Perpétuer la méthode traditionnelle des tapissiers décorateurs, le choix d’un artisan marseillais

Perpétuer la méthode traditionnelle des tapissiers décorateurs, le choix d’un artisan marseillais

Bénédicte Martocq rénove des meubles et crée ses propres accessoires textiles dans son atelier du quartier de Vauban (6e). Un métier d’artisan d’art qui la passionne et qu’elle a choisi d’exercer en pratiquant la méthode traditionnelle et ancestrale des tapissiers décorateurs.

Cela fait sept ans que Bénédicte Martocq a installé son atelier de tapissier en meuble et décorateur dans le quartier de Vauban (6e), sous le regard bienveillant de la «Bonne Mère». Auparavant, c’est une toute autre vie professionnelle qu’elle a connue puisqu’elle était responsable commercial en agroalimentaire. « J’ai alors décidé de changer de métier et de reprendre les études pour cela. J’ai toujours été manuelle et créative c’est pourquoi je me suis tournée vers la profession d’artisan», confie Bénédicte Martocq.

Après une formation en tapissier/décorateur qui correspondait à ses envies, elle apprend davantage son métier d’artisan en travaillant aux côtés de ses pairs. Elle s’installe ensuite à son compte dans son actuel atelier de Vauban où elle rénove des meubles anciens, généralement des assises, et confectionne ses propres coussins, rideaux et autres accessoires textiles.

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Bénédicte Martocq rénove des meubles et confectionne ses propres accessoires textiles dans son atelier de Vauban depuis 2009 © AP

Un métier qui n’a pas changé depuis des siècles

Dans l’exercice de son métier, Bénédicte Martocq a fait le choix de garder la méthode ancestrale des tapissiers. Une méthode qui est quasiment la même depuis des siècles puisque ce métier n’a pas changé ou que très peu malgré les époques, comme nous le confie l’artisan.

Concrètement, Bénédicte Martocq garnit ses fauteuils et canapés, puis sangle et guinde les meubles de sorte à leur redonner une nouvelle jeunesse. La garniture utilisée est, comme dans le temps ancien, du crin, une matière que l’artisan préfère à la mousse synthétique. Seule différence par rapport à la méthode traditionnelle : le crin est végétal et non animal.

En plus de l’aspect rénovation, Bénédicte Martocq change également les tissus des assises par des pièces modernes et dans l’air du temps. « Je fais beaucoup de recherche et quelques salons professionnels pour être à la pointe de ce qu’il se passe dans le domaine de la décoration. J’aime suivre les tendances actuelles et c’est important aussi pour les clients », souligne-t-elle.

La décoratrice se veut également forte de propositions pour ses clients, notamment car ils ont souvent des envies de changement mais ne savent pas forcément vers quoi se tourner. C’est pourquoi elle n’hésite pas à se rendre chez eux pour s’imprégner de leurs goûts et de leur univers.

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L’artisan crée des accessoires qu’elle imagine elle-même en adéquation avec les tendances du moment © DR

Valoriser davantage le métier d’artisan

Aujourd’hui, la plupart des clients de Bénédicte Martocq se trouvent dans les secteurs alentours à son atelier, à savoir les 6ème, 7ème et 8ème arrondissements. Mais il arrive aussi à la créatrice d’avoir à se déplacer dans les villes proches de Marseille comme Cassis. Voire même plus loin puisqu’elle s’est déjà rendue en Normandie pour décorer quatre chambres d’une maison ! Toutefois, ce type de chantier reste rare.

Si sa vie professionnelle est bien différente depuis sa reconversion, Bénédicte Martocq ne regrette en rien de s’être lancée dans ce «métier passion», comme elle le qualifie elle-même. « Être artisan est quelque chose de valorisant même si c’est aussi très difficile. Malheureusement, cette profession n’est pas reconnue à sa juste valeur. C’est dommage car peu de jeunes viennent dans cette branche et certains y viennent par défaut», explique-t-elle. Elle espère ainsi une évolution du regard des gens sur le métier de tapissier/décorateur mais surtout sur celui d’artisan de façon générale.


Bénédicte Martocq fait partie des 198 ambassadeurs de l’Artisanat de Provence réunis sur la Route des Arts & Gourmandises de Provence pour illustrer les talents hors du commun du territoire. Une balade découverte mise en place par la Chambre de métiers et de l’artisanat de région Provence-Alpes-Côte d’Azur, à retrouver en détail ici et dans notre reportage ci-dessous :

Article réalisé en partenariat avec la Chambre de métiers et de l’artisanat de région Provence-Alpes-Côte d’Azur

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