La Villa Méditerranée sera transformée en musée de la grotte Cosquer

La Villa Méditerranée sera transformée en musée de la Grotte Cosquer

Fin du suspens quant au devenir de la Villa Méditerranée, elle sera bien transformée en musée de la grotte Cosquer, comme le souhaite Christian Estrosi, président (LR) de la région PACA. Il était en négociation avec Michel Vauzelle, ex président (PS) de la région qui voulait y implanter le Parlement de la Méditerranée.

Les élus de la région PACA ont définitivement adopté ce projet à l’occasion d’un vote qui a eu lieu vendredi 17 mars 2017.

Extraits de discours à l’occasion du vote du 17 mars

Christian Estrosi s’est exprimé sur le projet « Nous nous sommes engagés pendant les élections régionales à vendre ce bâtiment ou à trouver une exploitation qui nous permette de supprimer les charges de fonctionnement que nous avons à supporter aujourd’hui. Nous avons tout fait pour tenter de vendre, ce qui était pour nous la priorité, nous n’y sommes pas parvenus, personne ne veut acheter ce bâtiment. Et puis, nous avons enfin trouvé une exploitation tournée vers la Méditerranée, vers un patrimoine, qui s’inspire de ce qui se fait à la grotte Chauvet ou à la grotte de Lascaux, dont j’ai rencontré d’ailleurs les représentants, les responsables, les animateurs, et qui me disent le succès incroyable. Avec plusieurs centaines de milliers de visiteurs chaque année, nous hériterions de certaines retombées financières et surtout cela nous permettra l’équilibre financier pour faire face aux dépenses de fonctionnement liées à la gestion du bâtiment ».

« 400 000 visiteurs par an sont d’ores et déjà attendus » selon le président Estrosi, « dans une reproduction qui représentera 90% de la grotte inaccessible au public ».

De son côté, à l’occasion de la traditionnelle cérémonie des voeux à la presse, la présidente du Département des Bouches du Rhône, Martine Vassal (LR), avait annoncé son soutien au projet « la région qui porte le projet sera bien évidemment le principal financeur, mais nous soutiendrons également ce projet culturel important pour la Provence« .

Un casino à sous ? Un parlement méditerranéen ? Non, un musée !

Le contexte autour de l’avenir de la Villa est très complexe depuis quelques mois. Après l’idée évoquée par Jean-Claude Gaudin, sénateur maire Les Républicains (LR) de la ville de Marseille, de créer un Casino dans la Villa Méditerranée, et celle de Michel Vauzelle, ex Président (PS) du Conseil Régional Provence-Alpes-Côte d’Azur, d’y installer l’Assemblée parlementaire de la Méditerranée, Christian Estrosi, l’actuel président (LR) de la région Paca a donc tranché en faveur d’un musée pour ce bâtiment jugé bien trop coûteux par sa majorité.

Christian Estrosi avait laissé à Michel Vauzelle un délai allant jusqu’à février 2017, pour avoir l’accord de délocaliser le Parlement de Malte à Marseille, à condition que cela ne coute pas un euro de fonctionnement à la région. Le projet n’a pas été approuvé à l’unanimité par les parlementaires.

Michel Vauzelle a réagi le 28 février 2017 dans un communiqué :

« Vendredi 24 février, l’Assemblée plénière du Parlement méditerranéen, qui regroupe 27 parlements nationaux des pays riverains de la Méditerranée, dont Israël et la Palestine, a voté le texte transférant le siège du Parlement de Malte, en France à Marseille.

Marseille a obtenu la majorité absolue avec 51 voix sur 82 suffrages exprimés. Cependant, pour une décision institutionnelle, la majorité des 4/5ème était requise. M. Estrosi qui était d’abord favorable à l’installation de cette institution à la Villa Méditerranée (cf. son communiqué du 2 novembre dernier) a changé d’attitude. C’est malheureusement ce qui n’a pas permis ensuite de bénéficier à Porto d’un vote favorable à l’unanimité comme le 16 décembre à Rome.

Je remercie M. Jean-Claude Gaudin, sénateur-maire de Marseille, pour son soutien. Je remercie également Mme. Martine Vassal, Présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône, qui a tenté jusqu’au dernier moment de proposer une solution alternative à la Villa Méditerranée.

La France a perdu une occasion unique de renforcer son influence en Méditerranée. Marseille a perdu une occasion unique d’affirmer sa vocation de capitale française de la Méditerranée. »

C’est à la Grotte Cosquer, située près du Cap Morgiou, que ce futur musée va être entièrement consacré. Officiellement déclarée en 1991, cette cavité doit son nom au scaphandrier professionnel cassiden Henri Cosquer qui connaissant son existence depuis 1985. Accessible par un tunnel long de 175 mètres dont l’entrée est à 37 mètres de profondeur, la grotte est aujourd’hui interdite au public.

Pourquoi consacrer un musée entier à la Grotte Cosquer ?

