Dans le quartier d’Encagnane, l’Atelier Jasmin lutte pour survivre et poursuivre son œuvre de réinsertion. Au cœur de son travail, la couture et le développement de sa marque Les filles de la Canopée.

Dans le quartier prioritaire d’Encagnane à Aix-en-Provence, l’Atelier Jasmin aide depuis 25 ans les femmes en difficulté à trouver un avenir professionnel. Son médium ? La couture. Leur production, composée d’accessoires et de vêtements, se vend en boutique et bientôt en ligne.

Au sein de l’atelier, ce sont aujourd’hui 24 femmes en insertion qui répondent à des commandes textiles d’entreprises, et créent des modèles colorés pour leur propre marque, Les filles de la Canopée. Chacune travaille minutieusement, à l’image d’Ondine qui s’affaire au patronage. L’Atelier ne demande aucun prérequis avant de le rejoindre, il assure lui-même une formation en couture.

Toutefois, l’atelier se trouve aujourd’hui en difficulté. Suite à la perte de subventions et à la faillite de plusieurs clients partenaires, la trésorerie ne permet plus de voir que jusqu’à six mois maximum. Pourtant, les couturières ne baissent pas les bras, comme en témoignent le lancement de leur marque Les filles de la Canopée et leur aventure vers le zéro déchet.

Atelier Jasmin, À Aix, l’Atelier Jasmin tient à un fil entre couture et réinsertion, Made in Marseille
Ondine, membre de l’Atelier Jasmin, travaille au patronage

La couture comme outil d’insertion dans le monde du travail

Désormais dirigé par Renata Ricordeau, entourée de Mathilde (responsable) et Cristina (encadrante), l’atelier propose des contrats de 12 à 16 mois en moyenne. La couture sert avant tout d’outil pédagogique. « Peu importe qu’elles deviennent couturières à la fin, l’objectif est de leur offrir un cadre, un salaire et un accompagnement global (logement, permis, formation) pour retrouver une stabilité », explique Mathilde.

Et c’est l’objectif depuis maintenant plus de 25 ans. Mais à l’origine, l’atelier était un lieu occupationnel destiné à créer du lien social autour de la couture et des costumes provençaux. Il s’est transformé en chantier d’insertion en 2001, avec pour objectif de professionnaliser son activité. Depuis, près de 800 femmes ont été accompagnées vers un emploi durable.

Les filles de la Canopée : la marque écoresponsable de l’Atelier Jasmin

Dans une démarche de professionnalisation, l’Atelier Jasmin a créé sa propre marque en 2021. Les filles de la Canopée a pour objectif de valoriser le travail des femmes, de vendre leurs créations et de réduire la dépendance aux aides publiques.

Les produits sont majoritairement confectionnés à partir de tissus upcyclés : dons d’entreprises, chutes de production ou matériaux de seconde main. L’atelier vise aussi à réduire de 90% ses déchets d’ici 2026 en recyclant les chutes de tissu.

« On ne veut plus qu’on nous associe à du bricolage. C’est de la vraie couture, un vrai savoir-faire », insiste Mathilde. Une marque 100% faite à Aix, avec des accessoires colorés et un travail précis.

Atelier Jasmin, À Aix, l’Atelier Jasmin tient à un fil entre couture et réinsertion, Made in Marseille
Pochettes, chouchous, lingettes démaquillantes…

Entre chantier d’insertion et commercialisation : une double casquette difficile à porter

L’Atelier endosse deux rôles : celui de chantier d’insertion et celui d’une marque commerciale. Un équilibre fragile. Leur chiffre d’affaires ne couvre que 10% des besoins, loin des 20-30% nécessaires.

« On est vraiment dans une situation critique », confie Renata. L’atelier doit à la fois répondre à des commandes, gérer les absences liées aux formations des femmes, et trouver de nouveaux débouchés, « le tout sans compétence commerciale en interne. »

Pour s’en sortir, l’atelier mise sur le développement de partenariats durables avec des entreprises locales. Un partenariat est déjà en cours avec le carnaval d’Aix, pour lequel l’Atelier Jasmin va confectionner 250 pièces de costume pour février 2026.

« Le travail, c’est la base de tout »

Malgré les difficultés, la mission reste intacte : permettre à chaque femme de retrouver un emploi stable, avec un accompagnement sur-mesure. Le taux de réussite est de 70% (sortie vers l’emploi ou une formation qualifiée).

« Aujourd’hui, nous avons besoin de soutiens financiers et de commandes pour continuer à transformer des vies », confirme Renata.

Bât, le Jules Verne, 7 Rue Germain Nouveau, 13090 Aix-en-Provence. Ouvert le lundi, mardi, jeudi et vendredi de 9h à 16h30. Lien pour faire un don ici.
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