Avec l’aide de la start-up C4Diagnostics, installée à Luminy, les marins-pompiers de Marseille traquent le virus du Covid-19 dans l’air et sur les surfaces. Une première en Europe.

Leur mission : protéger et traquer le virus partout où il se trouve. Le bataillon de marins-pompiers de Marseille et l’entreprise de biotechnologie C4Diagnostic ont monté le projet COMETE (pour COvid-19 Marseille Environnemental TEsts). Ensemble, ils ont développé une solution technologique capable de détecter les traces du Covid-19 dans l’environnement grâce à des prélèvements de surfaces, mais aussi aériens.

La solution permet de détecter la présence de l’ADN du virus à des seuils très bas et « grâce à une somme de protocoles mis en place, on sait comment le prélever, comment le transporter dans des milieux particuliers, l’analyser et le caractériser », explique le contre-amiral du bataillon des marins-pompiers de Marseille, Patrick Augier.

Comment ça marche ? Les prélèvements de surfaces sont effectués à l’aide de gros écouvillons « de 10 centimètres par 10 centimètres », précise le contre-amiral. Ils sont ensuite placés dans une solution de conservation qui permet de préserver l’ARN du virus s’il est présent. Ils sont analysés par la start-up HalioDX, aussi installée à Luminy, et partenaire de l’opération. Pour ce faire, elle extrait le fameux ARN, transformé en ADN pour faciliter la lecture de son code génétique, qui est ensuite amplifié. « Cela permet de repérer le virus même quand sa présence est très faible », assure Patrick Augier. Il faut en moyenne sept heures pour obtenir le résultat.

, A Marseille, les marins-pompiers et C4Diagnostics traquent le Covid-19 dans l’environnement, Made in Marseille
© Bataillon des marins-pompiers de Marseille.

1000 prélèvements à ce jour

Grâce à leurs laboratoires-mobiles, les marins-pompiers sont en capacité de réaliser ces tests en une heure, « où là, pour avoir une efficacité en nombre, on fait tourner deux appareils qui permettent l’analyse de 100 prélèvements à la fois, sur un total de 200 prélèvements par jour. On fait ça une fois par jour, avec une séance d’analyse en fin de journée », poursuit Patrick Augier.

À ce jour, 1 000 prélèvements ont été effectués, essentiellement sur la ville de Marseille et dans le département des Bouches-du-Rhône. 4 à 5 % des prélèvements sur les surfaces se sont révélés positifs au coronavirus, notamment sur des sites où des personnes ont été contaminées. Mais aucune trace du Covid n’a été retrouvée dans l’air.

Une solution pour le déconfinement

Les sites publics sont pour l’instant privilégiés, principalement dans la cité phocéenne. Un dispositif qui permettra à l’heure du déconfinement la mise en œuvre de protocoles de désinfection déjà expérimentés par les marins-pompiers : « Notre priorité, c’est de défendre les Marseillais. C’est notre mission essentielle qui se résume dans cette phrase. Donc la première chose que l’on a faite, c’est de mettre ça en application dans nos casernes pour protéger les marins-pompiers et s’assurer que nous avions de bons protocoles de désinfection, notamment sur nos ambulances. C’est très important pour nous d’être sûrs qu’après avoir transporté un malade du covid, le malade suivant qui s’est fait une entorse ne l’attrape pas », poursuit le contre-amiral.

Le dispositif s’étend désormais aux services de la Ville. Il pourra notamment servir avant la réouverture des écoles, mais aussi dans le secteur privé, comme les Ephad et les entreprises.

Si la technologie existe, « avec le soutien bienveillant de l’IHU » et d’autres partenaires privés, sa pérennité dépendra aussi des soutiens financiers des collectivités.

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