Quelles mesures pour soutenir et accompagner les TPE-PME du territoire ? Sur l’invitation de l’Ordre des experts-comptables Provence-Alpes-Côte d’Azur, les candidats ou leurs représentants aux élections régionales ont participé à un débat pour préciser les actions de leur programme économique.

« Nous sommes au cœur de l’économie et de la société, donc nous sommes bien placés pour interpeller les candidats ». Colette Weizman, présidente de l’Ordre des experts-comptables Provence-Alpes-Côte d’Azur (Croec) pose le cadre. L’Ordre a décidé de convier les candidats ou représentants aux élections régionales des 20 et 27 juin prochain à débattre, ou plus exactement à préciser leurs actions en faveur des TPE-PME de la région.

Les règles du jeu ? 1’30 chrono, par ordre alphabétique, pour répondre aux sujets énoncés. Jean-Marc Governatori, tête de liste pour l’Ecologie au centre et Hervé Guerrara, candidat de la liste régionaliste « Oui, La Provence » ont répondu présent.

Les autres prétendants à l’Hôtel de Région étaient représentés par Bernard Kleynoff, pour Renaud Muselier, président LR sortant, Franck Allisio pour le Rassemblement national de Thierry Mariani et Carol Boulanger pour la liste « Un notre monde ». Jean-Laurent Félizia pour le Rassemblement écologique et social a « déclaré forfait » quelques minutes avant cette séquence organisée au Sofitel, à Marseille.

« Les entreprises ont résisté »

Avant le débat, l’heure est au constat. En cette période de déconfinement progressif, l’associée dirigeante du cabinet A3A (Marseille) estime que le « quoi qu’il en coûte », du président de la République a fonctionné. Les chiffres de la fin du premier semestre lui donnent « toutes les raisons de cultiver l’optimisme » : une hausse de 6,6 % du chiffre d’affaires dans la région par rapport au premier trimestre 2021 (1er janvier au 31 mai 2021) ; 23 500 créations d’entreprises (13 000 en 2020 et 28 600 en 2019).  Pour Colette Weizman, « l’envie est là, l’esprit d’entreprendre l’est aussi ».

Quant aux ouvertures de procédures collectives, elles ont enregistré une « chute vertigineuse » en 2021, selon le baromètre des experts-comptables, passant de près de 44 000 en 2019, à plus de 13 000 début 2021. Les secteurs de la construction ou du commerce affichent des indicateurs encourageants. Même si les filières liées au tourisme et à l’événementiel ont été très durement touchées, pour la présidente « les entreprises ont résisté, les entrepreneurs sont agiles et font preuve de résilience ».

, Régionales – Quelles mesures défendent les candidats pour soutenir les TPE-PME ?, Made in Marseille

Culture, tourisme et événementiel

En leur qualité de chef de file du développement économique au niveau local, en 2020, les régions ont engagé plus de 2 milliards d’euros de dépenses exceptionnelles en raison de la crise sanitaire, dont une grande partie pour soutenir l’économie et les entreprises. Si pour Colette Weizman « la relance est là », c’est dans cette « période charnière » que les petites et moyennes entreprises doivent être encore plus soutenues.

Comment ? Avec quels dispositifs ? La présidente a souhaité savoir comment les 5 milliards d’euros du contrat de plan Etat-Région seraient articulés pour soutenir la culture, le tourisme et l’événementiel.

Le Rassemblement national, par la voix de Franck Allisio, plaide pour la création d’un nouveau comité régional du tourisme consacré spécialement aux Alpes, quand Hervé Guerrera, chef de file de « Oui, La Provence », milite pour un tourisme plus durable et un peu moins d’activités tertiaires.

20 % du plan Etat-Région sont mobilisables dès à présent rappelle Jean-Marc Governatori, pour l’Écologie au centre, avec l’objectif de créer une plateforme de financement participatif baptisé « Paca Epargne », « où chaque citoyen pourrait abonder ainsi que la Région et ne serviraient que les entreprises du territoire ».

