Avec le FOWT, l’avenir mondial de l’éolien flottant se pilote en Provence

Le forum mondial de l’éolien offshore flottant (FOWT) s’est tenu les 15 et 16 mars au Parc Chanot à Marseille. L’occasion de faire le point sur les enjeux et les perspectives de cette énergie renouvelable pleine de potentiel et notamment du projet Provence Grand Large, situé au large de Port-Saint-Louis-du-Rhône.

Ce projet représente une opportunité pour le territoire provençal de devenir une référence mondiale dans les énergies marines et d’initier une nouvelle filière d’avenir. Il pourrait aussi permettre le développement de nouvelles activités porteuses d’emploi pérennes sur le territoire, et plus largement en PACA et au niveau national.

Le FOWT, plus grand événement mondial de l’offshore flottant, est d’ailleurs le témoin de cet engouement pour la Provence de la part des professionnels.

Quelle différence entre une éolienne posée et une flottante ?

En mer, une éolienne est dite « posée » lorsqu’elle touche le sol, c’est-à-dire quand il y a environ 40 à 50 mètres de profondeur. En revanche, elle est dite « flottante », lorsque la profondeur des eaux est supérieure à 50 mètres. C’est pour cela que l’on parle d’éoliennes flottantes au large de la ville de Port-Saint-Louis-du-Rhône, car, à 17km au large des côtes, la profondeur sera supérieure à 50 mètres.

Pourquoi installer des éoliennes en pleine mer ? Selon Pauline Le Bertre, déléguée générale de France Energie Eolienne « Il n’y a pas de raison esthétique au fait d’installer des éoliennes offshore, on décide de les installer au large car le potentiel est énorme en mer. Effectivement, on y trouve les meilleurs vents car ils y sont beaucoup plus forts et réguliers. En mer, une éolienne c’est 6 à 8 mégawatt tandis que sur terre, une éolienne c’est 2 à 3 mégawatt ». Le projet Provence Grand Large coûtera environ 200 millions d’euros.

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Provence Grand Large, aux portes de Marseille

En novembre 2016, Ségolène Royal, Ministre de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer, annonçait les deux nouveaux lauréats de l’appel à projets de l’ADEME (l’Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) pour les fermes pilotes d’éoliennes flottantes en Méditerranée. Le site de Faraman, en Région PACA, était l’un d’eux. Situé au large de Port-Saint-Louis-du-Rhône, le projet est soutenu par EDF énergies nouvelles, une filiale d’EDF dédiée aux énergies renouvelables.

Les experts sont unanimes : la zone géographique qui s’étend du Golfe du Lion jusqu’à Barcelone abrite un gros potentiel, grâce à ses gisements de vents et la profondeur de ses eaux. Le site de Faraman, à l’embouchure du Rhône se présente ainsi comme le site le plus prometteur en Méditerranée. Plusieurs éléments ont motivé les spécialistes : le site serait situé à 17 kilomètres au large de la petite ville des Bouches-du-Rhône et bénéficierait par conséquent de vents forts, notamment le Mistral, des installations portuaires se trouvant à proximité, des nombreuses industries situées à Fos-sur-Mer ainsi qu’un réseau électrique puissant.

3 éoliennes produiront la consommation électrique de 40 000 habitants

La ferme pré-commerciale comptera 3 éoliennes d’une puissance de 8 mégawatt chacune. Il s’agit d’une ferme dite « test », ce que nous explique Pauline Le Bertre « on espère que la ferme pré-commerciale sera effective d’ici 2021. On parle de ferme pilote car elle permettra de tester la technologie utilisée ». Concrètement, les 3 éoliennes permettront de produire l’équivalent de la consommation électrique (hors eau chaude et chauffage) d’environ 40 000 habitants, selon les experts. Et à terme, les spécialistes ont l’ambition de couvrir un quart de la consommation électrique de la Région PACA.

Le constructeur allemand Siemens construira les turbines des éoliennes du site Faraman et la société SBM Offshore Monaco se chargera des flotteurs.

FOWT, le plus grand événement mondial de l’offshore flottant

Mercredi 15 mars, le coup d’envoi de la 4ème rencontre « Floating Offshore Wind Turbines » (FOWT) a été donné au Parc Chanot. Une rencontre née en 2014 de la Chambre de Commerce et d’Industrie Marseille Provence (CCIMP) et du Pôle Méditerranée en partenariat avec France Energie Eolienne. Soutenu par la Région, l’événement réunissait tous les acteurs du secteur de l’éolien.

Aujourd’hui, l’éolien est un secteur qui compte 18 pays dont les deux principales délégations sont la Norvège et le Japon. Gilles Dickson, PDG de l’entreprise WindEurope, affirme « l’éolien onshore soutient les coûts de l’éolien offshore ». Comprenez que l’éolien terrestre et l’éolien offshore s’équilibrent l’un et l’autre. Les experts présents ce jour-là présentaient les perspectives du marché de l’éolien à l’horizon 2030. Et l’objectif, d’ici là, est de réduire de 40% les émissions de gaz à effet de serre par rapport aux niveaux relevés dans les années 1990. Une ambition qui, semble-t-il, passera par l’installation d’éoliennes offshore dans l’Union Européenne, une zone qui représente à elle seule un potentiel de 4000 gigawatt, notamment dans l’Océan Atlantique et en Mer Méditerranée.

Et l’exemple de la France semble être un cas très attractif pour les investisseurs étrangers, notre pays étant bordé à la fois par l’Atlantique mais également par la Méditerranée. Double enjeu ! Dans un contexte d’initiatives en faveur des nouvelles énergies dites « plus propres », lancées par le gouvernement depuis quelques années, la Région PACA est dans le viseur de tous les experts.

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