L’ancien ambassadeur, Michel Pinard a décidé de présenter sa candidature à la Mairie de Marseille, en 2020. Indépendant, il a lancé Projet Marseille, pour qu’à l’image de son slogan de campagne « Marseille s’ancre dans l’avenir ». 

C’est à Marseille, « sur ses terres », comme il dit, que depuis un an maintenant, Michel Pinard se promène, arpente les quartiers de cette ville où il a grandi et échange avec les habitants. Retraité, après une épopée diplomatique qui l’a menée du Quai d’Orsay à Washington, où il était en poste ces trois dernières années (2015-2018), l’ancien ambassadeur avait prévu de consacrer son temps libre à l’écriture. « Mais ce que j’ai vu m’a paru inacceptable ».

Pour ce poète à ses heures, comment se résoudre à noircir des pages, quand l’image de la deuxième ville de France, ne rime plus avec la vision qu’il se fait d’elle. « En observant, en voyant ce qu’il était advenu de Marseille au-delà de la frange littorale, qui va du Silo jusqu’à la place de David, j’ai considéré que la situation ne pouvait pas durer, qu’il fallait absolument réagir et que ça devenait urgent ». C’est comme ça qu’il se lance « dans cette affaire-là ». Et précise : « pour six ans, parce que j’ai autre chose à faire, je ne suis pas là pour entamer une carrière politique ».

 Michel Pinard dans Clap ! Politique

La trilogie : salubrité, sécurité et convivialité

La sienne est derrière lui. Diplômé en philosophie et de sciences-politiques Paris, il entraîne d’abord sa plume au Quai d’Orsay et se forge une expérience. Son parcours : il sert en Amérique latine, à Caracas, lors de la tentative du deuxième coup d’état du colonel Chavez, numéro 2 à l’ambassade de Colombie dans le tumulte de l’affaire Betancourt, secrétaire d’ambassade à Alger, consul général à Tunis… Aux États-Unis, il est missionné spécialement auprès du comité olympique national, pour aider à la préparation des Jeux Olympiques d’Atlanta, avec pour objectif « qu’on y parle aussi français ». Il en a vu du pays Michel Pinard, qui en juillet 2019, fait inscrire au Journal Officiel « Projet Marseille », bien décidé à faire en sorte que « Marseille s’ancre dans l’avenir », comme son slogan de campagne.

Pour ce père de six enfants, Marseille est loin « d’être une grande métropole » comme « le dit la voix du petit train de Marseille, qui sillonne la ville. On ne peut pas faire une grande métropole du XXIe avec une politique qui est calquée ou décalquée sur des pratiques, des méthodes et des vieilles habitudes de la IIIe République. Il y a une modernisation de la vie politique à Marseille qui s’impose d’urgence. » 

Le candidat qui revendique son indépendance mènera la bataille dans le 4e secteur (6ème et le 8ème arrondissements). Il a basé son programme sur trois grands axes : la salubrité de Marseille, « c’est une nécessité absolue ». La sécurité, « ce n’est pas seulement une affaire de police. Il faut un développement économique qui permette de lutter contre l’insécurité. » Et enfin : la convivialité. Il est impératif pour lui de soigner la fracture territoriale. « Il est indispensable que nous trouvions le moyen que ces deux villes se parlent, se comprennent, dialoguent entre elles ».

Et le seul moyen d’y parvenir reste pour Michel Pinard, la culture. « L’outil de la reconquête républicaine du territoire marseillais, qui va permettre que tous les Marseillais quelles que soient leurs origines, leurs opinions politiques, leurs croyances religieuses, la couleur de leur peau… se retrouvent dans Marseille, et pas seulement au stade. »

La grotte Cosquer dans le périmètre du Parc Longchamp

Ce matin, c’est dans un petit restaurant de la rue de Rome, « car il veut une campagne sobre », qu’il a égrené quelques propositions phares. Une feuille recto-verso qui comporte des idées comme l’installation de la Grotte Cosquer au Palais Longchamp. « Elle a une dimension scientifique et esthétique, et au Palais Longchamp ces deux aspects existent ; le musée des Beaux-Art dans son pavillon gauche et le muséum d’histoire Naturelle dans son aile droite. C’est pour moi, la place naturelle de la Grotte Cosquer ». Quant à la Villa Méditerranée, « qui porte un nom magnifique », il envisage un projet de musée de la mer et de la marine. « Sur ces 10 000 m2, installer des collections qui prennent actuellement la poussière et des objets que des particuliers voudront bien prêter. Y organiser des conférences internationales et une libraire sur le thème de la mer… »

Trolley-bus et téléphériques

Pour une « écologie appliquée », il prévoit le déplacement des antennes paraboliques vers les toits avant le 31 décembre 2021, d’adapter les carrefours aux fauteuils roulants ou encore d’interdire toute construction d’immeuble de grande hauteur hors du périmètre d’Euroméditerranée… Sur le volet salubrité de l’air, « décarbonisation » et mobilité. Il souhaite lancer une expérimentation du rachat des mégots au kilo, mettre à l’étude la réintroduction des trolleys et des transports « massifs par téléphérique ».

Pour favoriser le dialogue entre les cultures, Projet Marseille projette de créer dans la cathédrale de la Major un « centre international de musique religieuse », protéger et valoriser des œuvres de street-art « antidote à la prolifération des tags », engager un programme de 6 ans, « un arrondissement, une piscine », un concours de bonnes idées auprès des collégiens « Cogito », pour améliorer le quotidien de la jeunesse ou encore la mise en ligne d’Euréka une « boîte à idées des Marseillais » qui récompensera les meilleures propositions.

Cette candidature. Une petite folie ? Michel Pinard n’a pas perdu la tête. Il nous donne même rendez-vous au soir du second tour au balcon de l’Hôtel de Ville. « A J+3 de l’agenda du maire de Marseille », il s’est d’ores et déjà fixé trois priorités : audit restreint sur le budget de fonctionnement de la mairie, audit du parc immobilier et foncier de la mairie et audit du budget des subventions. « C’est l’audit par lequel on commence à diriger cette ville ». À 65 ans, celui dont les parents avaient ouvert une chemiserie rue d’Endoume dans les années 1950, n’est dans tous les cas pas prêt à se prendre une veste.

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