A la veille du week-end de Pâques, le préfet des Bouches-du-Rhône appelle à « la responsabilité de tous » pour respecter les mesures de confinement. Les contrôles vont se multiplier sur le réseau routier de la région.

A la veille d’un week-end de Pâques pas comme les autres, et important habituellement en termes de déplacements, le préfet a prévenu « qu’il ne devait pas en être ainsi cette année. Du fait de l’ensoleillement, le risque existe que le principe du confinement ne soit pas suffisamment bien appliqué ».

Ainsi, les réseaux autoroutiers, routiers (nationales et départementales), des deux régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur, seront sous haute surveillance. Forces de police et de gendarmerie veilleront à faire appliquer les mesures de confinement. « Nous ferons tous les contrôles qui seront nécessaires pour faire appliquer les mesures de confinement. Dans chaque ville et chaque village pour dissuader ou sanctionner. Il ne faut pas de relâchement dans la période actuelle », a insisté le représentant de l’Etat.

Éviter les déplacements qui ne nécessitent pas une urgence

Dans les faits, un automobiliste qui a décidé de se rendre dans un lieu de villégiature, s’il est contrôlé sans motifs valables, sera renvoyé chez lui, s’il est encore à proximité de son point de départ. Et quoi qu’il arrive, il sera verbalisé. « Il faut éviter tous déplacements qui ne répondent pas à un objectif impérieux ou motivé par une urgence ».

Le préfet des Bouches-du-Rhône a pris un arrêté interdisant la location, à titre touristique, des chambres d’hôtels ainsi que des meublés de tourisme ou de tout autre logement destiné à la location saisonnière situés sur le territoire du département des Bouches-du-Rhône jusqu’au 15 avril 2020. Il a, par ailleurs, rappelé, que plusieurs arrêtés visant à interdire l’accès à certains sites attractifs comme les massifs forestiers ou encore les plages, ont également été pris dès le début de la période de confinement.

Dans ce contexte particulier, Pierre Dartout lance un appel à la « responsabilité de tous. Il est tentant de sortir, mais vitale que nous restions bien accrochés à ces règles de confinement ».

Marchés, jogging, transports : réguler la situation dans un contexte de confinement

« A Marseille, nous avons dû prendre un certain nombre de décisions pour éviter les rassemblements de personnes », a-t-il précisé, faisant également référence à la fermeture, hier, du marché aux puces. Des solutions de substitutions sont en cours d’études, notamment du côté de la Ville de Marseille, pour pallier au manque de commerces dans ce secteur de la cité phocéenne. « Dans cette partie de la ville, il y a des problèmes d’approvisionnement notamment pour les produits frais. Je comptais fermer ce marché au moment où seulement nous aurions une solution de substitution, mais cela n’a pas été facile. Nous travaillons pour trouver une solution dans les meilleurs délais ».

Concernant la pénurie de masques, la situation est moins tendue qu’elle ne l’a pu l’être, il y a quelques semaines, avec de réels difficultés d’approvisionnement, lorsque la Chine, notamment était complètement fermée. Les livraisons en provenance d’Asie ont pu reprendre, malgré les aléas, avec des arrivages à destination des établissements hospitaliers et des Ephad, et pour les professionnels de santé de ville.

Et sur le port du masque…

Même si la capacité du nombre de masques disponibles a pu augmenter, d’une part par l’achat par l’Etat et les collectivités territoriales, mais aussi par la fabrication de masques en tissu, le préfet souligne « qu’il n’y a pas une capacité de masques considérables », et que « dans les consignes que nous recevons, il est bien précisé que le masque est surtout réservé aux personnes en contact direct avec d’autres personnes ». Il évoque notamment le redémarrage de certaines activités comme le BTP, « il faudra dans certaines situations, le port de masque. Dans les autres situations, il n’y a pas de nécessité absolue ».

Dans un contexte de déconfinement, des réflexions sont menées par les scientifiques et juristes pour déterminer la nécessité du  port du masque obligatoire pour toute la population. « Ce sont uniquement des réflexions, aucune décision n’est prise. Il n’y a pas de disposition concernant le port du masque dans le rues », précise le préfet.

Pour l’heure après discussion avec le préfet de police, Pierre Dartout affirme ne pas voir l’utilité de mettre en place un « texte particulier », sur le département des Bouches-du-Rhône pour réguler les horaires de jogging. « Les contrôles peuvent être effectués sans ça, il suffit d’être présent ».

Sur-fréquentation dans les transports en commun

Ces derniers jours, la sur-fréquentation des transports en commun et de ce fait, le non-respect de la distanciation sociale a alerté la Préfecture. Pierre Dartout s’est entretenu avec la RTM sur le sujet, et devait cet après-midi échanger avec la présidente de la Métropole Aix-Marseille Provence, Martine Vassal. « J’appelle l’attention de la présidente là-dessus ».

Il a indiqué qu’il se renseignerait également sur les « bonnes pratiques » qui peuvent exister ailleurs, pour apporter une réponse sur le territoire, répondant aux mesures en vigueur.

Enfin, sur le comité de pilotage mis en place par la Ville de Marseille. Le préfet n’a pas été sollicité, mais il estime que c’est une bonne chose. « C’est mieux comme cela. Chacun dans son rôle », tout en continuant « collaborer. Je ne souhaite pas avoir de relations conflictuelles avec les maires. Il faut la mobilisation de tous et dans le même sens. Nous souhaitons avoir des relations de travail décrispées avec les collectivités. »


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