Militante féministe, et ancienne Femen, Marguerite Stern est surtout connue à Marseille pour ses podcasts engagés et ses opérations collages dans les rues de la ville. A travers ces initiatives, Marguerite aborde de nombreux sujets, mais celui qui lui tient à cœur, c’est le harcèlement de rue. Quatrième et dernière épisode de notre série sur « Ces femmes qui veulent mettre le hola au harcèlement de rue ».

« Le harcèlement de rue est la fenêtre par laquelle je suis entrée dans la cause féministe ». Un regard malicieux, des expressions bien à elle, et des cheveux blonds aux pointes roses, Marguerite Stern est un personnage atypique. D’origine auvergnate, la jeune femme se dit choquée du harcèlement de rue dont elle est victime lorsqu’elle emménage à Bruxelles durant 1 an. Et pourtant… Aujourd’hui, âgée de 28 ans, elle explique le subir depuis ses 13 ans.

, Marguerite Stern : « Nous sommes toutes des héroïnes de la rue », Made in Marseille

Lors de son séjour dans la capitale belge, elle regarde les actions des Femen à la télévision. Leur combat fait alors sens à ses yeux. « A l’époque je n’avais pas encore de véritable conscience féministe. Simplement, on a tous certains sujets qui nous touchent plus que d’autres. Le harcèlement de rue, c’était ma révolte », confie cette fan inconditionnelle des Spices girls.

Des enregistrements évocateurs

Après 3 ans de combat au sein de Femen et de nombreuses actions au compteur, elle pose ses valises dans la cité phocéenne. A Marseille, la jeune femme décide de ne pas laisser s’endormir son militantisme, et s’impose grâce à sa série de podcasts « Héroïnes de la rue ». Elle y donne la parole à des amies, à des femmes qui souhaitent s’exprimer. « Nous sommes toutes des héroïnes de la rue, parce que tous les jours on s’en prend plein la gueule dans la rue. Et le supporter, c’est déjà très compliqué. »

Dans certains épisodes, elle n’hésite pas à enregistrer les harcèlements de rue dont elle est elle-même victime, et auxquels elle répond. « J’estime que je peux choisir quand je veux que mon corps soit sexuel ou non. Ils m’ont fait me sentir mal en pleine rue, et leur répondre est un moyen de faire sortir la colère que j’ai en moi ».

« Quand on est féministe, ce n’est pas juste par amour du combat »

Bien qu’elle n’incite pas les femmes à faire comme elle, la militante n’est pas à court d’idées quand il s’agit de rétorquer à ses harceleurs : du simple doigt d’honneur à la leçon de morale, elle aime aussi reprendre « à voix haute ce qu’ils viennent de dire à voix basse, pour que les personnes autour aient conscience de ce qu’il se passe ». Aussi, la militante précise que  « généralement,  quand un mec harcèle une femme dans la rue, on sent bien que ce n’est pas la seule de la journée, que c’est quelque chose de répétitif ».

Marguerite Stern met donc un point d’honneur à poursuivre la sensibilisation par l’action, afin que les femmes prennent possession de l’espace public. « Quand on est féministe, ce n’est pas juste par amour du combat, c’est que ce sont des choses qui nous blessent. Aujourd’hui, plus personne ne peut ignorer que les femmes souffrent du harcèlement dans l’espace public, on en parle suffisamment, donc est-ce qu’on peut arrêter de nous faire souffrir ? », interroge-t-elle avec véhémence.

Les murs de la colère

Alors son autre manière pour interpeller, ce sont des collages sur les murs de la cité phocéenne : « Les femmes ne sont pas des proies », « En France, tous les deux jours, un homme tue sa conjointe… » Ces phrases ainsi visibles de tous restent un moyen pour la militante d’investir l’espace public en tant que femme. « C’est une super sensation et c’est très simple », sourit-elle. « On écrit une lettre sur une feuille, et on colle ». Pour choisir une phrase : « J’en sélectionne une un peu générale, et dont on se doute qu’elle est écrite par une femme ».

Marguerite Stern ne compte pas mettre un terme à sa diffusion de messages militants sur les murs et sur les plateformes audio. « C’est hyper commun quand on se promène, de voir des hommes arrêtés sur le trottoir, qui parlent. Je ne leur en veux pas de se sentir bien dans la rue, mais j’aimerais bien avoir cette liberté là aussi ! ».

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