Grossistes 100 % bio, associations solidaires autour de l’alimentation, digitalisation du commerce de gros… Alors que le Marché d’intérêt national (MIN) des Arnavaux est en train de doubler de superficie, sa vocation évolue aussi.

Le Marché d’intérêt national (MIN) des Arnavaux doit doubler sa surface d’ici 2022. Un grand chantier engagé début 2019 pour un investissement de 84 millions d’euros. Trois bâtiments logistiques en froid positif sont d’ores et déjà terminés et proposent 5 000 m2 de surface de plancher destinés à la livraison urbaine de produits frais. Ils ouvriront en janvier 2020.

En 2022, ceux sont près de 45 000 mètres carré de nouveaux locaux industriels et commerciaux qui seront créés. Le nombre d’emplois devrait doubler en même temps que la surface pour passer de 1 500 à 3 000.

Mais la métamorphose du MIN se joue également dans sa vocation. Alors que les associations d’alimentation solidaire prennent leurs quartiers dans le marché, le premier grossiste 100 % bio vient d’ouvrir ses portes.

La banque alimentaire et l’Andes font leur marché main dans la main

L’Association nationale du développement des épiceries solidaires (ANDES) a déjà ses quartiers au MIN. Elle peut ainsi trouver, à la source, des produits au meilleur prix, ou gratuits en récupérant les invendus avant qu’ils ne soient jetés. Une fois triés, elle les redistribue dans une cinquantaine d’épiceries solidaires de toute la région. Ces dernières revendent aux plus démunis, des produits de qualité à prix bas. Elle fournit également des associations telles que la Croix-Rouge, Emmaüs ou le Secours populaire.

La redistribution solidaire de produits alimentaires, c’est aussi le créneau de la Banque alimentaire, qui se fournit principalement auprès de la grande distribution. D’ici quelques mois, via son association Fruits et Légumes Solidarité, elle lancera son atelier de transformation alimentaire dans les nouveaux bâtiments du MIN.

, Plus grand, plus bio, plus solidaire : le MIN des Arnavaux poursuit sa mutation, Made in Marseille

« Les fruits et légumes sont une richesse agricole et alimentaire sur le département des Bouches-du-Rhône dont il faut profiter », explique Gérard Gros, président départemental de la Banque alimentaire. En effet, les Bouches-du-Rhône sont le 1er producteur français de tomates, salades, courgettes, pêches et nectarines, poires, olives et riz. « Mais ces produits sont périssables, et nous avons de lourdes pertes. La solution, c’est de les transformer à la source ».

Coulis, potages, conserves, confitures… L’atelier emploiera trois cadres et une dizaine de personnes en réinsertion sociale pour transformer les fruits et légumes invendus du MIN. Elle espère récolter 1 000 tonnes de fruits et légumes et créer 800 tonnes de produits alimentaires chaque année. Moins de pertes, plus d’emplois, et des produits de qualité distribués aux plus démunis. L’association revendra également 25 % de sa production (limite légale, ndlr) afin de s’autofinancer d’ici trois ans.

Qu’il s’agisse de la collecte des fruits et légumes, ou de la redistribution aux personnes dans le besoin, la Banque alimentaire et l’ANDES comptent travailler main dans la main et mutualiser les énergies. « La concurrence n’a pas lieu d’être dans la lutte contre la précarité », conclut Gérard Gros.

Le premier grossiste 100 % bio s’installe au MIN

Voilà 32 ans que Djamel Khoulalene travaille au MIN des Arnavaux, et 23 ans qu’il y tient son propre box. Mais depuis septembre, il a ouvert le premier box grossiste 100 % bio du site : MinBio. Et 100 % familial aussi, puisque sa femme et ses deux filles sont de l’aventure.

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« C’est dans l’air du temps, avec une demande grandissante », explique sa fille Jasmine, responsable des achats-ventes. « Mais ça reste un marché difficile qui demande beaucoup de travail de prospection, autant du côté de fournisseurs et des clients ». D’autant plus que la famille tient à rester en circuit-court, et propose 91 % de produits locaux.

Alors pour pallier à la difficulté du marché bio, la petite famille se diversifie. D’abord en proposant prochainement des produits bio transformés, et un système de drive pour ses clients. Mais MinBio couve aussi une start-up dans son fond de commerce. « Une plateforme digitale pour le marché de gros. Un MIN dématérialisé », explique Adel Hamza, qui développe le projet. Selon lui, en mettant en relation les grossistes et les revendeurs, elle permet des livraisons en moins de deux heures.

Marché 2.0, bio, ou solidaire… Il n’y a pas que la que la superficie qui évolue au MIN des Arnavaux.

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