Cette nouvelle édition prend une nouvelle dimension. Plus de 150 start-up et incubateurs africains, méditerranéens et européens seront présents, à thecamp, le campus du futur, avec pour la première fois, autour de l’Afrique, une forte implication de la Commission européenne et de nombreuses organisations méditerranéennes dans le sillage du Sommet des rives. Rencontre avec son fondateur.

, Emerging Valley, l’événement qui connecte les start-up européennes et africaines, Made in Marseille

Made in Marseille : Comment est né l’événement Emerging Valley ?

Samir Abdelkrim : Emerging Valley, c’est une aventure qui a démarré après un travail de terrain, que j’ai réalisé en Afrique, en tant que chroniqueur au Monde. C’était une exploration pendant trois ans, dans plus de 30 pays, des écosystèmes d’une centaine de start-up africaines, d’accélérateurs et d’incubateurs.

Quand je suis revenu à Marseille, j’avais deux projets : écrire cette histoire de la tech africaine, au travers de ce livre “Start-up Lions”, qui a eu un beau succès et qui a été préfacé par Xavier Niel. Dans un deuxième temps, faire dans un esprit de retour de « give back » sur mon territoire un événement en partant de l’idée : avec ce bouillonnement d’innovations en Afrique, comment positionner Aix-Marseille, qui est le plus légitime en Europe, économiquement, géographiquement, sociologiquement, démographiquement pour être cette passerelle, entre l’Europe, la Méditerranée et l’Afrique, sur l’innovation et sur l’entrepreneuriat innovant. Ça a donné naissance à Emerging Valley.

Quel bilan tirez-vous des deux premières éditions en 2017 et 2018 ?

Après la première édition en 2017, il y a eu en 2018 un vrai passage à l’échelle, avec la participation de 100 start-up africaines, un portage par le président de la République, une labellisation « Digitale Africa » [l’initiative lancée par la Présidence de la République et pilotée par l’Agence Française de Développement, ndlr] et la convergence de nombreux incubateurs africains, qui se sont réunis pour faire du business pendant deux jours.

Cela a débouché sur de nombreux contrats ; ou des start-up entre elles ont décidé de monter des joint-venture (association d’entreprises) pour grossir ensemble en Afrique. Ou encore des entreprises du territoire se sont connectées avec des start-up africaines et des entreprises qui sont venues à Emerging Valley ont ouvert des antennes à Aix-Marseille.

Par exemple, parmi la délégation tunisienne, plusieurs ont ouvert des bureaux à Marseille, dans le numérique. Une start-up ivoirienne dans la green-tech qui travaille sur l’accès à l’énergie propre s’est implantée au Technopole de l’Arbois. Ça a eu des retombées concrètes, et là on veut aller plus loin.

Alors que nous réserve Emerging Valley 2019 ?

En 2019, on monte encore en puissance, avec un partenariat fort avec la Commission européenne. Cette année, il y aura des cessions dédiées de speed-dating entre les incubateurs européens, méditerranéens, africains et ceux du territoire. On a travaillé sur ces rencontres avec Provence Promotion et Aix-Marseille French Tech notamment.

Quelles seront les principales thématiques abordées ?

Après l’ouverture le 3 décembre, il y a deux jours consacrés à l’événement, les 4 et 5 décembre à thecamp. La première journée sera entièrement dédiée à la question du financement de l’innovation et des start-up, en présence du directeur général, beaucoup d’investisseurs d’ici et d’Afrique, du Sénégal, du Maroc…

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Samir Abdelkrim au Ministère du numérique de Tunisie, pour annoncer les membres de la délégation tunisienne qui seront présents à Emerging Valley.

Il y aura des débats l’après-midi sur des thématiques qui sont chères au territoire. Par exemple, le développement des villes durables en Afrique avec Euroméditerranée. 2019 a été l’année de la gastronomie en Provence, avec MPG2019, et le smart-food Challenge portés par le Département des Bouches-du-Rhône, il y a donc une plénière agri-tech, où le lauréat du Smart Food Challenge sera présent pour présenter son innovation, avec des start-up méditerranéenne et africaines de l’agri-tech et des grands comptes, comme le Crédit Agricole ou l’Office chérifien des phosphates (OCP). C’est vraiment pour mélanger ce savoir-faire, cette expertise Europe-Afrique-Méditerranée.

Le 5 décembre, ce sera une grande journée importante sur la science et l’entreprenariat entre L’Europe et l’Afrique, en partenariat avec la Commission européenne qui fait venir beaucoup d’incubateurs, et beaucoup de chercheurs, l’Institut pour la recherche et le développement (IRD), on va faire un Lab de co-construction entre les start-up et les chercheurs. Les conclusions seront restituées en plénière et feront l’objet d’un livre blanc.

