La France et Marseille candidates à l’Exposition Universelle 2025 

Après les expositions universelles parisiennes de 1889 et 1900 qui ont fait rayonner la capitale dans le monde entier, c’est la France qui se porte candidate pour organiser cet événement en 2025. Pour cela, le pays a fait le choix d’un projet unique et inédit dont il attend de fortes retombées aussi bien économiques que touristiques.

Le thème retenu pour cet événement est «la connaissance à partager, la planète à protéger». Le pays organisateur sera choisi en 2018. Si la France gagne, Marseille accueillera une partie des événements. Retrouvez l’interview de Jean-Claude Gaudin à la fin de l’article.

Si la France se porte candidate à l’organisation d’un tel événement, ce n’est pas sans raison. Les expositions universelles attirent des millions de visiteurs et constituent un atout touristique et économique pour son organisateur.

Si d’ordinaire, la manifestation se déroule dans une seule ville, le projet français prévoit de l’établir sur l’ensemble du territoire pour que toutes les régions puissent profiter de ses retombées économiques. Ces dernières sont d’ailleurs colossales : entre 45 et 60 millions de visiteurs attendus pour un impact chiffré à 23 milliards d’euros. Près de 80 ans après la tenue de la dernière exposition universelle, celle de Paris en 1937, la France espère bien de nouveau être dans la lumière.

Mi-septembre, le premier ministre Manuel Valls avait souligné que cette candidature, «en synergie avec celle pour les Jeux olympiques et paralympiques de 2024» permettrait «à la France de porter un message universel».

La France, candidate aussi à l’organisation des JO de 2024

Quel projet pour l’expo universelle de 2025 ?

En 2025, si la candidature française est retenue, pour la première fois une Exposition universelle aura pour cadre un pays tout entier. La volonté d’EXPOFRANCE 2025, le comité qui porte la candidature du pays, est de créer la première Exposition universelle en réseau où chaque individu pourra être un contributeur aux contenus de l’événement et où l’ensemble du territoire français sera utilisé.

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La candidature de la France à l’Expo 2025 © Sensual City Studio

« Ouvrir l’exposition à la France toute entière est une porte à double sens : permettre à chaque région, chaque ville, chaque français d’accueillir le monde mais également offrir à tous les Français la possibilité de partir à la découverte du monde », met en avant Jean-Christophe Fromantin, Président d’EXPOFRANCE 2025.

Le projet sera articulé autour de trois « parties » :

  • Le cœur du projet, appelé « Village global », sera installé dans 7 sites du du Grand Paris et accueillera tous les pays du monde. Un globe inspiré du projet pour l’Exposition universelle de 1900 sera installé et constituera le centre de ce village global. Cet espace sera un véritable laboratoire des technologies de l’image, de la réalité virtuelle et de l’interactivité. Les visiteurs y vivront une expérience immersive et interactive pour aller à la découverte des territoires, des cultures du monde et de ceux qui y vivent.
  • 12 métropoles de France, dont Marseille, accueilleront aussi des « Forums thématiques » où les différents pays du monde participeront pour échanger des innovations, des projets et des idées pour faire avancer le progrès sur des sujets comme la santé, l’environnement et la connaissance.
  • Une série de « Détours » dans les régions de France sera également proposée. Chaque ville ou village français pourra inscrire un site à cette série qui a un avantage double : renforcer l’offre touristique faite aux visiteurs et faire profiter l’ensemble du territoire de la présence de touristes dans le pays.

Un projet financé par des fonds privés

L’organisation de l’Exposition universelle sera assurée par un « groupement d’intérêt public » (GIP) présidé par M. Lamy. Au sein de ce GIP, siégeront les parties prenantes du projet. Jean-Christophe Fromantin, maire (divers droite) de Neuilly-sur-Seine, à l’origine de l’idée de la candidature française sera le premier vice-président de l’Exposition universelle pour laquelle il s’est déjà engagé à récolter les fonds privés destinés à financer la manifestation. La ville de Paris, la région Ile-de-France et la métropole du Grand Paris auront chacune une vice-présidence. Les entreprises qui financeront l’Exposition auront des représentants au sein du bureau du GIP.

