Alors que Renaud Muselier annonce des personnalités du parti présidentiel sur sa liste pour les élections régionales des 20 et 27 juin, deux sondages donnent le Rassemblement national en tête au premier et au second tour. En cas de duel, le président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur pourrait-il l’emporter ? La liste de gauche peut-elle être faiseuse de roi ? Que nous disent ces sondages à un mois du 1er tour du scrutin ?

À un mois des élections régionales, selon deux sondages distincts publiés mardi, la liste conduite par Thierry Mariani arriverait en tête du premier tour et pour la première fois du second tour en Provence-Alpes-Côte d’Azur, en cas de triangulaire, devant la liste menée par le président sortant Renaud Muselier (LR).

Dans le sondage Ipsos Sopra Stéria pour France Télévision, le RN arrive en tête dans trois hypothèses testées. Il est crédité de 37% d’intention de vote au premier tour si face à lui il y a une liste LR et une liste LREM, contre 22% pour Renaud Muselier et 17% pour LREM. En cas de liste commune de ces derniers, le candidat du parti lepéniste reste en tête, avec un écart réduit avec 39% contre 34% pour une liste LR/LREM.

Le RN donné en tête dans tous les cas de figures

Pour le second tour, là encore, trois hypothèses ont été étudiées. Pour la première fois, le Rassemblement national sortirait vainqueur avec 38 à 40% des intentions de vote, en cas de quadrangulaire entre RN, LR, LREM et la liste du rassemblement de liste écologiste et sociale menée par Jean-Laurent Félizia. Idem dans une triangulaire qui opposerait LR, RN et cette union des forces de gauche, que Renaud Muselier soit soutenu ou non par les marcheurs.

Cette tendance est confirmée dans le second sondage, Ifop Fudical pour LCI et Le Figaro. Le parti de Marine Le Pen arriverait en tête avec 36% dans l’hypothèse du maintien de la candidate macroniste. Avec deux points d’avance au second tour, il devancerait les listes de Renaud Muselier (27%), Jean-Laurent Félizia (13%) et Sophie Cluzel (11%).

Dans l’hypothèse d’une liste LR soutenue par la majorité présidentielle, ça ne suffit pas non plus. Le RN augmenterait son score avec 38% des voix. Une liste fusionnée LR/LREM emmenée par le président de la Région totaliserait 34%, et celle des partis de gauche 14%.

Au second tour, en cas de triangulaire, Thierry Mariani s’imposerait avec 41% des voix, devant Renaud Muselier (LR/LREM) avec 39% des voix et Jean-Laurent Félizia 20%.

Les leçons des sondages

La dynamique qui était jusqu’alors du côté de Renaud Muselier bascule vers le Rassemblement national, qui profite des désaccords à droite depuis une dizaine de jours, mais également au vu du terrain idéologique porteur pour l’extrême droite, les sondages plaçant la délinquance et l’immigration en tête des préoccupations des habitants en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

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Le RN ancré dans cette région n’est pas une surprise. Comparativement à 2015, les rapports de forces n’ont pas considérablement évolué. La droite, menée à l’époque par Christian Estrosi, avait 15 points de retard par rapport à Marion Maréchal Le Pen. Sa liste avait totalisé 41% de suffrages au premier tour, mais sans réserve de voix au second.

Le retrait de la gauche, dont la liste était menée par l’ex socialiste Christophe Castaner (aujourd’hui à LREM), avait permis à Christian Estrosi de l’emporter avec près de 55% des voix au second tour.

Reste que Thierry Mariani, ancien ministre de Nicolas Sarkozy, pourrait cette fois-ci profiter d’un report des voix d’ex-fillonistes et d’anciens militants du RPR notamment dans le Vaucluse et dans le Var.

L’hypothèse d’un front républicain pour faire barrage au Rassemblement national n’est pas testée dans l’enquête Ipsos. En cas de duel, Thierry Mariani pourrait-il battre Renaud Muselier ? Dans cette configuration, même nettement en-deçà dans les suffrages et en ordre dispersé, la gauche apparaît comme faiseuse de roi, car de sa décision pour le second tour peut dépendre l’identité du vainqueur ; au risque une nouvelle fois de ne pas avoir d’élus de gauche dans l’hémicycle régional.

Seront-ils disposés à un nouveau sacrifice ? La décision sera prise « en responsabilité de manière collective le moment venu », assurait Jean-Laurent Félizia, lors de la conférence de presse de présentation des candidats la semaine dernière.

Le candidat garde un goût amer de la fameuse « conférence consultative régionale », promise par Christian Estrosi à la gauche lors de son désistement en 2015, qui n’a tenu que deux réunions seulement.

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Le match peut-il encore se gagner pour Renaud Muselier dans le second tour, car la seule hypothèse dans laquelle il perd dans tous les cas, reste celle d’une quadrangulaire ? Le pari pour Renaud Muselier est de réussir à conserver les électeurs LREM. Dans le sondage Ipsos, 79% des électeurs qui auraient voté pour Sophie Cluzel au premier tour se disent prêts à voter pour la liste de Renaud Muselier au second.

Le président de la fédération Les Républicains devra également convaincre ses propres électeurs dont certains sont tentés par le RN, compte tenu de la situation à droite.

Renaud Muselier a déposé sa liste dans la matinée. Sur France Bleu Provence, il annonçait qu’y figurent des membres de LREM, d’Agir et du Modem, « mais il n’y a pas ministre, il n’y a pas de parlementaire », précise-t-il. « Je veux avoir une liste qui soit représentative de l’action régionale ». Christian Estrosi portera la liste dans les Alpes-Maritimes, même si le maire de Nice a démissionné des Républicains il y a quelques jours.

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