La ville de Marseille dévoile son projet pour transformer les plages du Prado

La ville de Marseille dévoile son projet pour transformer les plages du Prado

Après la plage des Catalans et de la Pointe Rouge, c’est au tour de celles du Prado d’être privatisées de 20% pour mettre à disposition des Marseillais et touristes, des transats et des services de « petite » restauration. Cette privatisation s’accompagnera d’une modernisation complète du parc balnéaire du Prado, du Roucas Blanc et la Vieille Chapelle. Reportage.

Créé sous l’impulsion de Gaston Deferre à partir de la fin des années 1960, le parc balnéaire du Prado est aujourd’hui la plus grande plage de Marseille, s’étendant sur près de trois kilomètres. Près de 70 ans plus tard, la ville de Marseille a lancé un projet de rénovation totale, avec un chantier qui devrait démarrer en 2020… Date à laquelle la concession accordée par l’État, qui est le propriétaire actuel des plages du Prado, prendra fin, pour laisser place à une reprise en main totale de la ville de Marseille, comme c’est le cas déjà à la plage des Catalans.

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Allier sport et services de plages au Prado

Hormis à l’Escale Borély où l’on trouve des restaurants qui proposent même des matelas à louer sur la plage, le reste du parc balnéaire du Prado est dépourvu d’offres de service. Et c’est justement ce que la Ville de Marseille aimerait changer. « On souhaite pouvoir allier, d’un côté, la pratique du sport pour tous de façon gratuite avec des parcours sports et santé et des zones attribuées au bien-être. Et, d’un autre côté, avoir une partie qui entre dans la sphère commerciale avec des services associés à la plage, la restauration, des jeux pour les enfants, etc », met en avant Didier Réault, adjoint (LR) au maire délégué à la mer et aux plages.

« On a tellement peu de plages qui sont qualifiées pour cela que les gens s’en vont sur d’autres communes pour avoir de la restauration, des boissons, des jeux, et tout ou ce que l’on peut connaître sur d’autres communes des Bouches-du-Rhône ou du Var. Cela représente un manque à gagner pour la ville et son activité économique », ajoute Didier Réault.

Selon des chiffres communiqués l’année dernière par l’élu marseillais, sur des plages prisées comme celles de Bandol, un habitant dépense en moyenne 60 euros par jour et par transat, avec les boissons et les repas. Cela permettrait selon la ville de créer des emplois saisonniers et de réinvestir l’argent dans l’aménagement du littoral. Surtout que comme l’affirme Didier Réault « il y a une réelle demande pour ce type d’offre sur Marseille, et il faut satisfaire tous les Marseillais ».

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Avec la modernisation du parc balnéaire du Prado, la Ville de Marseille souhaite allier offre de service et activités sportives comme c’est le cas déjà à l’Escale Borély

La requalification de la Pointe Rouge en priorité

Avant de lancer la modernisation du parc balnéaire du Prado, c’est d’abord la Pointe Rouge qui va être requalifiée. La municipalité travaille déjà sur le sujet et des visuels de ce que pourrait devenir la Pointe Rouge ont été dévoilées par le cabinet d’architecture Matonti. Toutefois, rien ne garantit que le projet final y ressemblera.

« Il s’agit d’une première idée fournie par un cabinet d’urbanisme, d’un schéma d’orientation. On a lancé une maîtrise d’œuvre à partir de cela afin d’en évaluer les difficultés ou les incapacités et d’intégrer les propositions des habitants et des commerçants pour ensuite proposer quelque chose qui s’inspirera de cela. Mais ces images ne sont pas le projet abouti que l’on aura l’année prochaine ou celle d’après », tient à préciser Didier Réault.

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Image issue de la maîtrise d’oeuvre sur la requalification de la Pointe Rouge. Le projet abouti a de fortes chances d’être différent © Matonti Architecture & Patrimoine

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Pour l’heure, la concertation avec les habitants et les commerçants a débuté afin que chacun donne son avis et ses attentes. Le projet prévoit une requalification des espaces de restauration et de services en application de la loi Littoral qui stipule que les équipements doivent être démontables et qu’ils ne dépassent pas les 20% de la surface de la plage. Il inclut également des investissements pour protéger la plage et éviter son érosion, notamment avec l’aménagement de digues. Un réaménagement qui servira ensuite de base pour la modernisation du parc balnéaire du Prado pour une qualification de l’espace littoral « à la hauteur de la deuxième ville de France ».

Un projet contre lequel se bat le Collectif de Défense du Littoral 13. « On est content qu’une partie des restaurants de la Pointe Rouge soient bientôt détruits, mais c’est inacceptable de laisser 20% de concession publique », met en avant Gérard Jeanson, président de l’association. Le collectif craint qu’en laissant à la ville la possibilité de privatiser 20% de la surface des plages, la municipalité ne s’en suffise pas par la suite. Le président base son inquiétude sur le fait que rien ne stipule, dans le code de l’environnement, qu’une commune puisse octroyer une concession à un privé pour exploiter la plage. « Si on laisse faire la politique de la ville, on aura bientôt plus rien et ils pourront faire tout ce qu’ils voudront », ajoute Gérard Jeanson.

Le collectif a notamment signalé, à l’Escale Borély, le fait que certains établissements qui proposent des matelas ne respectaient pas l’espace de cinq mètres d’éloignement obligatoire entre la mer et les transats. Un abus que l’association a tenu à faire remonter dans sa volonté de défendre l’espace public sur les plages marseillaises. 

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Le stade nautique du Roucas-Blanc aussi réaménagé

En parallèle de la privatisation d’une partie des plages du Prado et de la Pointe-Rouge, le stade nautique du Roucas-Blanc va également connaître quelques modifications, en lien avec l’objectif d’accueillir à Marseille les épreuves de voiles des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 aux côtés de Paris qui se porte candidate pour les autres épreuves. « On a besoin de moderniser et de rendre plus acceptable cet espace pour être conforme aux attentes du Comité international olympique (CIO). On n’est pas loin du but, mais il faut une redistribution des espaces pour avoir plus de place à l’eau et à terre », explique Didier Réault.

Le délégué à la mer confie être encore sur une proposition de phase d’étude et sur une évaluation des coûts d’une telle requalification. Un projet qui se révèle indispensable selon lui : « Il est clair qu’il faut qu’on redistribue ces espaces et qu’on ne peut garder ces bungalows répartis un peu partout. Il faut quelque chose de cohérent et qui correspond à un équipement à la hauteur des JO », conclut-il.


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