Une galerie souterraine du XIXe siècle, qui servait à l’évacuation des eaux de Gardanne vers le Grand Port maritime de Marseille, permet désormais de refroidir naturellement et à 100 % les centres de données d’Interxion. Cette solution innovante de refroidissement baptisée « River Cooling » est unique en France.

Interxion n’en n’est pas à son coup d’essai. Après avoir transformé les anciens ateliers « Fouré Lagadec » datant des années 1950, puis une ancienne base sous-marine allemande construite entre 1942 et 1944, sous le nom de « code Martha » pour y implanter ses data centers, voilà que la société mêle une fois de plus Histoire et industrie numérique.

C’est une petite innovation que le leader européen des centres de données exploite depuis quelques mois ; puisant sa source dans le passé pour limiter son impact environnemental aujourd’hui et demain.

Une source d’eau froide naturellement disponible à 15°C toute l’année

La technologie « River Cooling » est un dispositif innovant et unique qui récupère la fraîcheur de l’eau de la « Galerie de la mer » creusée à la fin du XIXe siècle (construite entre 1890 et 1905, par des mineurs) entre Gardanne et le Grand Port maritime de Marseille, à proximité des data centers d’Interxion.

Cette galerie souterraine, qui permettait d’évacuer les eaux des anciennes mines de Gardanne, est également alimentée par une nappe phréatique issue des eaux d’infiltration. Elle représente une source d’eau froide naturellement disponible à 15°C toute l’année. L’eau est alors détournée via un réseau de pipelines et transite ensuite par des stations de pompage, avant de rejoindre les centres de données.

Ce dispositif innovant et responsable récupère la fraîcheur de ce canal pour refroidir de façon 100% naturelle, par échange thermique, les data centers MRS2, MRS3 et bientôt MRS4 (en cours de construction, livré au deuxième trimestre 2022), et positionnés au niveau de la Porte 4 du GPMM.

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« Cet été, nos datas center ont été les plus efficients d’Europe »

Partout dans le monde, les usages numériques sont rendus possibles grâce aux centres de données et aux opérateurs télécoms. Pour que les data centers fonctionnent dans des conditions optimales, les salles hébergeant les serveurs informatiques des entreprises doivent être refroidies. Des allées froides en façade des serveurs sont ainsi créées pour optimiser l’utilisation de flux d’air froid et donc la consommation énergétique associée.

Pourtant, quand il s’agit d’efficience énergétique et de réduction de leur empreinte sur l’environnement, tous les data centers ne sont pas égaux. C’est pour répondre à ces enjeux et à ceux de la préservation de la planète qu’Interxion, Dalkia smart building et EDF Méditerranée se sont associés pour développer ensemble, à Marseille, cette innovation technique vertueuse.

« Sur les 350 data centers présents en France, seulement 19 % ont un PUE inférieur à 1,6 [rapport entre le kilowatt pris sur le réseau et le kilowatt restitué aux machines. Plus le ratio se rapproche de 1, plus le data center est efficient, ndlr]. Avec notre solution de River Cooling, nous sommes avec un PUE inférieur à 1,2 déjà constaté en plein mois d’été, explique avec fierté, Fabrice Coquio, président d’Interxion France, lors de la présentation de ce nouveau système de refroidissement. Cet été, nos data centers ont été les plus efficients d’Europe. Comme quoi, on peut être sous le soleil de Marseille et avoir des bâtiments extrêmement effi         cients ». 

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A 15°C toute l’année, l’eau est canalisée via un réseau enterré et une station de pompage jusqu’aux data centers Interxion pour les refroidir par échange thermique.

30 fois plus économe en énergie qu’une solution de refroidissement classique

Interxion a investi 15 millions d’euros pour développer ce projet qui a nécessité trois ans de travaux et une année de co-conception en interne et avec les différents partenaires. La réalisation de ce « projet très ambitieux, parfois compliqué », sourit Linda Lescuyer, directrice Énergie Interxion France, a requis le soutien de quatre entreprises spécialisées : Cap Ingelec, Largier Technologies, Schneider Electric et Victaulic.

Leur expertise a permis le déploiement de « River Cooling », sur « 3 kilomètres de réseau aller-retour, avec un réseau particulièrement imposant : on a presque 1 mètre de diamètre pour chaque tube, enfoui à deux mètres de profondeur, et à 2 mètres… Il y a la mer. Ça rend les choses plus compliquées, reprend Linda Lescuyer. 27 échangeurs sont disposés sur deux data centers en exploitation. Il a fallu 5 semaines de mise au point. Et ça marche », s’enthousiasme-t-elle.

Le « River Cooling », opérationnel depuis la fin du mois de juillet 2021, a fait ses preuves. Le dispositif est 30 fois plus économe en énergie qu’une solution de refroidissement classique. Un process qui ne va pas à l’encontre de la politique d’EDF partie prenante du projet. Même si le groupe entend rester compétitif, « capter des parts de marché » et naturellement « gagner de l’argent », il s’est fixé « comme objectif de continuer à offrir à [ses] clients des solutions énergétiques bas-carbone, affirme Jean-Bernard Levy, président directeur général du groupe EDF. Alors qu’il y a une forte interrogation sur nos modes de vie et au moment de la transition énergétique, nous ne sommes pas là pour brider, mais concilier notre future société décarbonée à l’horizon 2050 avec un mode de vie confortable ».

L’économie circulaire pour réchauffer les bâtiments d’Euroméditerranée

Ce projet permet d’éviter l’émission de 795 tonnes de CO2 par an soit l’équivalent de plus de 5 500 arbres plantés tous les ans et génère jusqu’à 22 mégawatts d’énergie renouvelable par an. Le procédé permet aussi d’accompagner les entreprises locales dans leur démarche RSE en hébergeant leurs serveurs dans des data centers écoresponsables et neutres en carbone.

Le « River Cooling » s’inscrit également dans une logique d’économie circulaire « qui nous permet de capter cette chaleur et de la redistribuer au territoire en accompagnant aussi sa dynamique et ce projet sur Euromed en particulier », souligne Linda Lescuyer. En effet, à l’horizon 2025, les calories dégagées par les datas center pourraient également être utilisées pour chauffer des bureaux et habitations. À terme, 500 000 m2 de bâtiments du quartier d’Euroméditerranée pourraient bénéficier de cette chaleur gratuite.

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