Bernard Kleynoff, représentant Renaud Muselier, s’est exprimé sur la situation des patrons de boîtes de nuit encore fermées, « qui vivent un drame absolu, dans un contexte qu’ils ne comprennent pas toujours puisqu’on a vu réouvrir les clubs échangistes ». Le conseiller régional sortant est revenu sur les dispositifs déjà mis en œuvre et amenés à se pérenniser pour notamment « accompagner les acteurs économiques qui ont été fermés administrativement ». Dans l’urgence, face au mur de la dette, il évoque « un contrat de développement qui va être mis en œuvre au mois d’août pour que l’attractivité soit le moteur des trois secteurs cités ». « La consultation » reste le mot d’ordre de Carol Boulanger pour « Un notre monde ».

Transition numérique et écologique

Pour faire face aux défis de la transition numérique et écologique, Hervé Guerrera souhaite « mieux » orienter la formation professionnelle vers les nouvelles technologies et lance l’idée d’un pôle de compétitivité autour des transports. Jean-Marc Governatori insiste sur une « transition environnementale vitale et créatrice d’emplois », dit-il, souhaitant mieux coordonner les fonds et mieux travailler avec les chambres consulaires et syndicats.

« Parcours Sud Industrie 4.0 » lancé sous cette mandature, pour aider à la digitalisation des entreprises semble être un programme efficace pour le Rassemblement national qui envisage de le poursuivre. Parallèlement, leur programme prévoit la création d’un campus de l’intelligence artificielle et de la blockchain, « un cluster de formation et de recherche des métiers de demain et d’après-demain ».

De son côté, Bernard Kleynoff est revenu sur la Cop d’avance, « épine dorsale de l’économie de la région », avec 1,6 milliard d’euros consacrés au plan climat ; la création du « coach digital » pour accompagner à la digitalisation des entreprises, un fonds d’investissement spécifique pour aider les TPE-PME, et la tenue des États généraux de la relance au mois d’août « car le développement se fait avec, pour et par les entreprises ».

Comment pousser au “choc de consommation” 100% locale ?

Durant la crise sanitaire, les Français ont considérablement épargné. 230 millions d’euros dorment sur les comptes bancaires. « Comment pousser en faveur d’un choc de la consommation pour que les Français utilisent ce bas de laine historique ? », interroge Colette Weizman, avec comme pré-requis le consommer local.

Pour le régionaliste Hervé Guerrera, qui n’affectionne pas particulièrement le terme « choc de consommation », booster l’offre locale passe par « la confiance. Certains parlent de consom-acteurs, c’est vers ça qu’il faut s’orienter en favorisant la production locale ». « La question c’est d’avoir une activité économique compatible avec la biosphère pour aller vers les enjeux de plein emploi et de pleine santé », défend le chef de file de Cap Ecologie. Il plaide pour l’économie circulaire, le développement des énergies renouvelables, les fermes paysannes ou encore la rénovation énergétique comme levier pour « le plein emploi, c’est ça la priorité ».

Difficile de contraindre au « consommer local » note le représentant de « Notre région d’abord », « mais on peut leur donner envie ». Bernard Kleynoff revient ainsi sur la création d’un fonds alimenté par l’épargne publique, quand le RN souhaite la création d’un label « 100% Provence-Alpes-Côte d’Azur », pour valoriser les produits régionaux. « C’est aux Français de décider ce qu’ils veulent faire de leur épargne », estime Carol Boulanger.

Les jeunes et l’entreprise

Le dernier volet concerne les aides aux entreprises pour favoriser l’emploi des jeunes. En la matière, cela va d’un « revenu universel en échange d’une activité d’intérêt général non marchande à temps partiel », pour Jean-Marc Governatori à la création d’un « capital tremplin », pour le RN. Une garantie à 100 % du prêt par la Région pour pousser à la création d’entreprise. En passant, par « la gratuité des transports » pour favoriser la mobilité des jeunes. Proposition d’Hervé Guerrera.

Bernard Kleynoff mise sur l’apprentissage des jeunes et cite, par ailleurs, deux dispositifs d’urgence mis en œuvre : une aide aux entreprises qui embauchent un CDD, CDI ou prennent un alternant ou encore le « chèque réouverture », pour donner un « peu d’oxygène » aux commerces fermés « qui permet de faire basculer un job pour l’été ».

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