L’Hôpital Mon Toudou a officiellement ouvert ses portes au cœur des services d’oncopédiatrie et de chirurgie pédiatrique de la Timone. Pensé comme un espace de réconfort et d’accompagnement, ce dispositif vise à adoucir le quotidien des enfants hospitalisés, en mêlant jeu, pédagogie et soutien émotionnel.
Dès leur arrivée dans le service, les jeunes patients se voient remettre un compagnon singulier : Toudou. Un ours en peluche reconnaissable à son pansement sur le front, qui accompagne les enfants tout au long de leur parcours de soins. À la fois objet transitionnel et outil pédagogique, il devient un intermédiaire précieux entre les soignants, l’enfant et sa famille.
« C‘est un objet explicatif où le personnel soignant explique ce qui va se passer en dédramatisant », souligne Marie-Claude Santini, présidente de l’association PharmaVie, qui porte le projet.
« Un mini-hôpital dans les grands hôpitaux »
Toudou accueille les enfants dans un espace spécialement aménagé, conçu comme un « mini-hôpital dans les grands hôpitaux ». Arche d’entrée, pharmacie miniature, décors colorés : l’univers se veut rassurant et familier. Les jeunes patients y découvrent également des répliques d’appareils médicaux emblématiques, comme le LINAC utilisé en radiothérapie ou l’IRM.
Ce dispositif tend à montrer que l’hôpital « peut aussi être un lieu de douceur et d’imaginaire », explique Marie-Christine Adam, marraine de l’Association PharmaVie.
Celui de la Timone est le 14ᵉ du genre inauguré en France. Le premier a vu le jour à Cannes en 2015. L’initiative est parrainée à Marseille par l’humoriste Merwan Sali. Depuis sa création, le dispositif a déjà accompagné près de 150 000 enfants, avec environ 2 000 doudous livrés chaque mois dans les services pédiatriques partenaires.
Un outil de réassurance pour les enfants, les familles et même les ados
Au quotidien, les équipes médicales constatent les bénéfices concrets de cette approche. Pour le Dr Carole Coze, praticienne au sein du service pédiatrique, l’Hôpital Mon Toudou s’inscrit pleinement dans une prise en charge globale de l’enfant et de sa famille. Depuis juillet, une quarantaine de doudous ont déjà été remis aux nouveaux patients. « Même les ados sont d’accord pour recevoir une peluche », observe-t-elle.
Le doudou devient aussi un support interactif lors de la préparation aux soins. Habituellement, les soignants utilisent des mannequins pour expliquer certains gestes, comme la pose d’un cathéter central, un petit tube souple inséré dans une veine pour administrer les traitements. Mais dans certains cas, les enfants préfèrent s’exercer sur leur Toudou. « La simulation par le jeu permet de réduire l’anxiété de manière significative », confirme le Dr Coze.
Un impact mesurable sur le stress et la qualité des soins
« Tout ce qui peut aider à améliorer le confort physique et moral des enfants et des familles est important, au même titre que le traitement », insiste le Dr Coze. Les Toudous viennent ainsi compléter d’autres dispositifs déjà en place à l’hôpital, comme les activités sportives ou les interventions associatives.
Les enfants peuvent même conserver leur peluche lors de certains examens, notamment l’IRM. « Une étude a montré que cela réduisait le stress de 10% », précise Marie-Claude Santini. Cette diminution de l’anxiété améliore également la qualité des images produites et permet, dans certains cas, d’éviter le recours à une anesthésie générale.
D’autres ouvertures d’Hôpitaux Mon Toudou sont d’ores et déjà prévues, notamment à Reims et à Lyon. Et à la fin de leur hospitalisation, les enfants repartent naturellement avec leur doudou.
À terme, cet espace a vocation à évoluer. « Cet espace et son matériel ont vocation à être transférés dans le nouvel hôpital femmes-parents-enfants de 45 000 m² qui sera construit juste en face », affirme Adrien Baron, directeur du groupe hospitalier. L’ouverture de ce nouvel établissement est prévue pour 2028.
