Dans la deuxième ville de France, 34 des 481 bureaux de vote n’ont pas ouvert à 8 heures, faute de président. D’autres dysfonctionnements ont été constatés par des candidats aux élections départementales entre autres, entachant la sincérité des scrutins. Retour sur une matinée compliquée à Marseille.

Les témoignages d’électeurs ayant pris le chemin des bureaux de vote et ayant trouvé porte close ne manquent pas. Certains se sont même levés aux aurores pour accomplir leur devoir de citoyens, contraints de retenter leur chance plus tard dans la journée.

Ce dimanche 20 juin, pour ce premier tour des élections départementales et régionales, 34 bureaux sur les 481 que compte la deuxième ville de France n’ont pas ouvert à 8 heures, faute de président. C’était le cas par exemple dans le 11e et le 12e arrondissement de Marseille. Mais également dans le 9e (La Sauvagère), le 10e (école de Saint-Tronc), le 12e (Les Trois-Lucs), ou encore du 13e (école maternelle Les Prairies).

« 9 h 20 dans le canton Marseille 7, 4 de nos bureaux de vote ne sont toujours pas ouverts ! Mais que fait le Maire de Marseille », s’impatience Marine Pustorino, candidate de Martine Vassal, La Provence Unie.

Des voix s’élèvent pour fustiger l’organisation de la Ville de Marseille

Plusieurs voix politiques se sont élevées pour fustiger la Ville de Marseille, organisatrice de l’élection. « Il est absolument inacceptable de constater cette désorganisation qui aura sans doute un véritable impact sur le libre choix des électeurs et favorisera l’abstention à l’occasion de ce premier tour du scrutin départemental » a déclaré La Provence Unie. Un retard à l’allumage synonyme de « désastre sans précédent ».

« Bureaux sans président à l’ouverture, assesseurs et signalétique claire, du matériel électoral absent et des électeurs-rices qui repartent sans voter », dénonce de son côté Mohamed Bensaada pour la France insoumise. Jean-Luc Mélenchon qui a voté dimanche matin à Marseille, s’est également indigné : « À Marseille, l’union de la gôche plus efficace pour ostraciser LFI que pour organiser la démocratie », écrit-il dans un post Twitter.

Le leader de la France insoumise a réclamé «une commission d’enquête sur les conditions dans lesquelles s’est déroulé le vote» du premier tour des régionales.

Assesseurs novices et bug informatique

Idem, pour le Rassemblement national qui y voit une manœuvre électorale. « 11h20. Encore une poignée de bureaux qui ne sont toujours pas ouverts… Et comme par hasard, ce sont des bureaux de vote où nous réalisons systématiquement nos meilleurs scores », déplore Cédric Dudieuzière, binôme de Sandrine d’Angio, tête de liste aux régionales dans les Bouches-du-Rhône.

Face à ces dysfonctionnements, la préfecture des Bouches-du-Rhône a réquisitionné des fonctionnaires. « Comme le prévoit le code électoral dans une telle situation, le préfet a désigné des délégués spéciaux chargés de présider les bureaux et désigner les assesseurs », déclare la préfecture des Bouches-du-Rhône dans un communiqué de presse. « Malgré ces mesures, des retards significatifs ont pu être constatés dans l’ouverture de certains bureaux. Tout est mis en œuvre pour permettre le déroulement des opérations électorales dans les meilleures conditions ».

Vers midi, la Mairie de Marseille, avance le fait que 40 présidents ne seraient pas venus chercher leurs sacoches la veille, sacoches pourtant indispensables à la bonne tenue du scrutin. 20 manquaient encore à l’appel ce matin. Les assesseurs réquisitionnés « ne sont pas habitués et donc l’ouverture des bureaux est plus lente », insistait, par ailleurs, la Ville. Des soucis d’organisation également à mettre sur le compte de « bug informatique sur les listes des présidents ».

Le Printemps marseillais dénonce l’attitude de la droite

Certains élus du Printemps marseillais s’interrogeaient également sur ce nombre de désistements, d’autant que le service des élections n’a pas changé depuis leur arrivée à l’exécutif marseillais. Le climat au sein de Ville avec certains agents municipaux est une explication avancée.

« Nous dénonçons l’attitude de la droite locale sur les réseaux sociaux et les médias visant à faire enfler une polémique allant parfois même jusqu’à diffuser de fausses informations en annonçant la fermeture de bureaux de vote pourtant ouverts ou encore des incidents non avérés », a également réagi, dans un communiqué de presse le Printemps marseillais. Anti-démocratique, cette pratique délétère de certains responsables politiques pourrait avoir pour conséquence de faire augmenter les chiffres de l’abstention en décourageant les électeurs d’aller voter. La bonne tenue de ces élections départementales et régionales est notre priorité ».

Une plainte contre X déposé par Yves Moraine

Selon la préfecture, ses services d’accueil téléphonique étaient saturés d’appels dimanche matin. Vers 13 heures, la situation était rentrée dans l’ordre. Les 481 bureaux de vote étaient ouverts, avec 5 heures de retard. Toutefois, face à la situation, Yves Moraine, candidat de Martine Vassal, dans le canton 12, a décidé de déposer plainte contre X, au commissariat du 8e arrondissement, en compagnie de Sabine Bernasconi, son binôme, selon les informations de La Provence.

Le conseiller départemental sortant évoque une série d’illégalités présumées parmi lesquelles l’ouverture tardive de certains bureaux de vote, des électeurs n’ayant pas reçu dans leurs boîtes aux lettres les professions de foi, ou bien encore « l’interruption du scrutin dans plusieurs bureaux de vote à cause d’une absence des enveloppes bleues » où glisser son bulletin de vote.

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