La consommation de masse à l’heure de la décroissance ?

La consommation de masse vient d’entrer dans une phase de décroissance en 2016, c’est ce que révèle une étude dévoilée par le quotidien Les Échos. Alors, la France serait-elle enfin entrain de prendre conscience qu’il faut consommer mieux ? 

En 2016, selon des chiffres présentés par l’Insee, la France aurait connu une croissance de 1,3% portée notamment par une hausse de la consommation de 1,6%, et les ventes du commerce de détail auraient progressé de 1,1 %. Mais, cette étude montre aussi que les ventes de produits de grande consommation (PGC) a affiché un nombre négatif de – 0,1%, pour la première fois depuis dix ans. Dix années pendant lesquelles, la consommation en volume des PGC avait progressé de 0,7 %.

– 0,1% ce n’est pas énorme certes, mais cela représente une tendance unique. Qui devrait selon les Echos, se confirmer encore un peu quand l’étude de l’Insee sera complétée par les résultats 2016 sur le hard discount. Certains experts commencent même à évoquer la notion de « déconsommation », au moins pour certains catégories de produits.

Quels produits impactés par cette déconsommation ?

Parmi les produits qui représentent le plus grand dénigrement des français, on retrouve les sodas, les jus de fruits « ambiants », les produits laitiers et les surgelés qui ont en moyenne connu un recul de -3,2% en 2016, mais aussi la viande rouge.

Signe aussi que les mentalités évoluent et que les consommateurs prennent conscience de la nécessité d’être plus attentif à la provenance des produits et aux conditions de travail des ouvriers, les secteurs de l’habillement et de la chaussure enregistrent aussi un net recul, de -1,8% pour l’habillement et -4% pour les chaussures.

La déconsommation, nouvelle tendance ou effet passager ?

Alors prise de conscience ou recul du pouvoir d’achat ?

Là aussi la tendance qui se dessine est claire. C’est surtout une prise de conscience et pas un déclin du pouvoir d’achat des ménages, car la même étude de l’Insee indique que les ménages dépensent autant d’argent qu’avant, ils le dépensent juste « mieux », en privilégiant les produits respectueux de l’environnement, en circuit court. Et pour le prêt à porter, les français évitent de plus en plus les anciennes « discount » où les conditions de travail des ouvriers, souvent dans des usines à l’autre bout du monde, sont régulièrement pointées du doigt.

En revanche, les ventes de bière augmentent de +4,2%, notamment les bières artisanales et locales, et celle des produits frais non laitiers comme les fruits et légumes de +1,3%. La tendance est donc au retour vers les circuits courts et le bio. Signe que les français consomment moins mais mieux, le marché des produits de grande consommation a tout de même gagné 0,7 % en valeur en 2016, au moment il a diminué de -0,1% en volume.

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Le regain d’intérêt pour les fruits et légumes est net en 2016

Plus étonnant en revanche, ce sont les produits d’entretien et d’hygiène qui accusent respectivement un recul de 0,1 et 0,8% en 2016. La cause ? Non, les français ne se lavent pas moins. Par contre, les dernières tendances en matière de mode amènent des changements importants dans la consommation des ménages. Les hommes se laissent pousser la barbe pour copier le style « hypster », conséquence : les ventes de mousse à raser s’effondrent. Les femmes ont tendance à privilégier les produits plus naturels et à moins abuser des cosmétiques : là aussi les ventes diminuent.

Reste à savoir si ce constat de l’Insee est passager ou s’il dessine une réelle tendance, ce qui semblerait être somme toute logique, tant la prise de conscience des citoyens sur la « malbouffe » et les impacts écologiques de la surconsommation, est importante.

 

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