Le 17 septembre 2019, la navette autonome baptisée « la Demoiselle » effectuait ses premiers tours de piste. Un projet expérimental porté par thecamp et la Métropole Aix-Marseille-Provence. Après une phase test, le véhicule est désormais en circulation et peut rallier la zone d’activité de la Duranne à Aix-TGV.

« La Demoiselle », c’est son nom. Un petit bijou de technologie. C’est la première navette autonome sur le territoire. Elle a réalisé son premier circuit le 17 septembre 2019 sur le site de thecamp, le campus d’innovation dédié à la ville de demain et à la transformation numérique, situé sur le plateau de l’Arbois. Près de trois ans plus tard, elle est en circulation.

Après une phase test, la navette peut désormais effectuer deux trajets sur un tracé de 10 kilomètres du mardi au vendredi entre 8 heures et 11 heures puis entre 16 heures et 19 heures. Durant ces horaires, elle peut circuler dans le sens Aix-TGV à la zone d’activités de la Duranne, avec un départ 10 minutes après l’arrivée du train. Puis dans le sens thecamp – Aix TGV, la Demoiselle vous dépose 15 minutes avant le départ de votre train. La navette fonctionne à la demande grâce à une application dédiée. Cinq personnes peuvent y prendre place en plus du conducteur.

En juin 2018, la Métropole Aix-Marseille Provence et le campus du futur ont conclu une convention de partenariat, définissant le cadre d’une collaboration portant sur l’expérimentation de transport par navette modulaire à énergie propre et autonome. « L’idée est d’explorer des solutions de transports pertinentes, dans des zones peu denses, où il n’y a pas de transports en commun classiques, et où la seule alternative reste la voiture, nous explique Jonathan Blaise, chef de projet. C’est répondre au service du dernier kilomètre ». 

L’objectif de ce projet vise aussi à renouveler l’expérience usager pour améliorer l’attractivité des services de transports en commun, diminuer l’impact environnemental des déplacements, en utilisant l’énergie propre, en diminuant l’utilisation des voitures personnelles et en se servant des infrastructures existantes.

Relier la gare Aix-TGV et la zone de la Duranne

L’expérimentation s’est donc portée sur un cas d’usage, entre la gare Aix-TGV et la zone de la Duranne, via le technopôle de l’Arbois, sans passer par la voie royale, c’est-à-dire la RD9, en deux fois deux voies : « On ne passe pas par le chemin le plus simple, mais par un chemin rural après le technopôle de l’Arbois, non-bitumé, dans la garrigue, pour arriver sur la route départementale de la Mérindole, nous expliquait Jonathan Blaise. C’est un environnement complexe car varié (zone d’activités avec une forte circulation, chemin rural, route départementale sinueuse), mais il s’agit de répondre à cette problématique de trouver une solution de mobilité dans les zones rurales, où il y a peu de personnes à transporter, mais sur de longues distances. Rajouter du service là où il n’y en n’a pas actuellement ».

Dans un premier temps, seules les entreprises adhérentes de l’association de projet, créée dans le cadre de cette expérimentation, ont pu en faire profiter leurs collaborateurs, clients, prospects…

Une technologie de pointe avec ses capteurs « lidar »

La navette utilisée pour réaliser la première phase de tests a été fournie par la société française Milla (basée à Meudon). Le véhicule est capable de passer d’un mode manuel, roulant à la vitesse d’un véhicule classique, à la fonction « autonome », soit sans l’aide d’un chauffeur, et pouvant circuler entre 30 et 50 km/h. « C’est une grande nouveauté par rapport aux autres expérimentations », indique d’ailleurs le chef de projet, « car la majorité des véhicules de ce type vont entre 5 et 15 km/h. [A Lyon ou Rouen, ces voitures peuvent atteindre les 18 km/h ndlr]. Nous, nous avons un chemin plus long à parcourir (10 km) et l’objectif et de rendre le trajet plus rapide ».

, La première navette autonome du territoire circule désormais entre Aix-TGV et thecamp, Made in Marseille
© thecamp

La voiture est capable de s’adapter à son environnement immédiat, grâce à ses nombreux capteurs, et notamment son système de capteurs de télédétection par laser appelé « lidar ». Cette technique de mesure à distance – fondée sur l’analyse des propriétés d’un faisceau de lumière renvoyé vers son émetteur – permet à la Demoiselle de s’orienter et d’anticiper les obstacles en temps réel.

La Demoiselle devait à l’origine être mise en service à partir de janvier 2020 entre la gare Aix-TGV et la zone de la Duranne, mais sans circuler en totale autonomie dans l’immédiat, la législation ne permettant pas à l’heure actuelle cette possibilité.

, La première navette autonome du territoire circule désormais entre Aix-TGV et thecamp, Made in Marseille
La “Demoiselle” est fournie par la société Milla. © thecamp

Intégrer la solution au réseau de transport métropolitain

Le projet qui se veut itératif devrait aussi évoluer dans le temps avec les retours d’expérience des premiers passagers, afin de voir si la solution colle au besoin de transport existant, afin de l’adapter et améliorer le service offert. Phase qui a débuté en janvier 2022 pour une durée de 6 mois. D’ailleurs, les chauffeurs que l’on appelle des « safety drivers », devraient être présents pour assurer la sécurité des voyageurs et faciliter l’acceptabilité à ce type de mode de transport, établir une relation de confiance.

L’objectif est de permettre aux habitants du secteur de la Duranne d’emprunter la Demoiselle, pour se rendre notamment dans les pôles d’échanges intermodaux et d’intégrer cette solution dans le réseau métropolitain, voire de répliquer cette solution dans d’autres zones du territoire, ou dans d’autres régions françaises et européennes. À terme, plusieurs autres navettes de ce type pourraient être mises en circulation.

Le projet est inscrit au pacte innovation État/Métropole pour un montant global de 1,45 million d’euros dont 500 000 euros de financement de l’État, au titre du Fonds national pour l’aménagement du territoire.

Vous avez dit « demoiselle » ?

Le petit nom de « demoiselle »  s’inspire de  « l’agrion bleuissant », une demoiselle, espèce cousine de la libellule, protégée sur le plateau de l’Arbois. En tentant de trouver une solution de mobilité pour ne pas impacter l’environnement, ce petit clin d’œil fait sens. Une inspiration jusque dans son design, puisque la Demoiselle, a adopté la même « tenue » aux couleurs bleue et noire.

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