Avec un parcours d’accompagnement sur mesure, Sport Excellence Reconversion est une école de formation qui s’adresse aux sportifs de haut niveau pour leur ouvrir la voie d’un autre chemin professionnel, après leur carrière d’athlète. Co-fondée par la quintuple médaillée olympique à l’épée, Laura Flessel, la structure qui rayonne dans toute la France s’implante à Marseille.

Il vient toujours un temps où il faut raccrocher. Et parfois, l’arrêt est brutal. Nombreux sont les sportifs de haut niveau qui, après avoir consacré un tiers de leur vie à leur passion, se retrouvent dans l’ombre, du jour au lendemain, sans projet professionnel. Certes, le petit écran foisonne d’anciens athlètes qui ont troqué leurs crampons, gants de boxe, patins à glace… pour prendre le micro, apportant leur expertise à l’occasion de grandes compétitions, quand pour d’autres, c’est une longue traversée du désert.

« Lorsqu’on arrête, le téléphone sonne un peu moins, les vrais faux amis disparaissent, on se retrouve esseulé. Certains sportifs n’ont pas résisté à la retraite, d’autres sont au RSA ou sont tombés dans des addictions. Lorsqu’on n’est plus dans les vestiaires, dans le monde sportif et qu’on essaie de trouver notre place dans le monde de l’entreprise, avec pour seul CV des médailles, peu ou pas de diplôme et aucune expérience, si on n’est pas bien encadré, ça devient un chemin très compliqué », confie Laura Flessel, quintuple médaillée olympique à l’épée.

Un deuil nécessaire avant une nouvelle vie

La « Guêpe », comme la surnommait le monde du sport en raison de ses belles victoires, a traversé ses moments de doutes. Une période où elle a dû faire le « deuil » de sa carrière sportive, avant de se trouver, se réinventer et s’épanouir dans un autre métier, entourée de son « noyau dur », sa famille.

C’est parce qu’elle a vécu cette nécessaire acceptation de la retraite sportive que Laura Flessel a décidé de créer Sport Excellence Reconversion. Une école dont la vocation est de mieux accompagner ses « frères et sœurs sportifs de haut niveau » dans une nouvelle voie professionnelle et donner du sens à leur seconde vie. « Près de 8000 sportifs de haut niveau, amateurs ou professionnels, mettent fin à leur carrière chaque année. Et dans cette population, 40 % d’Infrabac. Pour les médaillés, les sportifs médiatiques, c’est vrai que le réseau peut aider pour une reconversion, mais pour la majorité, peu connue, c’est très compliqué », explique la championne qui a mené de front un double projet (carrière sportive et développement du tourisme d’affaires).

, Laura Flessel déploie son école de reconversion des champions à Marseille, Made in Marseille
Laura Flessel, co-Présidente et directrice de Sport Excellence Reconversion. © Sabrina Mariez.

Porter les valeurs du sport dans le monde de l’entreprise

Sport Excellence Reconversion repose avant tout sur les compétences de chaque sportif. « Même ceux qui ont décroché au cours de leur cursus scolaire ont acquis de l’expérience, une vision, la notion d’excellence, l’engagement, le respect, l’anticipation, l’esprit d’équipe, un savoir-faire et un savoir-être… des plus-values dont il faut tenir compte et transformer pour une adaptation au monde professionnel », explique l’ancienne ministre des Sports, sous la présidence d’Emmanuel Macron (mai 2017- septembre 2018).

Les sportifs intégrant l’école débutent par un programme de transition professionnelle d’une soixantaine d’heures, afin de déterminer leur projet et adapter leur parcours de formation. « Cela permet d’écrire leur feuille de route, déterminer les compétences acquises et transférables, les manques à combler. On travaille aussi sur la personnalité, la confiance en soi, les aspirations. Ils suivent également des modules de management, de leadership… tout ça permet de mieux cibler l’orientation pour lancer le plan d’actions. On ne fait pas de copier-coller, tout est individualisé ».

Pour ouvrir le champ des possibles, l’école se positionne sur plusieurs secteurs d’activités, comme les métiers du tourisme et de l’hôtellerie, l’univers de la mode (designer, directeur artistique ou d’intérieur, styliste…), le monde du luxe (directeur de boutique, chef de produit, responsable commercial…) mais aussi le sport management (responsable événementiel sportif, manager de club…) « L’entrepreneuriat, les métiers de la communication ou du développement durable… ne sont pas oubliés ».

Permettre à d’anciens champions de briller autrement

Sport Excellence Reconversion s’appuie sur l’un de ses partenaires, le Groupe ACE Education, dont elle élargit l’offre de formations, et qui dispose de 20 campus en France, comme l’école de design Esdac ou Amos, l’école de management sportif. Un écosystème qui va permettre aux sportifs de haut niveau de suivre les formations au sein des différents établissements.

Les programmes peuvent aller jusqu’à 240 heures, (bachelor/master), « mais nous avons aussi des programmes de 60 heures, en fonction de la cible qu’on a en face. C’est un parcours adapté, peu importe le niveau de départ pour obtenir la certification et la diplomation », poursuit la co-fondatrice. Les athlètes auront également l’occasion de s’immerger en entreprise. « Pour certains qui ne connaissent pas du tout, il s’agit de démystifier l’entreprise, pour ceux qui connaissent, c’est du décrassage ».

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De g. à d. Richard Hullin, co-président et directeur de Sport Excellence Reconversion, Éric Alard, directeur digital Learning (Groupe ACE Éducation), Laura Flessel, co-Présidente et directrice de Sport Excellence Reconversion et Louis Sylvestre, directeur général du groupe ACE Éducation. © Sabrina Mariez.

« Marseille est un vivier de champions »

Le projet s’est déployé dans différentes villes de France, comme Nantes, Bordeaux, Montpellier, Nice et Marseille. La cité phocéenne s’est imposée naturellement car « c’est un vivier de champions, il y a également un fort réseau associatif ».

La première promotion, lancée mi-novembre, rassemble dix sportifs aux différents profils. Certains sont encore en activité dans la perspective des Jeux olympiques 2024. Ils viennent de l’univers du foot, de l’escrime « bien sûr », de la natation, de l’équitation et du hand.

Si l’école a quelques velléités à l’international, notamment dans les pays africains, « on veut d’abord faire nos preuves sur le territoire, insiste Laura Flessel. L’idée n’est pas de faire de la quantité mais d’être vraiment dans l’efficience. On va d’abord s’appliquer à être pertinents, bien encadrés et cadrer nos parcours. On veut présenter notre école humblement mais avec une forte détermination », pour permettre à d’anciens champions de briller autrement.

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