Face au Covid-19, plusieurs villes françaises déploient des “rues aux écoles” : piétonnisation et signalétique forte pour une meilleure gestion des flux de parents et enfants. Dans cette logique, la Ville de Marseille expérimente une « place aux minots », et devra s’entendre avec la Métropole pour développer les « rues aux enfants ».

Il n’y a pas que les “coronapistes” qui ont fleuri depuis le déconfinement dans les villes de France, face à la crise sanitaire. Des “rues aux écoles” ont également été déployées dans plusieurs métropoles.

Un dispositif de signalisation, de gestion des flux et de piétonnisation des artères où se trouvent des établissements scolaires. En plus de sécuriser et d’apaiser le secteur pour la sécurité des enfants, l’objectif est de permettre une meilleure circulation et distanciation sociale face à l’épidémie de Covid-19.

Lyon en a inauguré 12 pour la rentrée de septembre, Lille en attend deux pour le retour des vacances de la Toussaint. De son côté, Paris a vu les choses en grand avec près de 65 “rues aux écoles” aménagées avant l’été. Aujourd’hui, la capitale compte 122 rues scolaires en piétonnisation totale ou partielle.

Marseille inaugure une « place des minots »

À Marseille, l’heure est encore aux tests. Depuis le 12 octobre, l’école des Abeilles (13001) fait l’objet d’une « expérimentation qui pourra nourrir d’autres projets de “rues aux écoles” », explique Marie Batoux, adjointe de la maire de Marseille à l’Education populaire.

Baptisée la « place des minots », il s’agit avant tout de « matérialiser par des dessins au sol la présence de l’école, et la direction des flux pour que les parents évitent de se presser tous au même endroit en période de crise sanitaire. Je ne sais pas si vous avez assisté à l’arrivée des enfants et parents le matin, mais ce n’est pas très “Covid friendly” ».

Double objectif donc, pour l’élue : « apaiser les abords de l’école par une signalétique forte afin que tout le monde comprenne que c’est une zone scolaire, et qu’il faut adapter son comportement. Et faire respecter et rappeler les bons gestes face à l’épidémie ».

« Il faut aller plus vite et plus loin »

Qu’en est-il des aménagements plus profonds, avec notamment des piétonnisations partielles ou complètes de rues ? C’est ce que demande le collectif des écoles de Marseille, dont Julien Houles est membre. Il aimerait « qu’il y ait la même énergie et la même urgence qu’à Paris ».

Avant d’envisager des aménagements structurels pour apaiser la circulation autour des établissements scolaires, le parent d’élève estime que des solutions d’urgence existent : « Il faut aller plus vite et plus loin, dès maintenant ! Après un inventaire des mairies de secteurs sur les rues piétonnisables (présence ou non de parking, possibilité de déviation), on peut mettre des plots provisoires en plastiques ou des jardinières, comme dans la capitale. Ou faire appel à la police municipale aux heures d’ouverture ».

Le collectif a d’ailleurs interpellé la nouvelle municipalité sur les réseaux sociaux. L’adjointe à la maire en charge de la place de l’enfant dans la ville, Sophie Guérard, n’a pas manqué de répondre que le travail est en cours.

Des « rues aux enfants » attendues au printemps

Interrogée par made in marseille, l’élue tempère les ambitions “parisiennes” du collectif des écoles : « Nous regardons ce qui se fait dans la capitale, mais ce sera du cas par cas. Avec Mathilde Chaboche [adjointe à l’urbanisme, ndlr] et l’Agam (agence d’urbanisme de Marseille), on commence les réunions de travail pour définir nos intentions de manière technique et établir une feuille de route précise ».

De son côté, comme demandé par le collectif des écoles de Marseille, Marie Batoux affirme que l’équipe municipale « s’appuie sur la situation pour catalyser et réfléchir plus vite que si il n’y avait pas ce contexte sanitaire ». La même logique qui a poussé le déploiement des “coronapistes”.

Mais Sophie Guérard semble plutôt partisane d’un travail de long terme. « Ce n’est pas la crise sanitaire qui me guide mais une vision structurante ». Les “rues aux écoles” ne fleuriront pas ces prochains mois, mais plutôt « des rues aux enfants », dans un temps plus long.

L’ambition est d’y « généraliser des zones à 30 km/h avec des ralentisseurs. Déployer une signalétique colorée, et un mobilier urbain signifiant pour que personne ne puisse ignorer que des enfants vivent dans cette rue ». Et enfin, « quand ce sera possible, piétonniser la rue entièrement, ou partiellement aux heures d’entrées et de sorties ».

Question calendrier, « soyons prudents. Mais nous tablons sur le printemps pour déployer deux ou trois rues tests », poursuit l’adjointe en charge de la place de l’enfant dans la ville. « Sur les aspects techniques relevant de la municipalité », précise-t-elle.

Travailler avec la Métropole

Car c’est la Métropole Aix-Marseille-Provence qui détient la compétence de l’aménagement de la voirie. Comme pour l’aménagement des pistes cyclables, il faudra que la Ville et l’intercommunalité s’entendent sur une vision commune. « Je suis à la commission métropolitaine “Voirie”, donc je pourrai faire remonter nos requêtes », assure Sophie Guérard.

De son côté, la Métropole confirme que « la programmation de travaux de voirie, qui relève du Conseil de territoire [organe local de la Métropole], se discute annuellement sur proposition des mairies de secteur ».

La collectivité affirme également que ces aménagements des abords d’écoles sont « totalement en phase avec les orientations du Plan de déplacements urbains (PDU) concernant l’espace public et le partage de la voirie. La question de l’apaisement autour des écoles fait partie des sujets qui seront précisés dans les PLM (plan locaux de mobilité) en application des actions liées à l’apaisement et au partage des espaces publics ».

Il semble donc que les processus de décision publique ne permettront pas de répondre aux attentes du collectif des écoles en termes de calendrier. Mais concernant les attentes en termes d’aménagements, la Ville et la Métropole marquent leur volonté de les réaliser.

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