Une semaine après l’annonce fracassante de la liquidation de la marque Kaporal, les acteurs économiques provençaux, sous l’impulsion de la CCIAMP, réclament que la loi anti fast-fashion votée par les députés soit saisie par le Sénat au plus tôt.
La liquidation de la marque marseillaise Kaporal : électrochoc pour s’attaquer enfin au problème de la fast fashion ? C’est le message que veulent faire passer l’ensemble des acteurs économiques locaux dans un communiqué commun.
Le contexte
- Depuis sa création en 2004, la marque Kaporal s’était imposée comme un acteur incontournable du jean en France et plus généralement du prêt-à-porter
- En mars 2023, l’entreprise avait été placée en redressement judiciaire en raison de dettes importantes
- Reprise en juillet 2023 par trois anciens cadres, Kaporal avait retrouvé une vraie dynamique, mais n’a jamais réussi à surmonter les défis économiques du secteur de la mode made in France face aux géants de la fast fashion
- En mars 2025, la marque a été placée en liquidation judiciaire directe, entraînant la fermeture définitive de ses activités et le licenciement de 250 salariés
« La disparition de Kaporal est une perte immense pour le territoire et pour le secteur du prêt-à-porter français. La fermeture de cette entreprise emblématique laisse un vide dans le paysage industriel local et national, privant la région d’un de ses fleurons de cette filière », dénoncent les acteurs économiques locaux.
En effet, l’impact sur le marché de l’emploi est massif avec 250 salariés licenciés, dont 90 dans les Bouches-du-Rhône.
Une loi toujours en attente
À l’heure où la France cherche à réindustrialiser son économie, « il est aujourd’hui impératif de repenser cette filière pour la rendre plus résiliente et compétitive face aux défis actuels », poursuit le communiqué.
« La liquidation de Kaporal doit servir de leçon ». Les acteurs économiques réclament ainsi une mobilisation générale pour soutenir les entreprises locales et encourager la mise en place d’une vraie stratégie pour renforcer le secteur de l’habillement en France, protéger et valoriser le savoir-faire des entreprises locales.
Réunis sous la houlette de la CCIAMP, l’ACP, la CMAR, la CRESS PACA, la CPME13, la FNH Paca, la fédération Marseille Centre, Mode in Sud, l’Umih13, l’Association Commerce Positifs et l’U2P 13 rappellent qu’un projet de loi anti-fast fashion a été voté à l’unanimité par l’Assemblée nationale en mars 2024 et réclame que le Sénat s’en saisisse.
« Ce texte législatif une fois entériné sera une première étape indispensable pour réguler les pratiques de la fast fashion et réorienter la consommation vers des modèles plus durables » conclut le communiqué.