La Provence, future capitale européenne du septième art ?

La Provence, future capitale européenne du septième art ?

Et si l’industrie du cinéma devenait un véritable moteur économique pour notre région ? Provence studios en fait le pari. Si l’entreprise martégale a déjà quelques tournages à son actif, l’ambition de son président Olivier Marchetti va bien au delà : un développement continu sur trois ans pour atteindre un objectif de dix studios de pointe et 800 emplois directs. La même lumière qu’en Californie, bientôt la même réussite ?

Olivier Marchetti ne s’en cache pas. Il lorgne du côté d’Hollywood. Selon lui, notre région n’a rien à envier au Golden state : “En PACA, il y a une grande diversité de décors. Nous sommes à un point central entre mer et montagne. Nous profitons d’une lumière et d’une météo exceptionnelle. Il y a beaucoup d’intermittents formés à portée de main et tout est globalement moins cher.” Le territoire accueille déjà 20% des tournages français, mais l’entrepreneur veut passer à la vitesse supérieure.

Olivier Marchetti, président de Provence studios.
Olivier Marchetti, président de Provence studios

Le choix du cinéma

En 2010, Olivier Marchetti doit choisir une utilité aux 26 000 m2 d’entrepôts situés en bordure du canal de Caronte. Il hésite entre réparation navale et studios. Le tournage sur place de quelques scènes de la série No limit l’aide à se décider. Il faut dire que l’entreprise familiale avait accueilli au siècle dernier des tournages à Marseille, dont Trop belle pour toi de Bertrand Blier.

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Un décor en extérieur de la série No Limit

Un vendredi d’avril 2014, la production de No limit revient à Martigues. “Ils voulaient discuter de la saison 3. Trois jours après, ils s’installaient et signaient pour toute la saison” s’amuse le quadragénaire. L’expérience est une réussite des deux côtés. La machine est définitivement lancée. Le site accueille des publicités, des clips (Steve Angelo, Izzy Bizu) et du long format avec Les Tuches 2, premier gros coup pour Provence studios.


 

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Produire un écosystème

Si la société se contentait de mettre à disposition électricité et entrepôts de 3 000 m2 chacun, elle veut proposer de véritables studios qui répondent aux standards internationaux.

“On joue beaucoup sur les nouvelles technologies. Pour nos dépenses énergétiques nous avons recouverts la toiture de photovoltaïque, soit 2,3 MW. A la fin de l’année nous auront deux espaces insonorisés, équipés de cycloramas (fonds verts). On assiste à un renouveau du studio grâce au numérique. On peut incruster n’importe quel environnement. A l’extérieur nous prévoyons l’installation de backlots (décors permanents).” Olivier Marchetti

Au souci de modernité s’ajoutent les contraintes de productivité. Cela passe donc par le numérique mais aussi par la logistique. D’où la volonté de créer un écosystème cinématographique. Le site accueille l’équipementier et armurier Maratier, le fournisseur d’éclairage Transpalux et une salle d’entraînement à la cascade. Olivier Marchetti amorce également la diversification de Provence studios. Il s’est associé avec Nadia Tannio pour monter Provence décoration. Ils accumulent accessoires issus de précédents tournages et autres objets sauvés de la déchèterie. Tout peut servir.

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Si vous ne savez pas quoi faire d’un vieux téléphone ou d’un meuble, Provence décoration est preneur. Peut-être que vous participerez indirectement à un tournage !

Jouer collectif

Olivier Marchetti rejette toute idée de concurrence nationale : “On essaie de nous opposer avec Marseille. Les deux villes ont leurs propres attraits. Avec Paris, il y a beaucoup d’échanges.” Les vrais concurrents sont à l’étranger – Bulgarie, République Tchèque, Belgique, Maroc – rien de suffisant cependant pour entamer l’enthousiasme du chef d’entreprise. Il reste persuadé que les atouts de notre région lui assureront sa prédominance. Encore faut-il s’accorder en un projet commun. Il prévient : “Un projet ciné est maintenant métropolitain. Il faut qu’on arrête les guégerres de clochet. Arrêtons de dire qu’il faut jouer collectif, faisons-le ! Il faut défendre notre territoire.”

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Les cascadeurs disposent d’un immense parking pour s’entraîner. Ici, un rampe pour faire du deux roues (avec une voiture…)

Vous pouvez retrouver Provence studios sur Facebook.

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