors justifier sa décision de poursuivre les rejets en mer« , enfin 3e possibilité, le ministre « peut aussi décider de garder le silence et créer ainsi une autre décision implicite attaquable sous un angle constitutionnel dans un délai de deux mois et européen. »

En parralèle, l’Union Calanques Littoral a adressé le 18 mai dernier, un courrier au nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire. Dans ce courrier, Henry Augier, président de l’association, proposait à Nicolas Hulot une rencontre pour parler du sujet en vue « d’annuler l’arrêté préfectoral qui autorise ces rejets pendant encore six ans » et d’exiger du préfet des Bouches-du-Rhône qu’il prenne « un nouvel arrêté limitant ces rejets à 3 ans, avec obligation pour l’industriel de mettre en place un appareillage d’épuration totale de l’effluent, de stopper tous ses rejets en mer et de procéder au recyclage des eaux dépolluées« .

Dans un courrier en date du 6 juin, la cheffe de cabinet du ministre a répondu à Henry Augier, indiquant que Nicolas Hulot avait « pris connaissance des préoccupations », en se disant « sensible » à la démarche de l’association. Elle aura la charge de « procéder à l’examen » de cette requête.

L’avis du spécialiste Olivier Dubuquoy

Olivier Dubuquoy est l’un des fervents opposants aux rejets de l’usine Alteo et ce, depuis des années. Ce géographe de formation a récemment fondé le mouvement Nation Océan. Il est également l’auteur d’une pétition en ligne contre les rejets d’Alteo qui a déjà recueilli plus de 350 000 signatures, sur les 500 000 espérés.

Dans sa pétition, il explique « Ce qui n’est pas éthique et qui est mensonger c’est de dire que la pollution a été diminuée de 90% alors que les boues rouges sont toujours dans les fonds marins et qu’elles continuent a impacter l’écosystème méditerranéen et probablement la santé de nos concitoyens;  que le déchet liquide de boues rouges rejeté en mer est toujours dangereux pour l’environnement et probablement pour la santé; et que les boues rouges solides sont maintenant stockées a terre et recouvrent les collines de Mangegarri sur la commune de Bouc Bel Air impactant l’écosystème terrestre et probablement la santé des riverains. »

Avant de poursuivre « Ce qui n’est pas éthique c’est d’affirmer qu’il n’existe pas au monde de processus totalement propre pour produire de l’alumine alors qu’il en existe même s’ils peinent a être industrialisés et par ailleurs de nombreuses techniques auraient pu êtres mises en place et pourraient toujours permettre de limiter l’impact de cette pollution sur l’environnement et potentiellement sur la santé si les couts de transformation et de mise en sécurité étaient assumés par l’industriel et le fond de pension à qui Alteo appartient. »

Et de conclure « Nicolas Hulot, nouveau Ministre de la Transition Écologique et Solidaire soutient les opposants aux boues rouges depuis 2011. Il est urgent que lui aussi réouvre ce dossier. »

 

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9 COMMENTAIRES

  1. Le spécialiste des boues rouges c’est le Professeur Augier, directeur de recherches en biologie marine. M. Dubuquoy est un opposant actif, mais géographe dans un domaine qui n’a aucun rapport avec la mer.

  2. Nous sommes cernés par les spécialistes : un spécialiste autoproclamé des perturbateurs endocrinien pour une usine qui fait de la chimie minéral et un géographe reconverti dans la com qui nus parle des fonds marins et explique qu’il existe des solutions qui ne marchent pas pour fabriquer de l’alumine. et par dessus tout ca des fonctionnaires qui n’ont jamais osés dire à Ségolène qu’elle racontait des aneries de peur d’être mutés. la politique de la terreur associée a une politique de la peur. nos chers écolos sont pour les referendum a condition que les résultats soient conformes a leur désirs ( cf ND des landes)

  3. a ce rythme la on arrête aussi Lafargue bouc blé air et puis la centrale de gardanne et aussi arkema st menet et puis tant d autres dont la locution n est pas visible mais bien dangereuse, au hasard les bateaux de croisière au port de Marseille.

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