Matière aux vertus hydratantes, teinture végétale à base de plantes ou de déchets végétaux, comme des peaux d’avocat ou d’oignon… La jeune marque marseillaise Bombo lance ses sous-vêtements respectueux du corps et de la planète.

Ces trois-là rêvent d’un monde où chacun(e) aime son corps et la planète. Fanny, Laurine et Noëllie veulent croire que ce n’est pas qu’une utopie. En créant la marque de basiques de sous-vêtements Bombo, ces jeunes entrepreneuses ont décidé d’allier nature et harmonie, végétal et quête de sens.

Cette nouvelle petite griffe marseillaise, lancée début septembre, s’est engagée dans une mode éco-responsable. « Nous nous sommes beaucoup intéressées à la mode, et notamment à la seconde main. Nous nous sommes rendu compte que pour les sous-vêtements, c’était non seulement difficile d’en trouver, mais la démarche était un peu plus complexe. On s’est dit que ce serait intéressant d’utiliser une matière vraiment respectueuse de la peau », explique Laurine, l’une des co-fondatrices, de Bombo.

Une référence à l’un des noms donnés à la déesse des sorcières « Bombo, la triple », la sorcière à trois têtes. « Dans notre projet, nous voulions avoir une portée féministe. Du coup, comme on est trois, ce nom sonnait bien et il était en accord avec les valeurs que l’on porte ».

, Bombo fait la peau aux épluchures pour colorer vos dessous, Made in Marseille
Fanny, Laurine et Noëllie, les trois co-fondatrices de la marque Bombo. © Bombo.

Les pouvoirs magiques du Seacell

Durant un an, les Bombolistas planchent sur le cycle du produit, de la matière à la confection, dans l’objectif de mettre au point des basiques respectueux de la peau et de l’environnement. Elles misent ainsi sur le Seacell, une fibre cellulosique créée à partir de pulpe de bois d’eucalyptus (issus de forêts durables certifiées FSC), enrichie avec de la poudre d’algues.

Seacell vient simplement de la contraction de « sea » et « cell » en référence à la mer et à la cellulose. « C’est un tissu qui possède des vertus hydratantes, c’est pourquoi il nous paraissait intéressant de l’utiliser pour l’intimité de la femme. Il est également résistant, très flexible et doux », poursuit Laurine.

Les algues utilisées contiennent des vitamines, des oligo-éléments, des acides aminés et des minéraux. Ces substances activent la régénération cellulaire au contact de la peau et de l’humidité qu’elle libère naturellement. Un atout invisible pour soulager des maladies de peau (eczéma, psoriasis), réduire les inflammations, apaiser les démangeaisons… « C’est pourquoi, nous avons eu un vrai coup de cœur pour cette matière ». 

À l’heure actuelle, les basiques Bombo sont confectionnés dans un atelier au Portugal, ce qui permet de produire en petite quantité et limiter les surplus. « C’est un atelier qui attache une importance particulière au bien-être des employées, et c’est aussi une manière pour nous de privilégier une distribution raisonnée et indépendante, pour favoriser de justes prix et s’affranchir du rythme des soldes et des collections », assure Laurine, tout en mélangeant, d’une grosse cuillère en bois, une mixture particulière.

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Secondes peaux

C’est le dernier ingrédient de la marque Bombo : la teinture végétale. Selon un savoir-faire ancestral, la teinture végétale utilise les pigments naturellement présents dans les plantes pour colorer les tissus. « Nous utilisons entre autres les pigments de la chlorophylle, ça donne du vert, du bois de campêche, pour le violet, le réséda qui donne du jaune », énumère la jeune femme. L’autre particularité, c’est l’utilisation de déchets alimentaires, comme de la peau d’avocat pour celles qui aiment voir la vie en rose, de la peau d’oignon qui permet d’obtenir du jaune.

Fanny a suivi une formation professionnalisante pour apprendre cette technique d’antan, « et on a fait pas mal de recherches pour stabiliser nos recettes ». Après la phase de nettoyage de la fibre, place à l’étape de la fixation à l’aide de vinaigre blanc, de sel ou encore d’alun, avant le plongeon dans la décoction. Chaque sous-vêtement est ainsi soigneusement teint, « en machine à laver ou en casserole », dans leur local installé à Buropolis.

Un réseau de récolte auprès de producteurs, maraîchers et restaurateurs locaux

Pour l’approvisionnement, la « Bombo team » s’adresse pour le moment à quelques primeurs et met en place une collecte auprès de certains restaurateurs marseillais, comme Ta & Co, à Castellane. Le Mexicain pourra ainsi remettre toutes ses “chutes” de pelures d’oignons. Les entrepreneuses espèrent ainsi pouvoir constituer un réseau en s’appuyant également sur des producteurs locaux et maraîchers de manière à se procurer davantage de quantité.

Pour l’heure, c’est en ligne que l’on peut découvrir les pièces Bombo. Avant d’ouvrir leur e-shop, le trio a testé, durant tout l’été, ses basiques sur un large panel de femmes. « Nous leur avons demandé de les porter, les laver, les malmener. Nous avons modifié certaines couleurs, mais nous avons eu d’excellents retours, sur les teintures qui sont de très bonnes tenues. Nous voulions également tester le confort, voir si cela allait à toutes les morphologies, car nous les avons aussi dessinés pour ça. Nous proposons 4 tailles (1, 2, 3 et 4), mais qui couvrent en réalité les tailles du 34 au 48 ».

Atelier de teinture végétale ouvert au public

À terme, l’ambition des jeunes femmes est d’ouvrir un atelier-boutique, dans lequel, une ensorceleuse, une magicienne et une fée, pourront réaliser leurs teintures tout en vendant leurs articles. Un lieu qui sera également ouvert pour des ateliers afin de faire découvrir au plus grand nombre la technique de la teinture végétale. « Les teintures végétales ont été mises de côté, devancées par les teintures synthétiques lors de la course à l’industrialisation. Aujourd’hui, elles reviennent doucement mais sûrement sur le devant de la scène, comme une solution écologique face à la pollution et la toxicité des teintures synthétiques ».

Exercice pratique dès cette semaine, puisque Bombo s’installe en pop-up au magasin N°6 à Marseille du 18 au 27 novembre, avec une soirée de lancement prévue ce soir et atelier de teinture ouvert au public le samedi 20 novembre. L’occasion de rencontrer ces trois sorcières bien aimées. Celles grâce à qui l’effeuillage n’aura jamais été aussi naturel.


Infos pratiques

Pop-up à la boutique N°6, boulevard André Aune – 13006 Marseille du 18 au 27 novembre, avec une soirée de lancement le 18 à partir de 18h30, et atelier de teinture ouvert au public le samedi 20 novembre. Instagram @bombo.love

Atelier de teinture avec le magazine Paulette le 24 novembre à Buropolis.

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