Depuis la rentrée 2015, 12 chefs de restaurants gastronomiques de Marseille ont chacun pris sous leurs ailes et dans leur cuisine une femme sans emploi pour la former au métier de cuisinier. Des initiatives non pas individuelles mais collectives, regroupées dans le programme « Des étoiles et des femmes » qui a pour but de permettre à des femmes en difficulté des quartiers Nord d’avoir accès à une formation gratuite et de qualité pour obtenir un CAP cuisine.

chefs, [Reportage] Quand les chefs marseillais se mobilisent pour les femmes sans emploi, Made in Marseille
Les stagiaires et les Chefs lors de la visite du ministre de la ville, M. Kanner, le 30 octobre 2015 au Sofitel de Marseille.

Faire travailler en binôme 12 chefs de restaurants gastronomiques marseillais avec 12 femmes en difficulté des quartiers nord : tel est le concept du programme « Des étoiles et des Femmes » lancé pour la première fois à la rentrée 2015 à Marseille. Pendant un an, ces 12 femmes vont retourner sur les bancs de l’école pour suivre une formation en alternance au lycée hôtelier de Bonneveine (8ème) et des semaines de stage dans les établissements de leur mentor respectif.

« Grâce à cette formation de qualité, les stagiaires pourront décrocher un CAP cuisine qui, nous l’espérons, leur permettra d’avoir plus facilement accès à l’emploi », avance Floriane Rieu, coordinatrice du projet à La Table de Cana, restaurant et entreprise d’insertion à l’origine de l’opération.

Une formation et des établissements de qualité

12 restaurants gastronomiques se sont portés volontaires pour chacun accueillir une stagiaire dans leur cuisine de septembre à juin et leur apprendre le métier. Dans la liste, se trouvent notamment des restaurants étoilés comme l’InterContinental ou l’Épuisette, mais aussi des établissements reconnus de Marseille : le Sofitel, les deux Pullman, le Mercure… En alternance, au rythme de six semaines de cours et quatre semaines de stage, les 12 stagiaires suivent également une formation au lycée hôtelier de Bonneveine, dans les quartiers Sud, pour préparer leur CAP cuisine. Toutes bénéficient en plus d’un coaching et d’un accompagnement global dispensé par La Table de Cana pour, par exemple, leur permettre de passer leur permis de conduire ou trouver une place en crèche et lever ainsi leurs freins à l’emploi.

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L’InterContinental de Marseille, aussi connu sous le nom de l’Hôtel Dieu, fait partie des établissements partenaires du programme.

Un programme vecteur de lien

Le programme « Des étoiles et des femmes » est directement inspiré de celui lancé depuis 2010 par Alain Ducasse à Sarcelle (Val-d’Oise) et baptisé « 15 femmes en avenir ». Mais il a été pensé et adapté aux problématiques marseillaises afin de mettre en corrélation l’offre et la demande dans le secteur de la restauration.

« Le programme permet de faire le lien entre, d’un côté, des restaurants qui ont besoin de main-d’œuvre formée et qualifiée qu’ils ont du mal à trouver et, de l’autre, des femmes au chômage issues des quartiers et qui n’arrivent pas à trouver un travail à cause de freins divers (manque de qualification, problème de mobilité ou de garde d’enfants, etc…) », explique Floriane Rieu.

Grâce à la situation géographique du lycée hôtelier de Bonneveine, au Sud de Marseille, l’opération permet en plus de créer une mixité entre les quartiers Nord et Sud de la ville, « deux mondes qui ne se côtoient pas forcément », comme le souligne Floriane Rieu.

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Le programme est adapté de celui baptisé « 15 femmes en avenir » mis en place par Alain Ducasse (au centre) depuis 2010 dans le Val-d’Oise.

Financement à la fois public et privé

Pour mener à bien ce programme, La Table de Cana a pu compter sur des acteurs aussi bien publics que privés. Si la formation au lycée hôtelier et la rémunération des stagiaires est financée entièrement par Pôle Emploi, tout ce qui relève de l’accompagnement global et périphérique est assumé en partie par l’État et des acteurs privés. Parmi ces derniers, quatre fondations d’entreprise : Carrefour, Société Générale, Caritas et Solidarity Accord.

Il est encore trop tôt pour le moment pour savoir si le programme va être réitéré l’année prochaine. Mais une chose est sûre : il a vocation à se pérenniser, confie Floriane Rieu. Si l’opération suit les traces de son ainée, aucun doute qu’il lui reste de beaux jours devant elle, car l’expérience d’Alain Ducasse affiche de très beaux résultats : 100% de réussite au CAP cuisine et 65% de retour à l’emploi.

Par Agathe Perrier

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