Dans la lutte contre le harcèlement de rue, le smartphone peut devenir un véritable « bodyguard ». C’est en tout cas l’objectif de l’application « Garde ton corps », lancée à Aix-en-Provence, et prochainement à Marseille. C’est le deuxième volet de notre série consacrée à « Ces femmes qui veulent mettre le hola au harcèlement de rue. »

Le nom est évocateur. « Garde ton corps ». Dans la lutte contre le harcèlement de rue, trois Aixoises ont décidé d’innover en créant une application mobile qui sécurise les femmes et diminue les risques d’agressions. Caroline ostéopathe et professeure de pilate, Pauline masseuse bien-être et professeure de yoga, et Anaïs artiste plasticienne, ont décidé que l’ère du harcèlement de rue devait prendre fin.  « Les mentalités changeront si on y croit. Et nous, nous y croyons »,  lance Anaïs, co-fondatrice de l’application Garde ton corps.

, « Garde ton corps » : un bodyguard de poche pour les femmes, Made in Marseille
Anais et Pauline, fondatrices de l’application Garde ton corps

L’idée arrive un soir de novembre. Caroline et Pauline font une mauvaise rencontre dans les rues d’Aix-en-Provence. « Il était 4 h et un homme nous suivait. On ne pouvait pas rentrer chez nous. Alors on a voulu se réfugier dans une discothèque et on ne nous a pas laissé entrer », raconte Pauline. Pour les conceptrices, « il ne s’agit pas d’opposer hommes et femmes, mais de pouvoir sortir avec le sentiment que l’on est en sécurité. On ne sait pas si on va sauver des personnes, nous, ce que l’on veut c’est simplement sortir sans avoir peur », poursuit Anaïs.

Susciter la prise de conscience

L’objectif est alors de briser le silence sur le malaise urbain que subissent les femmes, et de susciter une prise de conscience. Lancée le 8 mars, date symbolique, puisqu’elle est consacrée à la journée des droits des femmes, l’application s’articule en plusieurs fonctionnalités, allant de la simple alerte aux lieux de refuge.

Elle fonctionne grâce à un système d’alerte et de la géolocalisation. Par exemple, la fonction « je rentre », permet à l’utilisatrice de choisir des contacts parmi sa famille, ses ami(e)s… et de leur transmettre son itinéraire. En cas de problème sur le trajet, détecté par la géolocalisation, une alerte est alors déclenchée sur le téléphone de la personne. Si elle ne réagit pas, un autre message est envoyé, cette fois-ci, à ses contacts favoris.

L’application bientôt utilisée à Marseille

Autre option « Lâche ton relou ». Elle permet aux femmes qui souhaitent se débarrasser d’un homme un peu trop insistant, voire carrément « relou», de se réfugier dans un bar ou une discothèque partenaire.

Ce sont au total une dizaine de « safe places » qui sont répertoriées dans l’application, permettant à l’utilisatrice de s’y diriger. Enfin, le bouton « Aide moi » alerte immédiatement les contacts favoris d’un danger.

Convaincue par l’utilité de ce « dispositif », Aix-en-Provence a acheté l’application, en décembre 2018. Le trio travaille actuellement avec la Ville de Marseille et la Métropole d’Aix-Marseille Provence en vue d’étendre le dispositif dans les prochains mois, sur l’ensemble du territoire.

> Retrouvez notre troisième volet demain. 


A lire notre premier volet

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