Ancienne architecte d’intérieur, Julie Mallet imagine à Marseille des objets et luminaires réalisés en impression 3D. Dans son univers, le design et la durabilité s’entrelacent à travers l’utilisation de matériaux biosourcés et recyclés.

Dans un monde de surconsommation, certains cherchent une autre voie, comme Julie Mallet Studio. Ancienne architecte d’intérieur, cette Marseillaise a décidé de changer de direction pour se reconvertir dans la fabrique numérique.

« Après huit ans dans ce métier, j’en ai eu marre. J’ai vraiment vu des aberrations écologiques dans l’univers de la rénovation. On jette beaucoup les matériaux utilisés. Je n’ai plus envie de continuer ainsi », nous confie-t-elle. 

Des objets en impression 3D

Dans une petite pièce de sa maison, elle se consacre désormais au design d’objets et de luminaires en impression 3D. « Je voulais passer côté fabrication parce que je dessinais toute la journée des espaces intérieurs, du mobilier, des agencements, mais sans vraiment comprendre comment ça se fabrique. J’ai découvert le monde des fablabs où j’ai pu me forger un réel savoir-faire. J’ai commencé à dessiner des créations et à les produire avec l’imprimante. Puis, de fil en aiguille, j’ai ouvert ma boutique en ligne ».

À l’aide de cette machine complexe, elle transforme des filaments de PLA (acide polylactique), un matériau entièrement biosourcé, à base de matières organiques renouvelables, comme l’amidon de maïs, le blé ou la betterave, en vases, en soliflores ou encore en lustres. Engagée dans la revalorisation des déchets et l’utilisation de biomatériaux, elle travaille avec des filaments à base de coquilles de moules, d’huîtres, de Saint-Jacques, et même de briques pilées, pour donner une couleur aux créations.

« Avec un objet en 3D numérisé dans l’ordinateur, je lance un programme sur un logiciel qui s’appelle Slicer. Ensuite, l’imprimante superpose les couches de filaments pour former des modules. En fonction de la pièce que je réalise, je peux ensuite assembler les modules pour créer mon objet ».

impression 3D, Cette créatrice marseillaise imagine des objets déco à base de matière organique, Made in Marseille

Une démarche éco-responsable

Toutes ses créations sont conçues et fabriquées à Marseille. Les filaments utilisés proviennent de Francofil, un fournisseur engagé dans la durabilité et la protection de l’environnement. « J’aime beaucoup travailler avec eux. Ils fabriquent cette gamme d’écoproduits mais ils ont aussi mis en place leur propre système de récupération et de recyclage. Lorsque je termine les bobines de filaments, je les renvoie pour qu’ils les réutilisent et qu’elles servent pour d’autres filaments. Quand je rate une création ou que j’ai des déchets d’impression, c’est pareil ».

Une démarche qu’elle compte également adopter à long terme. « J’aimerais avoir un atelier dans lequel il y aurait un espace de fabrication et un espace de ‘recherche biomatériaux’ pour confectionner mes filaments. Je voudrais aussi mettre en place un système de retour. Quand une lampe ne fonctionne plus, plutôt que de la jeter, je la récupère pour la recycler ».

Pour aller plus loin, elle travaille actuellement dans la confection de ses propres emballages upcyclés, en collaboration avec Endza Kizirian, étudiante en design. « L’objectif est d’expédier mes pièces dans des cartons recyclés sur mesure, et de les protéger avec des tissus également issus du recyclage. J’ai contacté Parasols Flandin à Aubagne qui produit des parasols français afin de récupérer leurs fins de bobines, pour en faire des sacs. C’est important pour moi de pousser toutes ces démarches de recyclage et de récupération jusqu’au bout ».

impression 3D, Cette créatrice marseillaise imagine des objets déco à base de matière organique, Made in Marseille

Des projets sur mesure

Dans cette démarche éco-responsable, la designeuse tient également à limiter ses livraisons à destination de l’Europe, et à produire uniquement à la demande.  

« J’ai très peu de stock, ça évite de surproduire. Lorsque quelqu’un achète, je veux que ça corresponde vraiment à un besoin et que ce soit personnalisé. C’est une manière de produire encore plus consciemment, en ne distribuant pas juste ce que moi j’ai décidé de faire ».

Julie Mallet ne manque pas d’ambition pour la suite. Elle prévoit de développer une gamme de petits mobiliers, comme des tables ou des guéridons. En continuant d’allier création, durabilité et respect de l’environnement.

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