Voilà une nouvelle qui va réjouir les pratiquants de surf des Bouches-du-Rhône et même en inciter d’autres à ce sport : une startup bordelaise a créé un système de vague semi naturelle pour les lacs et les milieux marins !

En plus de permettre la pratique du surf en toute sécurité, le procédé est respectueux de l’environnement et favorise l’enrichissement du milieu naturel dans lequel il est installé. Made in Marseille a interviewé Laurent Hequily, le créateur de cette invention baptisée Okahina Wave, afin d’en savoir plus.

Malgré des conditions de surf difficiles en Méditerranée, la région Paca dispose d’un gisement de surfers plutôt important. Si seulement 1000 sont licenciés, ils sont en réalité beaucoup plus à dompter les vagues. Mais ne le peuvent que d’octobre à mai. Une situation qui pourrait changer à l’avenir puisqu’une invention, baptisée Okahina Wave qui nous vient tout droit de Bordeaux, permet de créer des vagues semi naturelles dans des lacs et même dans la mer. Le tout en respectant et en améliorant l’environnement ainsi qu’en consommant le moins d’énergie possible afin d’être à l’image du surf : écologique, propre et environnemental.

surf, Et si les surfeurs pouvaient bientôt se passer de la mer ?, Made in Marseille
© DR

Coller au plus près de la nature

Si le concept de créer des vagues artificiellement n’est pas nouveau, en produire des semi naturelles dans le respect de l’environnement lui l’est bien. Laurent Hequily, le créateur de ce système, s’est inspiré de la nature pour mettre en place son concept. L’installation est en fait un atoll (une île corallienne) flottant, souple et déformable, conçu spécialement pour ne pas se fissurer ou se casser avec la force des vagues et qui se place dans un endroit naturel suffisamment profond. En milieu marin, le système peut même être équipé d’un filet périphérique et isoler ainsi les surfeurs des requins sans nuire à l’espèce.

« Alors que le surf est porteur de belles valeurs environnementales, cela me semblait un « non-sens » que de créer des installations trop carbonées, trop énergivores et trop consommatrices en eau », met en avant Laurent Hequily, le créateur de l’Okahina Wave.

Comme dans la réalité où les plus belles vagues sont celles qui s’enroulent autour d’un îlot rocheux, celles de l’Okahina Wave vont se concentrer autour de l’atoll pour être le plus chargées en énergie possible. Une énergie qui est ensuite évacuée simplement par le centre de l’installation, comme dans un lavabo, en dehors de la zone de glisse, préservant ainsi le miroir de l’eau pour que la vague suivante soit la plus lisse possible. Une vague peut ainsi être générée toutes les 15 secondes contre 3 minutes avec les autres systèmes.

surf, Et si les surfeurs pouvaient bientôt se passer de la mer ?, Made in Marseille
Une nouvelle vague peut être générée toutes les 15 secondes contre 3 minutes avec les autres systèmes © DR

Un procédé respectueux de l’environnement et même plus

L’Okahina Wave a un double avantage en terme écologique : dans les plans d’eau, les vagues permettent d’oxygéner l’eau et ainsi de limiter l’eutrophisation du milieu. De plus, un récif artificiel est créé sous l’atoll flottant pour que la faune et la flore aquatiques puissent s’y développer.

En termes de consommation énergétique, puisque l’on est en plus dans un milieu naturel et en eau libre, pas besoin d’énergie et de produits pour filtrer et purifier les eaux comme c’est le cas dans un bassin fermé. Et si pour le moment, d’autres améliorations sont à prévoir, le concept a pour objectif à terme de produire plus d’énergie verte qu’il en consomme.

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Un atout touristique flairé par les pays émergents

En France, l’installation pourrait permettre aux 450 000 pratiquants du surf, dont plus de 70 000 licenciés, de pouvoir dompter les vagues 365 jours par an et non plus seulement un tiers de l’année. Du côté de la Méditerranée, bien que les conditions de surf soient difficiles, la région compte près de 1 000 licenciés contre seulement 250 en 2009 ! Mais en réalité, on dénombre environ 6 500 pratiquants sur le territoire.

« Le surf étant par essence un sport de pleine nature et de liberté, il n’est pas obligatoire de prendre une licence pour le pratiquer. La mer est gratuite ! En prenant une licence, la Fédération Française de Surf (FFS) offre une assurance pour la pratique de ce sport », souligne Stéphane Sisco, membre de la FFS et ancien champion d’Europe de bodyboard.

Des acteurs privés de nombreux pays émergents comme le Mexique, le Maroc ou encore le Vietnam ont également repéré Okahina Wave pour proposer une nouvelle offre à leurs touristes, respectueuse de l’environnement et non-consommatrice d’eau potable. La Réunion est, elle aussi, intéressée pour l’aspect sécurité du système et son filet contre les requins.

Par Agathe Perrier

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