Ville hôte pour les épreuves de voile des Jeux Olympiques de Paris 2024, Marseille accueillera sa grande Olympiade culturelle. Innovation, création, patrimoine, performances, art, sport… Un événement populaire organisé sur l’ensemble du territoire métropolitain jusqu’au coup d’envoi des Jeux, en juillet 2024.

Après Marseille, capitale européenne de la Culture en 2013, Quel Amour ! en 2018, Marseille, capitale européenne du sport ou encore de la gastronomie, la cité phocéenne veut marquer l’Histoire avec son Olympiade culturelle d’envergure internationale. À trois ans des Jeux Olympiques 2024, cette manifestation doit rythmer la période de l’entre jeux, entre Tokyo et Paris. « De maintenant jusqu’à juillet 2024, nous devons délivrer des événements à caractère sportif et culturel, conjuguer les deux », explique Raymond Vidil, président de l’association MP Culture.

La structure est un « outil unique », fondé dans le sillage de MP2013, par la Chambre de commerce et d’industrie Aix-Marseille Provence, Aix-Marseille Université, le Club Top 20 et Mécènes du Sud, dans le but de rapprocher les acteurs culturels et économiques, pour être au cœur des événements, en mettant en œuvre des projets collectifs. « Cela fait 100 ans que nous n’avons pas eu les Jeux Olympiques en France. On ne peut pas rater ce formidable rendez-vous », poursuit Raymond Vidil, au Palais de la Bourse.

Ce soir-là, l’association MP Culture, le Fonds de dotation Héritage Sport Provence-Alpes-Côte d’Azur, le Comité régional olympique et sportif Paca et la CCI métropolitaine Aix-Marseille Provence donnaient le coup d’envoi de la mobilisation du monde économique autour des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris en 2024. Car la clé pour être « à la hauteur », c’est d’anticiper. Depuis 2019, plusieurs rencontres et sessions de travail avec le Comité d’organisation des Jeux olympiques (Cojo) ont permis d’identifier les enjeux et les besoins, spécialement sur le volet culturel de l’événement.

Cinq saisons pour un festival olympique

L’Olympiade culturelle fait ainsi écho à la naissance des Jeux olympiques contemporains imaginés par le Baron de Coubertin. Dès leur origine, les Jeux Olympiques ont conjugué sport et culture. Inspiré de la tradition de la Grèce antique, où des compétitions culturelles étaient organisées parallèlement aux manifestations sportives, Pierre de Coubertin inclut en 1904, l’art dans le programme olympique : l’olympiade culturelle était née.

La version bucco-rhodanienne s’articulera autour de quatre grandes thématiques et « cinq temps forts au printemps et à l’automne », correspondant à cinq saisons qui séparent de 2024. Au-delà de l’intérêt des intersaisons touristiques, ces deux périodes sont celles investies par des événements sportifs de voile. Autant d’occasions de croiser les pratiques, car l’objectif est multiple : valoriser le patrimoine méconnu et immatériel, mettre en valeur toutes les dimensions de la culture, transmettre et révéler les talents artistiques et sportifs, provoquer des rencontres inattendues entre le sport et l’art, créer de l’interaction entre le public et les pratiques artistiques, avec une mise en lumière des jeunes artistes, des tendances émergentes… Faire des JO 2024 une grande fête populaire qui parle à tous.

« On va tenir la distance, en organisant des événements sur tout le territoire », reprend Raymond Vidil. Il étend par là, de Port-Saint-Louis du Rhône à Hyères, en passant par la rade marseillaise, mais aussi l’étang de Berre, dont le pourtour est composé de nombreuses villes labellisées « Terre de Jeux » et au nord jusqu’au lac de Serre-Ponçon.

Les quatre récits de l’Olympiade culturelle

La première thématique « Ici, commence la mer » voguera sur ces différents sites. Objet d’une attention particulière, l’étang de Berre s’impose comme un lieu « de croisement incontournable de la pratique est de l’apprentissage de la voile ». Son pourtour sera un spot d’accueil de résidences d’artistes. Quatre premières ont été accueillies, en 2021, au sein de clubs de voile, dans les communes de Berre-l’Étang, Saint-Chamas et Martigues, démontrant pour l’association le potentiel de tels croisements.

Avec « Vent de terre », l’idée est de « rapprocher le caractère très spécial que peuvent avoir les épreuves de voile d’autres disciplines largement pratiquées sur notre territoire, comme les sports de glisse [surf, skate, kite surf…] ou encore le break dance qui fera son entrée, comme sport officiel, aux Jeux Olympiques en 2024 », explique à son tour, Jean-François Chougnet, président du Mucem.

Des bastides historiques aux balcons des cités, des collines aux montagnes, de la Corniche aux pierres plates, « Balcons, vigies et belvédères » fera la part belle aux points de vue insolites et étonnants, pour (re)découvrir le patrimoine urbain et périurbain.

Enfin, « Welcome & care » (prendre soin de sa baie) aura une dimension écologique forte autour de la prise de conscience de la pollution et des changements climatiques. Dans la continuité du Congrès mondial de la nature de l’UICN, « les JO 2024 doivent être perçus comme une opportunité unique de transition vers des modes de vie durables et respectueux de notre environnement. Les nouvelles scènes artistiques contemporaines partagent d’ailleurs de plus en plus ces enjeux », souligne l’association.

Une histoire à écrire collectivement

Inscrit au programme officiel des Jeux, le programme reste encore à écrire « collectivement » insiste Raymond Vidil. Afin d’accompagner ce processus collectif, « l’Olympiade culturelle invite les différents acteurs du territoire, sportifs, artistiques, culturels, économiques, communes à se saisir de ces axes thématiques comme autant de piste à explorer ». 

Cinq vagues d’appels à projets seront lancées en partenariat avec le Cojo, sur la base de ces thématiques. Pour « prototyper » un rassemblement mêlant à la fois sport et art ainsi que différents acteurs, MP Culture s’inspire de Bleue. Cette manifestation artistique pluridisciplinaire (spectacles, visites, ateliers, rencontres, déambulations dansées, sorties en mer, marchés…) a permis de relier une grande pluralité d’acteurs comme Les Théâtres, le Ballet National de Marseille, le Musée d’Histoire de Marseille, Marseille Capitale de la Mer… sur le Vieux-Port début octobre « sans grands moyens ».

Pour ces 5 temps forts, MP Culture a construit un budget de 5 millions d’euros. 30 % devraient être pris en charge par le Cojo, deux tiers par l’ensemble des collectivités territoriales et l’État. Reste une part à trouver notamment dans le monde des partenaires officiels et chez les entreprises du territoire « de façon à ce que l’on participe tous. En étant associés à un événement, une saison, un lieu… L’enjeu est d’associer les entreprises et leurs salariés à cette animation du territoire », reprend Raymond Vidil. Pour faire de Marseille, l’autre terre des Jeux !

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