Dans un contexte sanitaire encore instable, les professionnels du tourisme se félicitent d’une saison estivale plus que satisfaisante. Les premiers bilans confirment, cette année encore, l’attractivité de Marseille. Des indicateurs encourageants pour réussir l’arrière-saison.

Cet été encore, les touristes n’ont pas boudé la cité phocéenne. Malgré un contexte sanitaire tendu, avec notamment l’application du pass sanitaire dans les bars, restaurants et certains lieux publics, de l’avis des professionnels du tourisme, « Marseille a su tirer son épingle de jeu ».

Les touristes français et européens boostent la fréquentation des hôtels

Si le chiffre de la fréquentation estivale n’est pas encore connu, la ville a enregistré un taux d’occupation de 80 % en juillet-août dans le secteur de l’hôtellerie, lui permettant d’enregistrer une hausse de 24% par rapport à 2020. « Habituellement, elle est autour de 60 %, mais cet été, nous avons enregistré des taux d’occupation qui ont parfois dépassé 92-93% sur la période du 15 juillet au 15 août. La clientèle française, suisse, belge… a eu confiance dans la sécurité sanitaire française », note Marc Thépot, président de l’Office métropolitain de tourisme et des congrès de Marseille, depuis janvier 2021. Des performances qui dépassent les résultats de l’été 2019, considéré comme une période de référence pour Marseille.

Une destination également prisée sur les plateformes de réservation de dernière minute, notamment grâce à l’annulation sans frais. « La crise sanitaire et les annonces tardives auxquelles nous étions tous suspendus ont incité à changer les comportements », reprend Marc Thépot. « Il y a 5 ans, les séjours de dernière minute représentaient 30% des réservations de moins d’une semaine. Aujourd’hui, c’est 30% pour moins de 48 heures et entre 60 et 70% pour moins d’une semaine », ajoute un hôtelier.

, Avec une affluence touristique en hausse cet été, Marseille a toujours la cote, Made in Marseille
Marc Thépot, président de l’Office Métropolitain de Tourisme et des Congrès.

Le bon coup de fourchette marseillais

Côté restauration, « le pass sanitaire n’a pas eu un impact économique fort en termes de baisse du chiffre d’affaires », affirme Maxime Tissot, directeur de l’Office. Aix-Marseille Provence affiche au contraire une progression d’activité de l’ordre de + 24,1 % du chiffre d’affaires. Selon The Fork*, Marseille fait même figure d’exception en France affichant des taux de croissance des réservations aux tables marseillaises de + 81 % en juillet et + 54 % en août, par rapport à 2019.

Des résultats encourageants, certes, mais à prendre avec prudence pour le patron de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie des Bouches-du-Rhône. « Il y a une différence entre les restaurants de bord de mer et ceux situés en ville. 40% des restaurants sont en ville. Ce n’est pas le même chiffre d’affaires, la fréquentation n’est pas la même ni le type de personnes. Nous ne sommes pas encore sortis de l’ornière concernant ce virus, et cela reste aussi compliqué avec les annonces du jour pour le lendemain », explique Bernard Marty, soulignant la nécessité d’avoir une visibilité. Toutefois, le président de l’UMIH souligne le fait que « le travail collectif et la concertation doivent se poursuivre pour continuer à mieux recevoir les touristes et les clients en général. Ce qui existe doit être amélioré ».

Une clientèle jeune et familiale

Marseille a particulièrement attiré une clientèle jeune et familiale, qui a trouvé une diversité d’offres dans les commerces de l’hyper centre. « On s’en est bien sorti, plutôt mieux qu’en 2020 », souligne d’ailleurs, Guillaume Sicard, président de la fédération des commerçants Marseille Centre. Une relance aidée également par la piétonnisation et la rénovation des places qui ont aussi permis aux Marseillais de renouer avec leur ville. Petit bémol néanmoins sur la sécurité, mais surtout la salubrité. Guillaume Sicard estime d’ailleurs qu’un travail collectif doit être mené vers une Marseille plus propre, en misant davantage sur le tri.

Pour lutter contre la surfréquentation de certains lieux touristiques, à l’instar du Parc national des Calanques, différentes opérations ont été menées sur le terrain dans le cadre d’un programme baptisé « Hors les murs ». 58 saisonniers, bilingues et ayant des connaissances culturelles, historiques et économiques de la ville, solides, ont ainsi été recrutés, formés, et répartis sur sept secteurs clés, avec la mission d’orienter les touristes vers d’autres parcours, « leur faire découvrir un Marseille différent, pénétrer dans les quartiers, aller à la rencontre des habitants et des commerçants », explique Marc Tissot. Un dispositif qui sera renouvelé.

Le retour de la croisière et du trafic aérien

L’été marseillais a également été marqué par le retour des croisières. « C’est un bilan plutôt positif dans un cadre d’une reprise raisonnée et progressive de l’activité », explique Hélène Lebas, déléguée générale du Club de la Croisière. Au total, 6 compagnies de croisière ont assuré des escales régulières entre juillet et août, soit une trentaine, pour environ 100 000 passagers, contre 400 000 habituellement pour la même période. « C’est vraiment dérisoire et c’est difficile de faire la comparaison parce qu’on est vraiment dans une configuration différente, avec le protocole, des bateaux avec une jauge de remplissage limitée… De toute façon, on ne peut pas atteindre les capacités de 2019 », poursuit Hélène Lebas, toutefois confiante pour l’automne et sur une « bonne reprise » en 2022.

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Les croisières reprennent en douceur à Marseille © N.K.

Le trafic aérien au départ de l’aéroport Marseille-Provence s’est bien redressé, dépassant, sans l’atteindre, 60 % du trafic historique de 2019, qui a dépassé les 10 millions de passagers. Près de 600 000 passagers ont été accueillis en juillet et plus de 679 000 en août. « Des tendances quand même assez positives sur la fin de l’année. À la différence de l’année 2020, où on avait assisté à un effondrement du trafic, explique Philippe Bernand, président du directoire de l’aéroport Marseille-Provence. Le point d’optimisme, c’est que lorsque l’offre est en place, la demande est là. Cet hiver, nous allons afficher 85 % de notre offre de 2019, avec 80 destinations (contre 94 en 2019) dans 25 pays (contre 29 en 2019), via 98 lignes (118 en 2019) ». La plateforme, qui a accueilli plus de 2 millions de passagers depuis début 2021, espère dépasser les 4 millions de voyageurs d’ici à la fin de l’année.

Le Congrès mondial de la nature de l’UICN qui s’est tenu à Marseille du 3 au 11 septembre a également eu un effet vertueux sur le tourisme d’affaires. La confirmation de la tenue de l’événement a eu un double impact : redonner confiance aux organisateurs d’événements et, de fait, déclencher des réservations. Un signal positif pour les mois à venir, avec notamment l’accueil en octobre 2022 d’un important congrès lié aux professions juridiques.

Sur ces notes positives, tous les professionnels du tourisme s’activent pour réussir leur arrière-saison, avec un mot d’ordre « jouer collectif », martèle Marc Thépot. À plus long terme, ils se relèvent les manches pour tenter de faire de Marseille une destination touristique plus durable.


* The Fork (la Fourchette) analyse les performances des grandes métropoles au niveau des établissements adhérents de leur centrale de réservation. 

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