La future médiathèque de la Belle de Mai entre en chantier rue Loubon, dans une ancienne fabrique de farine du 19e siècle. Bien plus qu’un espace de documentation, le projet prévoit une salle de concert et un restaurant.

Aucune piscine, aucune bibliothèque. Voilà pour l’état des équipements publics des 2e et 3e arrondissements de Marseille et leurs « plus de 60 000 habitants. C’est presque la population d’Avignon. Vous imaginez s’il n’y avait aucune piscine ni bibliothèque là-bas ? », martèle, une énième fois, le maire de secteur, Anthony Krehmeier (PS) pour souligner l’iniquité qui touche ses administrés.

Les choses sont toutefois en train de se rééquilibrer. Les travaux vont débuter pour construire une piscine publique flambant neuve à Bougainville, face à son nouveau parc. Du côté de la Belle de Mai, un tramway est en projet, un bureau de police de proximité va ouvrir en septembre, tout comme la nouvelle école Jolie-Manon.

C’est d’ailleurs juste à côté que se situait le sujet du jour, ce vendredi 4 avril. Au 32 rue Loubon, trône une ancienne et immense minoterie (fabrique de farine), datant de 1859, reconvertie un temps en centre de tri postal. Le bâtiment de pierre, de métal et de bois, est le témoin d’une époque où ces quartiers tournaient à plein régime industriel.

Dans cet écrin patrimonial, la municipalité a décidé d’édifier la future et dixième médiathèque de la ville. « La plus belle de Marseille. Une des plus belles du Sud de la France », ose Benoît Payan, en visitant le site, vide, mais impressionnant.

médiathèque, Belle de Mai : une ancienne usine se transforme en médiathèque, salle de concert et restaurant, Made in Marseille
Le maire et une délégation d’institutionnels ont visité le site ce vendredi 4 avril.

« La plus belle médiathèque de Marseille »

Pour le guider, l’architecte Guillaume Beccaria, à la manœuvre de cette reconversion avec les agences Land architectes et Panorama architecture. « L’intégrité structurelle du bâtiment est parfaite. Nous allons conserver et mettre en valeur beaucoup d’éléments », explique-t-il. Comme les murs de pierres, les charpentes métalliques, ou l’aile de l’édifice construite en bois.

Mais, hormis son enveloppe, le site va subir une grande transformation. « Nous allons construire un bâtiment en surélévation à l’intérieur des murs existants », poursuit l’architecte. Pour atteindre 3 700 m2 de surface de plancher. « Tout sera très ouvert, peu de cloisons, notamment pour gagner en lumière, avec de grands atriums ».

La médiathèque et ses 36 000 documents ne devrait concerner « que » 1 500 m2, soit un tiers du site. Car le lieu est pensé comme « un espace hybride, un véritable équipement public et culturel ouvert sur le quartier », précise Kévin Jorda, de la direction des projets de construction à la mairie de Marseille.

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Au fond, un ancien silo de bois sera converti en salle de lecture

Une salle de concert et un restaurant

À commencer par une véritable salle de spectacle, ou « de diffusion culturelle », de 150 places assises. Elle doit accueillir des concerts, du théâtre, du spectacle vivant et des conférences. Sans oublier d’autres salles dédiées à la danse et la musique. « Un tiers du bâtiment est dédié aux pratiques artistiques », explique Guillaume Beccaria.

Dans le dernier tiers, qui concerne la grande halle d’entrée, l’architecte décrit « des espaces communs, un grand forum, ouvert sur la rue et le quartier, qui peut accueillir des événements et des expos ». Il faut aussi noter qu’un restaurant y prendra place. « Nous sélectionnerons un projet de restauration associatif, avec une démarche d’insertion », nous précise-t-on.

 

La future médiathèque doit ouvrir fin 2026

Après une première phase de « curage » du bâtiment, les gros travaux vont pouvoir commencer. La livraison est attendue fin 2026.

La municipalité a investi près de 15 millions d’euros, aidée par l’ANRU à hauteur de 3 millions et par la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) pour 2,8 millions. Un projet qui atteint donc 21 millions d’euros.

Mais il faudra compter bien plus que cela, pour rémunérer les « 15 à 18 agents » qui feront vivre la nouvelle médiathèque.

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