Si aujourd’hui la Grotte Cosquer est en partie immergée, ce n’était pas le cas dans le passé. Différentes études ont d’ailleurs prouvé qu’elle a été fréquentée par l’homme au cours de deux périodes, il y a 27 000 et 19 000 ans avant JC. Et ce dernier y a laissé de nombreuses traces de ses passages.

Au total, la cavité  se compose de près de 500 représentations peintes et gravées par la main de l’homme. La moitié représente des dessins d’animaux tels que des chevaux, des bisons, des cerfs et même des pingouins. À leurs côtés, plus de 200 signes géométriques dont le sens reste encore aujourd’hui un mystère.

D’autres projets avaient été proposés pour l’avenir de la Villa Méditerranée. Parmi eux, une « Villa Méditerranée 2.0 », une « Cité du Vin », un « Centre de Colloques », un « centre d’art », un « Musées des séries », un « Centre multimédia » ou un « Palais du Futur » qui ont été écartés car ils souffraient d’un fort déficit d’exploitation. D’autres propositions comme une « Villa Internationale » et une « Vitrines de la Provence » n’ont pas été retenus en raison d’une forte concurrence sur le territoire. Enfin, le projet de centre commercial de produits de luxe a lui pâti d’une complexité de montage jugée trop élevée.

Une reproduction quasi-totale de la grotte Cosquer

Le projet prévoit une reproduction de 90% de la grotte Cosquer dans l’actuel sous-sol de la Villa Méditerranée, pour une plongée à l’intérieur de la cavité « comme si l’on y était », avec des projections de films sur la découverte de la grotte et son histoire. Au rez-de-chaussée un espace libraire et une boutique prendront place. Quant au porte-à-faux, il sera aménagé en espace muséal et multimédiadans la première partie et un espace événement au belvédère.

Crédit photo : Claude Almodovar
Crédit photo : Claude Almodovar

La Villa restera-t-elle dans sa physionomie actuelle ? S’il est encore trop tôt pour le dire, l’envergure du projet risque bien d’apporter de grandes modifications. « La Grotte Cosquer étant enfouie à 37 mètres de profondeur, cela remet en question l’organisation de la Villa », reconnaît Christian Estrosi. Le président a tout de même confirmé son souhait de garder dans l’établissement un espace de conférences pour accueillir débats et recherches.

Enfin l’AViTeM, l’Agence des Villes et Territoires Méditerranéens Durables qui a en charge la gestion de la Villa depuis le 1er janvier 2015, elle sera relogée et le personnel mis à la disposition par la Région réintégré. « Le personnel en charge du bâtiment pourrait tout à fait être repris par le groupement privé en charge de l’exploitation de la reproduction de la grotte Cosquer », ajoute Christian Estrosi.

Une transformation estimée à 20 millions d’euros

Depuis son investiture en décembre 2015, Christian Estrosi n’a pas caché sa volonté de se séparer de la Villa en raison de ses coûts de fonctionnement trop élevés pour la Région, à hauteur de 4,5 millions d’euros par an. Même si, avec ce projet de reproduction de la Grotte Cosquer, l’établissement reste propriété de la Région, son fonctionnement ne « coûtera plus un centime à l’institution ». « Ce projet respecte la vocation méditerranéenne que Michel Vauzelle a toujours voulu lui donner. C’est en plus le seul, sur tous ceux proposés, qui supporte l’ensemble des coûts de fonctionnement aujourd’hui supportés par la Région », souligne le Président.

Le futur musée sera géré dans son intégralité par un acteur privé qui devrait être choisi à la fin de l’année 2017. Les coûts de transformation de la structure, estimés à 20 millions d’euros, seront répartis à 50% pour cet acteur privé et 50% pour la Région, à partager avec les autres collectivités publiques qui s’impliqueront dans le projet. Une somme que la Région récupèrera ensuite sous forme de loyer.

500 000 visiteurs attendus par an

Concernant le nombre de personnes attendues chaque année, la Région a misé sur 400 000 visiteurs pour la première année. L’équivalent de la fréquentation actuelle de la Caverne du Pont d’Arc, la réplique de la Grotte Chauvet, ouverte en 2015 en Ardèche. « Étant donné le nombre de touristes qui viennent chaque année à Marseille, dont plus d’un million et demi de croisiéristes, ce n’est pas ambitieux », estime Christian Estrosi. La Région estime pour les années futures une fréquentation comprise entre 400 000 et 500 000 visiteurs.

Côté tarifs, il est encore trop tôt pour le dire, mais le président de la Région a confié qu’ils seraient d’environ 12€, soit l’équivalent à ceux appliqués à ce type de visite et inspirés de ceux mis en place pour la visite de la réplique de la Grotte Chauvet. À ce jour, ces derniers sont de 6,50€ pour les enfants et 13€ pour les adultes.

Calendrier du projet

  • 2017 : vote du projet par la Région et choix de l’acteur privé
  • 2018 : transformation de la Villa
  • Fin 2018 / Début 2019 : ouverture au public

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