En septembre 2021, dans le quartier de la Joliette, une enseigne d’un genre nouveau devrait voir le jour : La République. Un restaurant solidaire permettant à des personnes en situation de précarité de bénéficier d’un repas pour 1 €. Cette adresse se veut accessible à tous et incite à l’unité.

On dit que la cuisine réunit. Et une fois encore, des Marseillais le prouvent en lançant le concept inédit sur le territoire d’un restaurant solidaire, dans lequel chacun est libre de profiter d’un repas de qualité, accessible aussi à des personnes en situation de précarité. Imaginé par Gourméditerranée et l’association Collectif Solidaire, le lieu devait au départ être nommé Raviscoula, terme provençal préfigurant le projet, celui de la générosité et du partage.

Mais c’est finalement le choix de l’espace qui aura eu raison de la nomination : La République. Un nom impérieux, et pour cause, il puise sa source de l’une des artères les plus emblématiques de la cité phocéenne, la rue de la République, réunissant par ses extrémités le Vieux-Port et la place de la Joliette. Un projet qui devrait voir le jour en septembre 2021.

120 places en intérieur et une centaine de places pour la terrasse seront accessibles aux Marseillais. Un projet d’envergure monté de toute pièce par Sébastien Richard, président de la structure, et Sylvain Martin, vice-président.

Une offre gastronomique qualitative pour tous

Ce restaurant est le fruit de la collaboration entre le chef marseillais et du Collectif Solidaire. « On s’était croisé avec Sébastien pendant le 1er confinement, note Sylvain, co-fondateur du collectif. On se demandait comment organiser les repas avec les commerçants et les démunis. Sur Marseille, on arrive à réaliser 600 repas par jour. On a aussi livré 20 tonnes de denrées  aux associations locales. Le collectif est un facilitateur pour les ressources, avec la logistique et la récupération d’invendus. On ne voulait pas s’arrêter en si bon chemin ».

Si à Paris et Bordeaux des restaurants solidaires de ce type ont déjà vu le jour, les deux acolytes ont cherché à aller plus loin dans la démarche, en proposant une offre qualitative à leurs clients. « Dans ces villes, ce sont plus des cantines pour les plus démunis que réellement des restaurants. On voit les choses à plus grande échelle. Nous allons permettre à des gens de tous horizons de se rencontrer en donnant un maximum de dignité aux personnes qui n’ont pas pour habitude de manger des plats de qualité ».

Pour cela, les gérants de la future enseigne se sont rapprochés des réseaux associatifs locaux pour imaginer un système de réservation bien précis. Car les personnes en situation de précarité devront respecter certains critères pour pouvoir accéder au lieu, notamment sur leur condition sanitaire. « La veille ou le jour-même, le 115 ou les associations de quartiers nous préviendront de l’arrivée des familles. Celles-ci viendront, comme tout autre client, manger, mais paieront leur repas 1 €. Car cela fait aussi partie de la dignité humaine de pouvoir payer ce qui est consommé. Nous n’accepterons pas les personnes qui ne se présentent pas dans des conditions d’hygiène acceptables à table, par contre, nous leur garderons toujours des denrées pour en faire la distribution en aval ».

Sur chaque service, le restaurant allouera 50 % des places à des clients classiques qui paient leurs repas et 50% à des bénéficiaires qui ne paient qu’un euro par personne.

NOGA : le restaurant social du cours Julien
À Marseille, un restaurant social et solidaire existe déjà sur le cours Julien. NOGA distribue chaque jour de la semaine entre 400 et 500 repas chauds et gratuits aux plus démunis.

Rudy Ricciotti dans l’aventure

Le restaurant prendra donc place dans l’ancien Café parisien et sera ouvert 7 jours sur 7, matin, midi et soir. À cette nouvelle aventure se joindront des parrains et marraines emblématiques (voir l’encadré) qui ont marqué la ville, à « l’aura nationale qui permettra de rendre ce lieu visible partout ». Côté architecture, Rudy Ricciotti est également aux manettes pour imaginer un espace de vie conforme aux attentes des deux protagonistes.

Et ils ne s’arrêtent pas là, puisqu’ils pensent déjà à faire vivre la rue en accueillant différents événements et d’autres associations locales. D’autre part, suivant le modèle parisien, un supermarché gratuit serait aussi à l’étude pour permettre aux associations de se fournir quotidiennement en produits alimentaires et autres.

Lutter contre l’exclusion et la pauvreté

Se rajoute aussi au projet la nouvelle structure associative “La Petite Lili”, visant l’insertion professionnelle et la lutte contre la précarité. Elle aura pour fonction d’administrer le restaurant et d’être le véhicule d’investissements et de dons. Un food truck électrique est quant à lui annoncé ; il apportera directement dans certains quartiers un soutien aux habitants et pourra renforcer les actions mises en place par la Ville de Marseille.

Côté resto, une cuisine “simple et méditerranéenne, utilisant des produits locaux respectueux de l’environnement  favorisant l’emploi d’invendus” sera préparée et servie par des employés dont les 3/4 seront en insertion professionnelle, en partenariat avec un IAE. L’établissement a pour vocation de créer une vingtaine d’emplois. « Marseille brille par la diversité de ses habitants mais également par sa cuisine et ses chefs. Nous pouvons en un seul lieu emblématique de Marseille, réunir le meilleur de notre ville : sa générosité, son talent, son énergie, sa créativité et son goût du partage », conclut Sébastien Richard.

Pour parfaire son dispositif, une cagnotte a été lancée sur la plateforme Kisskissbankbank afin que les Marseillais puissent prendre part à ce projet solidaire.


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