Samedi 8 avril, petits et grands défileront main dans la main pour défendre l’agriculture paysanne lors d’un parcours allant du Kiosque des Réformés à la Canebière. Le rendez-vous est donné à 14h, une « agro parade » qui se veut avant tout festive et dans la bonne humeur. Rencontre.

Dans les allées du marché installé sur le Cours Julien à Marseille, ils étaient quelques-uns déguisés en abeille, en fraise ou encore en oiseau… Il y régnait un avant-goût de l’agro-parade qui aura lieu samedi 8 avril à 14h au Kiosque des Réformés. Un défilé qui se veut fédérateur, avec chars et costumes, tambours et trompettes, pour soutenir une alimentation de qualité pour tous et un revenu juste pour les paysans.

La Confédération paysanne, les Centres d’Initiatives pour Valoriser l’Agriculture et le Milieu rural (CIVAM), l’ARDEAR PACA, Les Paniers Marseillais et les AMAP de Provence, voici autant d’associations qui s’unissent autour d’une même campagne : « Produire à tout prix, manger à quel prix ? ».

, Agro Parade – Un défilé pour venir au secours de l’agriculture paysanne, Made in Marseille

Pour une alternative à l’agriculture industrielle et chimique

Michel Isouard, Président de l’ARDEAR Provence-Alpes-Côte d’Azur, clame fièrement : « On peut dire que c’est la toute première agro-parade du monde ». Pour lui, cette manifestation est l’occasion de tout mettre en œuvre pour séduire les politiques et les inciter à encourager l’agriculture paysanne. Et par agriculture paysanne, il entend par là les petites exploitations familiales, les agriculteurs locaux. « Il s’agit là de faire une démonstration d’intérêt général, on ne veut pas de ferme des 1000 vaches. On assiste à la déshumanisation de l’agriculture. » Et si aujourd’hui, ils étaient tous rassemblés au cœur du marché du Cours Julien, le lieu y est symbolique « nous sommes au milieu des producteurs de notre Région », explique-t-il.

Tout semble déjà orchestré pour le jour J. « À la fin de la parade, il est prévu que l’on brûle la malbouffe, représentée par le caramantran, le méchant personnage du carnaval ». Une manière symbolique pour tous de se débarrasser « du hamburger », précise Michel Isouard. Une tradition que le Président de l’ARDEAR PACA craint de ne pouvoir tenir, en raison de la présence des forces de l’Ordre.

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Agriculture et alimentation

La Présidente des Centres d’Initiatives pour Valoriser l’Agriculture et le Milieu rural (CIVAM), de la Région PACA, souhaite, par l’intermédiaire de cette parade, redonner l’initiative aux agriculteurs locaux. « Les agriculteurs doivent retrouver un regard sur l’industrie agroalimentaire », et de façon plus générale, « les pays doivent garder leur souveraineté alimentaire », met-elle en avant. Les Ministères de l’Agriculture et de l’Environnement semblent s’intéresser au lien qui existe entre agriculture et alimentation. Ce qui n’est pas pour déplaire à la Présidente du CIVAM PACA : « on veut casser l’autonomie alimentaire ».

Sensibiliser petits et grands à l’agriculture paysanne

Michelle se définit elle-même comme une « AMAPeuse », depuis 2002. Très impliquée dans ces Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne (AMAP), qui mettent en relation directe producteurs et consommateurs, elle est persuadée que l’avenir de la planète dépend de la consommation locale et bio des citoyens. « Avant, j’intervenais beaucoup dans les écoles, et il fallait expliquer aux plus jeunes que chez nous on ne mange pas de fraises en janvier, et que celles que l’on trouve en plein hiver dans les rayons des supermarchés proviennent d’ailleurs, d’Argentine par exemple », explique-t-elle. Une manière de rappeler aux consommateurs de se nourrir de fruits et légumes de saison, pour « éviter le transport de ces marchandises, qui est dangereux pour l’environnement et pour la santé de tous ». Pour Michelle, la sensibilisation des citoyens à l’agriculture paysanne passe forcément par la transmission des savoirs, des actions de dialogue.

, Agro Parade – Un défilé pour venir au secours de l’agriculture paysanne, Made in Marseille

Des modes de consommation qui changent

Pour Agnès Kenedi Haincaud, animatrice du réseau Les Paniers Marseillais, « nous nous trouvons dans un moment critique, c’est le moment de faire cette agro-parade, sinon l’agriculture paysanne va disparaître ». Pourtant, les pratiques de consommation des citoyens changent, c’est ce qu’observe Agnès : « Les consommateurs sont demandeurs de l’agriculture paysanne ».

Ce défilé du samedi 8 avril sera l’occasion de faire passer un message politique, dans un contexte où Agnès Kenedi Haincaud constate que « les subventions en Région PACA ont été divisées par deux avec le changement de politique en 2016 et il faut faire en sorte que la pente ne se poursuive pas ».

Tous issus d’associations différentes, ils sont néanmoins tous réunis autour de mêmes revendications : défendre l’économie du revenu juste pour les paysans et des prix justes pour les consommateurs en encourageant l’agriculture locale et biologique.


Informations pratiques

Agro-parade
Samedi 8 avril à 14h
Rendez-vous au kiosque des Réformés, square Léon Blum, 13001 Marseille
(En face de la mairie des 1/7)

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