Un débat sur le sport et l’innovation entre les deux rives de la Méditerranée aura lieu entre le Head Of Digital Transformation de l’Olympique de Marseille et le Conseil Présidentiel pour l’Afrique. Après la clôture officielle de l’évènement le 5 décembre à thecamp, une séquence sport s’ensuivra et le Sommet Emerging Valley se déportera ensuite en soirée au Stade Vélodrome à Marseille, avec une masterclass privée avec le président de l’Olympique de Marseille sur les liens entre le club OM et l’Afrique.

Il y aura aussi un focus important sur les liens entre la Méditerranée, l’Europe et l’Afrique dans la suite du Sommet des deux rives.

Justement, lors du Sommet des deux rives, vous avez porté un projet du nom d’Emerging Mediterraneen. C’est l’un des 14 projets retenus sur plus de 300 proposés aux Etats du 5+5. Comment cette initiative s’inscrit-elle dans Emerging Valley ?

Emerging Mediterraneen consiste à faire de la Méditerranée un laboratoire d’innovations numériques en environnementales. Dans ce cadre-là, on a travaillé pour faire venir des délégations de start-up des cinq pays de la rive sud, partenaire du 5+5, de Mauritanie, d’Algérie, du Maroc, de Tunisie et on aura aussi des représentants de Libye.

Ces start-up vont participer aux activités, certaines vont être accélérées dans le cadre du « social business camp », le programme d’accélération partenaire d’Emerging Valley, porté par l’AFD. On veut vraiment se positionner sur un axe entre l’Europe et l’Afrique, et Marseille, peut être ce hub, cette interface entre les deux continents.

On va faire un lancement de cette initiative Emerging Mediterranen à l’occasion d’Emerging Valley. Et que ça se passe à Marseille, que les start-up dans le cadre du projet Emerging Mediterraneen reviennent à Marseille, c’est très important symboliquement.

Comment va fonctionner concrètement Emerging Mediterraneen ?

On veut faire dans les pays de la rive sud, les pays du 5+5, des boot camp, pour identifier les start-up, les leaders technologiques à fort impact environnemental et sociétal, et les faire intégrer un programme d’accélération, en synergie avec le Social Business Camp et les mettre en relation avec les investisseurs car c’est le problème numéro 1.

Chaque année, les start-up retenues convergeront vers Marseille pour l’événement Emerging Valley. 2020 est déjà programmé. Dans ce cadre, il y a un volet fort sur la thématique de l’environnement et de la résilience. C’est d’ailleurs pour ça qu’on est accompagnés sur cette initiative, par Patricia Ricard, chef de file pour la France du Sommet des deux rives et avec l’Institut océanographique Paul Ricard.

Le cap politique est important, mais la société civile peut et doit avancer et se prendre en main elle-même. On peut imaginer ensuite que les institutions nous suivent, mais c’est important de ne pas attendre et d’être dans l’action. Concrètement, nous n’attendons pas 2020. C’est pourquoi on fait ce lancement officiel à l’occasion d’Emerging Valley.

Quelles personnalités seront présentes durant ces deux journées ?

On attend la visite de Jean-Christophe Itier, haut-commissaire à l’économie sociale et solidaire pour le gouvernement français, Bertrand Walckenaer, directeur général délégué de l’AFD, la présidente du conseil national du numérique de la France, Salwa Toko, l’ambassadrice secrétaire générale du Sommet des chefs d’Etat Afrique-France 2020, Stéphanie Rivoal et d’autres institutionnels français et grands patrons.

Côté africain, des ministres comme Tibou Kamara, ministres d’Etat, conseiller spécial du président de la république de Guinée, et ministre de l’industrie, le ministre délégué à l’entrepreneuriat rapide du Sénégal, Papa Amadou Saar, Yahouza Sadissou, ministre de l’enseignement supérieur de la recherche et de l’innovation du Niger et des officiels méditerranéens…

A quand Emmanuel Macron ?

On espère qu’il sera présent en 2020, parce qu’en 2020, Emerging Valley s’inscrit dans la clôture de la saison du président de la République « Africa2020 », pour laquelle avons obtenu la labellisation [lire encadré], dédiée aux cultures et aux industries créatives africaines en France. Marseille va être positionnée sur ce segment du digital et des start-up à travers Emerging Valley et nous aurons peut-être la chance d’accueillir lors de la prochaine édition Emmanuel Macron.

> Retrouvez toute la programmation d’Emerging Valley ici 

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