Concernant le coût de la manifestation, le comité EXPOFRANCE 2025 a fait le choix d’un modèle économique sans financement public net et au contraire entièrement financé par des fonds privés. 27 entreprises partenaires font déjà partie du projet. L’État et les collectivités n’interviendront qu’au travers des infrastructures (transports en commun, espaces publics, etc.), des mises à disposition de sites et des missions régaliennes comme la sécurité des sites. Pour exemple, les Forums Thématiques et les Détours s’intégreront dans le patrimoine déjà existant ou dans les projets en cours des villes qui les accueilleront pour assurer la maîtrise budgétaire du projet.

Des retombées colossales attendues

Une étude, réalisée par le cabinet Deloitte, a été menée pour chiffrer l’impact de l’exposition universelle si la France est choisie pour l’organiser. Selon elle, l’accueil de l’événement international permettrait aux pays de faire progresser son PIB de 0,5% et de créer 160 000 emplois durables.

Le cabinet d’audit s’est basé sur une hypothèse jugée basse de 45 millions de visiteurs, alors que l’objectif affiché est d’attirer 60 millions de personnes. Avec cette affluence, l’impact direct en dépenses d’investissements, de fonctionnement, en consommation des touristes dans les hôtels et les restaurants, est estimé à 8,5 milliards d’euros, auxquels viendraient s’ajouter des effets indirects et induits pour atteindre les 23 milliards d’euros entre 2019 et 2025.

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Au moins 45 millions de visiteurs sont attendus dans l’ensemble du pays si la candidature française est retenue.

Les beaux exemples de Shanghai et Milan

Si les expositions universelles étaient régulières au 19ème siècle, l’après-guerre a marqué un ralentissement dans leur organisation et la crise de 1973 a renforcé encore un peu ce désamour. Il n’y a même eu aucune exposition universelle entre 1970 et 1992 ! Et depuis cette date, seules quatre ont eu lieu.

Les derniers exemples d’expositions universelles sont toutefois encourageants. Celle de Shanghai en 2010 a atteint des records : 70 millions de visiteurs, un trafic aérien et un taux de remplissage hôtelier qui ont augmenté respectivement de 34% et 16%. Le chiffre d’affaires de cette manifestation qui s’est étendue sur six mois donne presque le tournis : 218 milliards d’euros.

Concernant l’exposition universelle de Milan de 2015, tous les chiffres ne sont pas encore tombés puisqu’elle s’est terminée il y a un an seulement. Les premières données touristiques indiquent tout de même déjà une augmentation de plus de 27% du nombre de touristes et de plus de 50% de la fréquentation des 14 plus grands musées de la ville.


Jean-Claude Gaudin, Maire de Marseille, soutient la candidature française à l’Exposition Universelle de 2025

Made in Marseille – Quel intérêt pour une ville comme Marseille d’accueillir un Forum Thématique lors de l’Exposition Universelle de 2025 ?

Jean-Claude Gaudin – Notre ville est devenue une terre propice à l’accueil de grands événements, en témoignent l’année de Capitale européenne de la culture en 2013 et de capitale européenne du sport l’an prochain. Participer à cet immense projet permettra à Marseille de briller, une fois de plus, sur la scène mondiale.

MIM – Quelles retombées économiques espérez-vous pour la ville de Marseille ?

JCG – Les expositions universelles sont toujours de formidables tremplins économiques. En 2025, ce projet ambitieux pourrait offrir à Marseille des retombées économiques considérables, de l’ordre de deux milliards d’euros. Sans oublier les créations d’emplois, qui seraient évidemment au rendez-vous. Ce seront aussi cinq millions de touristes supplémentaires que nous accueillerons et qui s’ajouteront aux six millions de visiteurs chaque année.

MIM – Quels lieux sont d’ores et déjà retenus ou en tout cas envisagés pour accueillir la manifestation ?

JCG – Le Vieux-Port sera évidemment une place de choix, mais d’autres sites seront également sélectionnés. Tout sera mis en œuvre pour aménager des zones conviviales, humaines et ouvertes. À l’occasion de l’année de la capitale européenne de la culture, nous avons d’ailleurs créé un nouveau quartier, le long de la façade portuaire, qui rassemble de multiples équipements. Et l’esprit, déjà, était un peu celui d’une exposition universelle. Je pense notamment à l’esplanade du Mucem ou au hangar du J1 qui participent à un site accueillant et reconnu dans le monde entier.

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1 commentaire

  1. Excellent article, merci beaucoup ! 🙂
    J’ai hâte que la France soit choisie pour organiser l’Exposition Universelle de 2025 (ainsi que les Jeux Olympiques de 2024) !

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