Pour une partie de la base militante et citoyenne du Printemps marseillais, la démission de la maire Michèle Rubirola au profit du socialiste Benoît Payan est un désaveu de la politique de démocratie participative prônée par l’union de la gauche marseillaise. Alors qu’une mobilisation est prévue ce lundi, la majorité municipale se veut rassurante sur la question et annonce, entre autres, le lancement de budgets participatifs en 2021.

Après la démission de Michèle Rubirola de ses fonctions de maire de Marseille, les collectifs citoyens sont montés au créneau pour dénoncer l’absence de démocratie participative promise par le Printemps marseillais. Notamment dans le choix imposé de son successeur. « La dynamique populaire n’aura pas lieu avec Benoît Payan pour maire », nous lançait Pierre-Alain Cardonna, membre de l’association Un centre-ville pour tous. Pour exprimer leur position, une pétition a été lancée et une mobilisation est prévue ce lundi 21 décembre, devant la mairie, jour de l’élection du prochain maire de Marseille.

« Nous comprenons les crispations. Nous entendons naturellement et avons lu les demandes des différents collectifs. Je ne sais pas quelle sera l’ampleur de la mobilisation prévue lundi [aujourd’hui] mais si ce jour-là nous devons aller à leur rencontre, nous le ferons », assurait l’adjoint aux finances Joël Canicave, il y a quelques jours. L’élu réaffirme que la ligne de la majorité n’a pas changé.

« La municipalité nouvelle portera l’ambition d’une ville qui se relève avec ses habitants. Ils doivent faire part de leurs expertises d’usage et de leurs aspirations pour les biens communs en trouvant, dans les conseils de quartiers qui seront créés [Cica, comité d’initiative et de consultation d’arrondissement, ndlr], un véritable espace public de discussion et de proposition », indiquait le programme du Printemps marseillais. Une position que les citoyens et militants considèrent remise en cause par les derniers événements.

« Le Printemps marseillais sera au rendez-vous de la démocratie en 2021 »

L’adjoint en charge de la démocratie locale, Théo Challande, estime que la crise sanitaire, « l’héritage de l’ancienne municipalité » et les six mois d’exercice n’ont pas encore permis de mettre en place les dispositifs de gouvernance participative promis par le Printemps marseillais. « Mais nous y travaillons activement avec un groupe dédié depuis quatre mois », assure-t-il.

« Le Printemps marseillais sera au rendez-vous de la démocratie en 2021 », promet l’élu. Avec des premiers dispositifs déployés « en un ou deux temps l’année prochaine ». La priorité devrait concerner les fameux budgets participatifs. L’objectif : donner aux Marseillais le choix dans les moyens et les projets pour leur quartier. Joël Canicave affirme de son côté que « pour Benoît Payan, il faut qu’ils émergent en 2021 ».

, Le Printemps marseillais veut lancer les budgets participatifs en 2021, Made in Marseille
Théo Challande et Michèle Rubirola

Droit de pétition, assemblée citoyenne du futur, observatoire de l’action municipale…

La mise en place d’un tel dispositif dans chaque mairie de secteur sera pilotée par les Cica [comité d’initiative et de consultation d’arrondissement, ndlr] pour les projets d’intérêt général, qui pourront être soumis au vote des habitants. « Ces conseils citoyens devront être mis en place dans chaque mairie de secteur », poursuit Théo Challande, « et nous veillerons que ce soit le cas aussi dans celles qui ne sont pas tenues par le Printemps marseillais », précise-t-il.

« Le droit de pétition, l’assemblée citoyenne du futur [portée par Sébastien Barles, adjoint à la transition écologique] », sont également en cours d’élaboration ajoute Théo Challande. Le programme de l’union de la gauche marseillaise envisageait également la création d’un Observatoire de la démocratie et de l’action municipale, afin que chaque habitant puisse « contrôler l’action municipale au sein d’une instance indépendante ».

Des mesures très attendues par la base citoyenne et militante du Printemps marseillais. Comme nous le confiait ici Pierre-Alain Cardonna : « il n’y a pas trois pistes : soit ça change, soit ça ne change pas et la suite sera violente [politiquement, ndlr] ».

Loïs Elziere avec Narjasse Kerboua

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