Le château Pastré, dans les quartiers Sud de Marseille, pourrait d’ici quelques mois accueillir le projet “The Artists Incubator”, premier incubateur culturel dans la ville. Porté par l’association Pour que Marseille vive, il se présente comme une résidence d’artistes visant à démocratiser l’accès à l’art contemporain.

Réhabiliter une bâtisse du XIXe siècle pour en faire une résidence d’artistes. Tel est le projet qui se trame depuis plusieurs mois dans les quartiers Sud de Marseille. Pour décor, le Château Pastré, l’un des joyaux architecturaux de la ville.

Une nouvelle aventure, donc, pour cette villa emblématique qui a déjà accueilli en son sein de nombreuses figures et initiatives locales. « C’est quelque part un clin d’oeil à l’histoire, et un hommage à Lily Pastré, comtesse du château qui en a fait un refuge pour les artistes et les juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, nous rappelle Oscar Heinke, co-fondateur de l’association Pour que Marseille vive, porteuse du projet. On veut s’inscrire dans cette lignée. Le château est à l’abandon depuis 2013, quand le musée de la faïence a été déplacé à Borély. Notre volonté est de faire revivre l’endroit avec des résidences, des expositions… Ce sera un lieu où va primer la culture, accessible à tous les Marseillais, à longueur d’année ».

Il souhaite que la cité phocéenne soit pionnière en lançant le concept, celui d’un réseau de jeunes talents hébergés pour 3 mois dans un incubateur hors normes. « Il ne s’agira pas simplement d’une résidence de production, nous voulons que pendant et après leur passage, les artistes contemporains puisse se servir de ce réseau pour propulser leur carrière à long-terme, poursuit le jeune homme, accompagné de Hugo Roche Poggi, vice président de l’association, et Tanguy Valéry, co-fondateur. Ils seront toujours les bienvenus au château, même une fois leur période d’incubation terminée ».

Marseille, terre d’art

Tous types d’arts contemporains auront leur place, sans restriction, ni condition, si ce n’est celle de la jauge de résidents. En effet, chaque année, le château Pastré recevrait une promotion paritaire de quinze jeunes, confirmés dans le milieu de l’art. Chacun d’entre eux disposera d’une chambre équipée, d’une bourse, d’un espace de création et d’une aide à la production.

Pour sa mise en place, l’association indique qu’elle se chargera de la rénovation du bâtiment et de son entretien. Un projet en auto-financement, réalisable grâce à la participation de mécènes et d’une levée de fonds qui devrait être amorcée dès que la Ville aura donné son feu vert. Un rendez-vous est prévu en fin de mois avec le service culturel pour présenter le projet. Dans l’idéal, l’association vise le courant de l’année 2022 pour incuber ses premiers artistes.

La fusion entre nature et culture

Au-delà de l’aspect culturel, le lieu, en association avec la mairie et les partenaires de secteur, est imaginé comme point de départ à des projets mêlant l’art et l’environnement méditerranéen. « La bâtisse est installée au pied du Parc national des Calanques. L’idée serait de créer un laboratoire à ciel ouvert de créations artistiques et respectueuses de l’environnement sur la colline de Marseilleveyre, avec un parcours de land art. Il y aurait donc une dimension de sensibilisation pour réconcilier nature et culture ».

Selon lui, cette double-proposition séduirait d’ores et déjà la Mairie. Car en effet, ces deniers mois, de nombreuses initiatives en faveur de la culture fleurissent dans la cité phocéenne, à l’instar du projet de résidence d’artistes dans le parc de la villa Valmer, le projet de création d’une maison du hip-hop, ou encore de cité du cinéma.

Un projet de série pour « démystifier l’acte de création artistique »

Quitte à faire de Marseille un vivier d’artistes, une promotion s’impose, et pas de n’importe quelle manière. L’association Pour que Marseille vive a déjà un projet de série vidéo dans les cartons, qu’elle ambitionne de faire diffuser par la plateforme de streaming Netflix. « L’idée est de démystifier l’acte de création artistique en se servant d’un nouveau format qui peut toucher un large public, explique Tanguy. Pendant les 3 mois où les artistes seront en résidence, une équipe de tournage viendra les filmer, comme une ‘’téléréalité’’ qui mettra en scène leur quotidien, leur façon de travailler et leur vision ».

Participer à la démocratisation de l’art contemporain, c’est le but affirmé par l’équipe associative, qui souhaite ouvrir le château aux Marseillais. Car, si cet incubateur nouvelle génération sera occupé exclusivement par les résidents 3 mois durant, les 9 mois restants seraient quant à eux dédiés à l’accueil du public, afin qu’ils puissent découvrir les lieux, les expositions des artistes, mais aussi d’autres œuvres contemporaines dépassant les frontières régionales.

Formations, soirées, concerts, conférences… Un lieu d’animation, en somme, pensé pour valoriser Marseille et son patrimoine culturel, comme nous l’indique Hugo. « Il y a à Marseille une atmosphère particulière, c’est une ville riche par sa diversité qui, depuis 2013, capitale de la Culture, attire de nouveaux publics et impulse un nouveau souffle, avec des propositions variées. À notre tour de participer à la dynamique en créant des liens entre les acteurs du territoire ».

Lisa Domanech

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