La start-up marseillaise Syroco crée un bolide tracté par une aile de kite pour pulvériser le record de vitesse à la voile. Un prétexte pour développer des solutions de décarbonation des navires.

Dans un hangar niché dans l’anse du Pharo, la start-up marseillaise Syroco est en train de créer un navire d’un nouveau genre qui vise à pulvériser le record de vitesse à la voile. Son speed craft doit atteindre 150 km/h par la seule force du vent d’ici un an.

Pour obtenir une telle performance, le fondateur de la société, Alex Caizergues, s’est inspiré de sa discipline, le kite-surf, dans laquelle il détient quatre titres de champion du monde de vitesse avec le record actuel à 107,3 km/h.

De quoi donner des idées pour la construction d’une capsule ultra-rapide. « Elle sera prise entre une force de propulsion, le kite (cerf-volant, ndlr), et une force anti-dérive, le foil (une aile sous l’eau). La nacelle s’envole au-dessus de l’eau. La réduction des frottements avec la mer est donc maximale ».

Une plateforme de recherche et développement pour la transition énergétique

Cette approche permettrait de maximiser l’énergie du vent : « 150 km/h de vitesse avec 50 km/h de vent ». C’est 30 km/h de plus que le record absolu à la voile, détenu par le navire SailRocket 2. En 2012, il a atteint 121,06 km/h au large de la Namibie.

« On se fixe une marche beaucoup plus haute qui nous oblige à développer de nouvelles technologies », poursuit Alex Caizergues. « Elles pourraient aider à la décarbonation du transport maritime ». Car le bolide, « hyper efficace énergétiquement, est une véritable plateforme de recherche et développement ».

navires, Vidéo | À Marseille, un record de vitesse à la voile pour décarboner les navires, Made in Marseille
Alex Caizergues et Yves de Montcheuil devant le prototype de Syroco

C’est là que la start-up place tout l’enjeu du record. Un prétexte pour améliorer les performances énergétiques du transport maritime. Cette industrie achemine 90 % des marchandises mondiales avec une propulsion thermique utilisant un fioul polluant et décrié. Un enjeu fort, notamment à Marseille, où le projet prend tout son sens.

Déjà une solution appliquée pour décarboner le transport maritime

Le premier prototype, à l’échelle 1/3, a déjà permis de développer plusieurs technologies. Elles pourraient s’appliquer à améliorer la consommation des navires. La première est déjà commercialisée et utilisée par de grands armateurs et chantiers navals : le logiciel Efficientship. Il calcule les différentes forces, les énergies, l’aérodynamique et l’hydrodynamique du bateau.

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Le logiciel Efficientship calcule les performances énergétiques des navires

« On crée un jumeau numérique du navire qui modélise virtuellement son comportement dans différents cas », explique Yves de Montcheuil, co-fondateur de Syroco en charge de la stratégie produit et marketing.

« Ça nous permet de calculer très précisément la consommation énergétique et l’impact des différents modes de propulsion : gaz naturel liquéfié, électro-hydrogène, avec une voile, un kite… Et quel est leur impact en termes de consommation de carburant. Et donc d’émissions de gaz à effet de serre ».

Alors que l’industrie du transport maritime est en train d’entamer sa transition, la start-up s’est positionnée comme un porteur de solutions. Le projet de record et les développements associés nécessitent un budget de 6 millions d’euros. Avec déjà une vingtaine d’employés à Marseille, « on devrait doubler les effectifs d’ici 18 mois », conclut Yves de Montcheuil.

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