La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) a rejeté la demande de la Région Sud d’expérimenter le contrôle d’accès virtuel grâce à la reconnaissance faciale, dans deux lycées à Marseille et Nice.

Depuis deux ans maintenant, la Région Sud souhaite expérimenter la reconnaissance automatique par biométrie, des visages des élèves dans deux lycées, à Marseille et Nice. Dans ce cadre, la Région Sud était suspendue ces dernières semaines à la décision de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil). Cette dernière vient de rendre un avis défavorable à une telle expérimentation.

Par voie de communiqué de presse, Renaud Muselier, président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur a estimé cette décision « regrettable » et d’ajouter qu’elle « a un siècle de retard ! Dans un monde où la reconnaissance faciale fait le quotidien de centaines de millions d’usagers de smartphones, il est incompréhensible de refuser des dossiers aussi simples et ambitieux que le nôtre. L’Etat nous encourage à mener ce type d’expérimentation, et considère qu’il s’agit d’une priorité nationale : nous ne comprenons pas ce blocage qui va à l’opposé de la dynamique actuelle », s’interroge-t-il.

Les deux établissements sélectionnés pour cette expérimentation sont les lycées Ampère à Marseille (qui forme notamment aux métiers de la sécurité, du CAP au Bac Pro) et des Eucalyptus, à Nice. Ils devaient être les premiers de France à être équipés de ce dispositif développé par la société américaine Cisco.

Un recours et un nouveau dépôt de dossier

Début 2018, la secrétaire académique du syndicat de professeurs SNES-FSU Aix-Marseille avait soulevé « l’aspect intrusif et coûteux », de cet équipement biométrique, interrogeant sur la pertinence d’y avoir recours au lieu de recruter des jeunes surveillants ou personnels de vie scolaire.

Par ailleurs, quatre organisations – La Quadrature du Net, la Ligue des droits de l’Homme, CGT Educ’Action des Alpes-Maritimes et la Fédération des Conseils de Parents d’Élèves des écoles publiques des Alpes-Maritimes – ont déposé début 2019 un recours devant le tribunal administratif de Marseille pour demander l’annulation de la délibération du conseil régional (14 décembre 2018) autorisant la mise en œuvre de cette expérimentation.

Avec Christian Estrosi, Renaud Muselier entend « étudier très soigneusement les raisons de ce refus » de la Cnil, afin de déposer un nouveau dossier « dans les plus brefs délais ». Il s’engage même à « aller (le) défendre » devant les responsables de l’instance.

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