The Camp – Le campus high-tech aixois, branché comme la Silicon Valley !

© DR / L. Minassian

À l’automne 2017, « The Camp », nouveau campus d’innovation numérique unique en Europe, va ouvrir ses portes au sud d’Aix en Provence. Tout comme la « Singularity University » de la Silicon Valley, il regroupe sur un même lieu entreprises, recherche et formation. Avec toutefois des particularités qui lui sont propres.

Le chantier avait été lancé en juillet 2015 par celui qui était encore à l’époque ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique, Emmanuel Macron. L’inauguration du projet, prévue à l’autonome, pourrait elle aussi se faire en présence du nouveau Président de la République.

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Le lancement du chantier © DR / L. Minassian

Pour en savoir plus sur The Camp

Pourquoi un campus d’innovation numérique sur le territoire d’Aix Marseille ?

L’idée de créer un campus d’innovation numérique est née il y a quatre ans, dans l’esprit de Frédéric Chevalier, entrepreneur de talent multi-casquettes, président-fondateur de la société HighCo, ancien président du Club Top 20 et aujourd’hui président de The Camp. « J’ai été pris de sentiments mêlés par rapport à l’évolution du monde, qui s’était complexifié et accéléré. Je voyais bien à quel point nous étions tous désemparés face à cette évolution et aux ruptures auxquelles l’ensemble des élites publiques et privées devaient faire face alors qu’elles n’y avaient pas été préparées », explique-t-il.

Il monte alors un projet, inspiré de ce qu’il avait pu observer sur les campus américains plusieurs années auparavant, qui consiste à créer un lieu dont la vocation est d’accompagner les leaders et futurs leaders dans ces transformations du monde. Et notamment l’accélération technologique. « Cette accélération est exponentielle et de nature à changer fondamentalement le monde ! Il est donc urgent de se doter de lieux qui vont appréhender et anticiper ce changement, mais aussi le changement numérique ou encore environnemental », ajoute Frédéric Chevalier.

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Le campus au milieu de la nature © Corinne Vezzoni et associés

Des similitudes et des différences avec le « modèle » américain

Bien qu’inspiré par les campus américain, beaucoup comparent toutefois davantage The Camp à la Singularity University, société privée de la Silicon Valley qui est à la fois une université, un think-tank (en français un laboratoire d’idées) et un centre d’incubation d’entreprises. « Le modèle de The Camp ressemble en effet beaucoup à celui de la Singularity University », reconnaît Frédéric Chevalier.

Le président fondateur du campus aixois met notamment en avant la volonté commune des deux établissements d’inspirer les élites sur les enjeux des technologies exponentielles comme la génétique, les réalités virtuelle et augmentée ou encore l’intelligence artificielle. Parmi les résonances également : créer une université de toute pièce et non pas changer ou faire évoluer une université existante et y intégrer une dimension d’expérimentation et de « grands challenges », à savoir des appels à projets, autour de sujets sociétaux.

Quant aux différences, il en existe aussi, principalement dues à la différence de vision entre les États-Unis et l’Europe selon Frédéric Chevalier. « La Singularity University a une vision très pragmatique de la technologie, très américaine, voire un peu trop technophile sur son rôle. Contrairement à l’Europe qui met une dimension humaniste à tout cela », précise-t-il.

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Bâtiment de la Singularity University dans la Silicon Valley © Singularity University

Rapprocher secteurs public et privé, grandes et petites entreprises

Tout comme sur le campus de la Silicon Valley, le but est de faire de The Camp un écosystème qui mêle le public et le privé. Et, dans ce dernier, autant des grandes entreprises que des entreprises de tailles intermédiaires (ETI) ou que des startups, peu importe leur phase de maturité. « Les écosystèmes les plus efficients sont ceux qui sont transculturels et transgénérationnels. Il faut casser le système de silos qui existe en France et au contraire créer une transversalité », met en avant Frédéric Chevalier.

C’est d’ailleurs sur cette mixité que repose le modèle économique de The Camp. Les grands groupes et les ETI y viendront pour suivre des cours de formation continue, d’inspiration et d’expérimentation sur des enjeux de ruptures et de transformation. Les startups, elles, pour se faire incuber, impulser ou trouver du mentoring. Une autre partie du financement proviendra, pour les activités non concurrentielles, de philanthropes ou de grandes fondations dont certains ont déjà manifesté leur volonté de soutenir la structure.

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© Corinne Vezzoni et associés

Un atout pour l’attractivité du territoire

Les élus du territoire, à commencer par Didier Parakian, président de la Commission économique de la métropole Aix Marseille Provence, voient d’un très bon œil l’ouverture de ce campus d’innovation sur le territoire. « The Camp est le campus du futur, on va y former les élites de demain », a-t-il déclaré. « Ce qu’on fonde comme espoirs avec The Camp est qu’il y ait d’autres initiatives de ce genre. Des The Camp, j’en souhaite plusieurs ! Il faut que les gens prennent conscience qu’on peut porter des projets d’une telle ampleur sur le territoire », ajoute Stéphane Paoli, adjoint au maire d’Aix délégué à l’innovation et au numérique.

Une vision partagée par Frédéric Chevalier qui reconnaît que le territoire d’Aix Marseille sait se mobiliser quand les projets sont ambitieux et à la hauteur.

« À partir de là, la métropole économique va se créer toute seule. La venue de nouveaux entrepreneurs avec The Camp et le fait que les anciens restent vont en faire venir d’autres », ajoute Stéphane Paoli. Un effet boule de neige qui ne devrait pas avoir de mal à se mettre en place si The Camp atteint son objectif de devenir un lieu de référence en matière d’innovation et de numérique à rayonnement international.

Une architecture tout en transparence et en harmonie avec la nature

Côté architecture, l’accent est porté sur la transparence et l’ouverture. Comme nous l’expliquait il y a quelques temps, Corinne Vezzoni « On est parti de l’idée de créer des petits volumes circulaires, lieux d’enseignement ou de travail, espacés les uns des autres et protégés par un toit commun constitué par une toile tendue en PTFE*. Cette architecture permet de respecter un maximum le relief du site et de ne pas construire un grand bâtiment, d’un seul bloc qui nous aurait obligé à tout minéraliser. Les lieux de convivialité et de rencontre sont partout à l’extérieur de ces salles circulaires. On reste ainsi en harmonie avec la nature ». *Le PTFE est le matériau qui a servi à couvrir le stade Vélodrome

Le chantier de pose des toiles tendues sur The Camp

Le campus comprendra 5 activités principales :
– Un pôle de formation post diplôme pour les étudiants
– Un pôle de formation pour préparer les dirigeants et cadres d’entreprises
– Un pôle d’accélération pour les startups et le PME de croissance
– Un pôle d’expérimentation
– L’organisation de conférences pour le grand public

Au total, 150 nouveaux emplois seront créés pour former 300 étudiants et 2000 managers chaque année, accueillir 20 startups et 40 PME.

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